Et oui, finalement je suis de retour pour rédiger le blog pour la partie du Cambodge. Viviane ayant été malade à Phnom Penh et moi ayant organisé le déroulement les visites des temples d’Angkor, il nous semblait plus logique que je me charge de cette partie. En plus, je pense être plus enthousiaste dans la description des temples que Viviane a certes appréciés mais peut-être pas dans des conditions idéales selon ses critères, en plein cagnard avec une moyenne de 38° à l’ombre.
Mercredi 20 avril – Don Khon / Phnom Penh
Lever à 7h30 pour aller prendre notre dernier succulent petit-déjeuner et attendre notre pick-up à 8h30 en barque direction le Cambodge. La barque nous dépose sur la terre ferme vers 9h et nous attendrons 1h30 avant la jonction avec le bus, super efficace.
Mercredi 20 avril – Don Khon / Phnom Penh
Lever à 7h30 pour aller prendre notre dernier succulent petit-déjeuner et attendre notre pick-up à 8h30 en barque direction le Cambodge. La barque nous dépose sur la terre ferme vers 9h et nous attendrons 1h30 avant la jonction avec le bus, super efficace.
Dernière petite facétie lao grâce au jumbo tuktuk chargé de nous mener jusqu’à la route principale où nous attend notre bus, car oui apparemment c’est la cause du retard, le bus, pour une raison mystérieuse, ne peut pas venir nous chercher directement. Donc, je reviens à la blague : si vous avez le choix, pour aller exactement au même endroit, entre une route de 1,3 km entièrement goudronnée et nickel et une route de 1,2 km totalement défoncée en terre boueuse par endroits et permettant à tout le monde de manger de la poussière, vous choisissez la première ? Et bien au Laos non, on choisit la seconde. Nous n’avons toujours pas compris l’intérêt, hormis de répandre la terre lao à travers toute l’Asie par l’intermédiaire des touristes qui l’ont récupérée sur tous leurs vêtements et leurs sacs. On arrive au bus totalement dégueulasses, ce qui est bien agréable quand on sait qu’on a plus de 10 heures de route derrière. En plus le bus est déjà presque plein, mais on arrive à choper deux places côte à côte, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Un conseil de sale égoïste : ça marche bien la technique de « je m’occupe des sacs à mettre en soute, pendant ce temps tu gères les places ».
Après ce dernier petit plaisir crasseux, nous traversons la frontière une heure plus tard à base de paperasse et de n’importe quoi. Nous on a choisi de laisser faire le type du bus qui propose à tous les passagers de faire les formalités pour eux, même si on a hésité car la règle de base c’est de ne jamais quitter son passeport, surtout pour le confier à un mec qu’on ne connait pas. Mais le voyage avançant, on a de plus en plus la flemme. Donc pas grand-chose à faire en attendant mais Viviane décide comme beaucoup de se dégourdir les jambes. Au bout d’un moment, le bus part et traverse le no man’s land. Viviane passe à pied, sans son passeport évidemment. Les flics ne lui posent même pas de question. Vive la frontière en mousse. Le temps d’attendre ceux qui avaient décidé de faire les formalités eux-même (ils ont gagné 1$), et on repart.
![]() |
| Grand classique |
La route se fera sans encombre jusqu’à Phnom Penh. On fait la connaissance dans le bus de Kim et Gaël, un couple de Belges bien sympas. On déjeune ensemble au resto vraiment louche devant lequel le bus nous dépose. Il faut choisir ses plats en les désignant dans la vitrine mais même avec cette base visuelle c’est compliqué car on ne sait vraiment pas ce que c’est, on ne reconnait même pas si c’est de la viande ou des champignons. On se retrouve avec un échantillon au hasard, le seul plat mangeable étant une soupe. Le reste est franchement limite.
Nous arrivons vers 21h et direction l’hôtel. Etant atteints de bourgeoisite aigüe, nous avons décidé de prendre des chambres comprises entre 25 et 35 dollars pour l’intégralité du Cambodge. A titre indicatif, vous pouvez vous loger dans des chambres à 12-13 dollars. Mais nous, on a passé l’âge.
A peine posés dans la chambre nous nous mettons en quête d’un restaurant de nourriture occidentale, la nourriture du bord de route de midi nous ayant un peu brassés. On se pose dans un bar/resto pour expats devant des burgers, autant faire les choses en grand.
Jeudi 21 avril – Phnom Penh
Effectivement le repas dans le routier de la veille fait des ravages puisque Viviane restera toute la journée au lit. Première intoxication alimentaire en 7 mois pour madame, c’est pas mal. Encore une et on est à égalité.
Je passe la matinée sur le balcon de la chambre donnant sur la rue, avec du café, internet branché sur Wikipédia pour parfaire ma culture concernant l’Empire Khmer (en fait, j’avoue c’était plutôt sur des sites de foot) et Metallica à fond dans les oreilles.
Nous arrivons vers 21h et direction l’hôtel. Etant atteints de bourgeoisite aigüe, nous avons décidé de prendre des chambres comprises entre 25 et 35 dollars pour l’intégralité du Cambodge. A titre indicatif, vous pouvez vous loger dans des chambres à 12-13 dollars. Mais nous, on a passé l’âge.
A peine posés dans la chambre nous nous mettons en quête d’un restaurant de nourriture occidentale, la nourriture du bord de route de midi nous ayant un peu brassés. On se pose dans un bar/resto pour expats devant des burgers, autant faire les choses en grand.
Jeudi 21 avril – Phnom Penh
Effectivement le repas dans le routier de la veille fait des ravages puisque Viviane restera toute la journée au lit. Première intoxication alimentaire en 7 mois pour madame, c’est pas mal. Encore une et on est à égalité.
Je passe la matinée sur le balcon de la chambre donnant sur la rue, avec du café, internet branché sur Wikipédia pour parfaire ma culture concernant l’Empire Khmer (en fait, j’avoue c’était plutôt sur des sites de foot) et Metallica à fond dans les oreilles.
A midi je décide d’aller goûter au amok, une spécialité cambodgienne avec poisson du Tonlé Sap, dans une petite marmite remplie de curry-coco et évidemment un peu de riz à la vapeur.
Petite balade dans la ville pour repérer les lieux, qui se termine sur les quais pour le coucher de soleil, où tous les habitants ont l’air de se réunir pour faire du foot, du badminton, du jogging pour les expats, ou tout simplement flâner.
La soirée se passe à nouveau sur mon balcon mais avec du thé cette fois, et internet enfin branché sur Wikipédia et l’histoire de l’Empire Khmer, les Cowboys Fringants dans les oreilles. Le soir, je suis beaucoup plus fin quand même.
Vendredi 22 avril – Phnom Penh
Viviane se lève tant bien que mal après avoir passé 36 heures au lit. On a décidé de visiter le Palais Royal et sa Pagode d’argent ainsi que le Musée National ce matin.
Le Palais royal est comme son nom l’indique l’actuelle résidence du roi du Cambodge. La Pagode d’argent est nommée ainsi car elle possède 5000 dalles d’argent recouvrant le sol mais elles sont quasi-intégralement recouvertes par un tapis pour les protéger.
Je ne suis globalement pas très emballé par le site mais c’est vrai que je préfère les vieilles pierres aux temples en béton.
![]() |
| Quels attributs! |
Après cela, nous nous dirigeons au Musée national non loin de là. Le musée rassemble de très nombreuses sculptures des époques pré-angkoriennes et angkoriennes. La majeure partie des sculptures représentent Shiva, Vishnu et Bramah, les trois principales divinités hindoues. Nous retrouvons aussi Ganesh (à ne pas confondre avec Vikash) avec la tête d’éléphant et Garuda avec la tête d’oiseau. Désolé, nous n’avons pas de photos, c’est interdit hormis dans le patio où on peut voir la statue du Roi Lépreux dont je vous reparlerai plus tard.
![]() |
| La statue du Roi Lépreux |
Après cette bonne matinée de visite, direction le Centre culturel français pour déjeuner, où je mange quand même local alors que Viviane décide de jeûner, son estomac n’étant pas encore en pleine forme. De façon plus globale, elle est épuisée et n’a pas encore récupéré, elle passe donc son après-midi à la bibliothèque climatisée du centre. Et oui, elle a les 28 derniers numéros de Elle à lire. D’un autre côté, même en pleine forme je ne pense pas que mon programme de l’après-midi l’emballe vraiment avec la visite du S-21, le centre de torture des Khmers rouges entre 1975 et 1979.
Après les merveilles khmers d’Angkor le matin, les horreurs des Khmers rouges l’après-midi, j’avoue que le contraste est plus que saisissant.
Les Khmers Rouges étaient le nom donné au mouvement politique et militaire cambodgien communiste. Khmers car c’est l’ancien nom des Cambodgiens et Rouges parce que cocos. Le mouvement fut fondé au début des années 50, dissous en 1999 et fut au pouvoir de 1975 (vainqueurs de la guerre civile) à 1979, date de l’intervention des Vietnamiens. Bien qu’un décompte du nombre total de victimes soit difficile, les estimations admises (par qui, je n’en sais rien) donnent un chiffre de 1,7 million de morts, ce qui représentait environ 20% de la population de l’époque.
Le S-21, le centre de torture, a été mis en place dans un ancien lycée où les opposants supposés au régime étaient internés. Toutes les couches de la population ont été touchées et tout le monde pouvait être incarcéré s’il était soupçonné de trahison ou de collusion avec l’étranger. Au total, 12500 personnes dont 2000 enfants passeront ici avant d’être abattus, la plupart du temps dans le charnier de Choeung Ek à 15km de là. Charnier que je n’ai d’ailleurs pas visité car j’ai trouvé de très mauvais goût que celui-ci soit privatisé. Comment on peut autoriser que quelqu’un puisse tirer profit de ce carnage et ne pas en faire uniquement l’héritage (tragique mais important) du peuple cambodgien.
Le chiffre de 12500 est ici parfaitement fiable puisque ce sont les responsables mêmes du camp qui prenaient en photos chaque personne à son arrivée et tenaient des registres très précis des « aveux » obtenus. Au final, seules 7 personnes auront survécu à leur passage au centre. Ce sont les 7 encore présents lors de l’arrivée des Vietnamiens au camp.
La visite commence par un bâtiment où les lits de torture ont été conservés avec les instruments utilisés. Dans certaines pièces, une photo des détenus torturés et abattus au dernier moment et retrouvés par les Vietnamiens sont exposés. Et là, franchement, on a juste envie de vomir et de chialer. La visite se poursuit dans le bâtiment B où l’on voit les geôles collectives et individuelles et où de très nombreux portraits de victimes ont été affichés. On y voit notamment nombre d’adolescents (garçons ou filles) dont on se demande bien quels pouvaient être leurs liens étroits avec les services secrets étrangers. Dans le dernier bâtiment, des photos actuelles (prises en 2002 exactement) d’anciens soldats khmers rouges. La plupart d’entre eux nient en quelque sorte leur responsabilité en expliquant que dans l’armée khmer rouge, soit vous exécutiez les ordres, y compris pour commettre les crimes les plus odieux, soit vous étiez abattu. Et il est vrai que l’on peut imaginer la terreur qu’était la leur vis-vis de leurs responsables lorsque l’on voit que la majorité d’entre eux n’étaient même pas majeurs à cette époque.
La visite se termine avec la biographie de Hout Bophana, internée puis exécutée au S-21, du réalisateur Rithy Panh.
Une fois la visite terminée, on a qu’une envie, c’est dormir pour oublier tout cela.
Pour me remonter le moral, Viviane décide de m’emmener dans un super restaurant italien. Il s’avèrera réellement succulent, et le bon goût dans le choix des serveuses ne fera que confirmer que le patron est un vrai Italien expatrié. Cerise sur le gâteau, je peux arroser mon repas d’un succulent Torrontes, le sublime vin blanc argentin découvert lors de mon séjour et dont je suis devenu un grand fan.
Après les merveilles khmers d’Angkor le matin, les horreurs des Khmers rouges l’après-midi, j’avoue que le contraste est plus que saisissant.
Les Khmers Rouges étaient le nom donné au mouvement politique et militaire cambodgien communiste. Khmers car c’est l’ancien nom des Cambodgiens et Rouges parce que cocos. Le mouvement fut fondé au début des années 50, dissous en 1999 et fut au pouvoir de 1975 (vainqueurs de la guerre civile) à 1979, date de l’intervention des Vietnamiens. Bien qu’un décompte du nombre total de victimes soit difficile, les estimations admises (par qui, je n’en sais rien) donnent un chiffre de 1,7 million de morts, ce qui représentait environ 20% de la population de l’époque.
Le S-21, le centre de torture, a été mis en place dans un ancien lycée où les opposants supposés au régime étaient internés. Toutes les couches de la population ont été touchées et tout le monde pouvait être incarcéré s’il était soupçonné de trahison ou de collusion avec l’étranger. Au total, 12500 personnes dont 2000 enfants passeront ici avant d’être abattus, la plupart du temps dans le charnier de Choeung Ek à 15km de là. Charnier que je n’ai d’ailleurs pas visité car j’ai trouvé de très mauvais goût que celui-ci soit privatisé. Comment on peut autoriser que quelqu’un puisse tirer profit de ce carnage et ne pas en faire uniquement l’héritage (tragique mais important) du peuple cambodgien.
Le chiffre de 12500 est ici parfaitement fiable puisque ce sont les responsables mêmes du camp qui prenaient en photos chaque personne à son arrivée et tenaient des registres très précis des « aveux » obtenus. Au final, seules 7 personnes auront survécu à leur passage au centre. Ce sont les 7 encore présents lors de l’arrivée des Vietnamiens au camp.
La visite commence par un bâtiment où les lits de torture ont été conservés avec les instruments utilisés. Dans certaines pièces, une photo des détenus torturés et abattus au dernier moment et retrouvés par les Vietnamiens sont exposés. Et là, franchement, on a juste envie de vomir et de chialer. La visite se poursuit dans le bâtiment B où l’on voit les geôles collectives et individuelles et où de très nombreux portraits de victimes ont été affichés. On y voit notamment nombre d’adolescents (garçons ou filles) dont on se demande bien quels pouvaient être leurs liens étroits avec les services secrets étrangers. Dans le dernier bâtiment, des photos actuelles (prises en 2002 exactement) d’anciens soldats khmers rouges. La plupart d’entre eux nient en quelque sorte leur responsabilité en expliquant que dans l’armée khmer rouge, soit vous exécutiez les ordres, y compris pour commettre les crimes les plus odieux, soit vous étiez abattu. Et il est vrai que l’on peut imaginer la terreur qu’était la leur vis-vis de leurs responsables lorsque l’on voit que la majorité d’entre eux n’étaient même pas majeurs à cette époque.
La visite se termine avec la biographie de Hout Bophana, internée puis exécutée au S-21, du réalisateur Rithy Panh.
Une fois la visite terminée, on a qu’une envie, c’est dormir pour oublier tout cela.
Pour me remonter le moral, Viviane décide de m’emmener dans un super restaurant italien. Il s’avèrera réellement succulent, et le bon goût dans le choix des serveuses ne fera que confirmer que le patron est un vrai Italien expatrié. Cerise sur le gâteau, je peux arroser mon repas d’un succulent Torrontes, le sublime vin blanc argentin découvert lors de mon séjour et dont je suis devenu un grand fan.
Les autres photos sont LA.
















Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire