dimanche 26 septembre 2010

Le Mont Blanc, ça, c'est fait!

Mercredi 22 septembre – Cotopaxi

Nous avons donc décidé de nous attaquer au volcan Cotopaxi, 5897m, le plus haut volcan actif d’Equateur et le deuxième (ou troisième) du monde. Pas jusqu’en haut, ça aurait été une expédition un peu trop ambitieuse pour nous, mais nous avons choisi le chemin sud qui permet d’arriver à 4000m en voiture puis de faire quelques heures de marche pour atteindre le glacier à 4800m, soit l’altitude du Mont Blanc !!!

Non seulement ce volcan est très beau et nous voulions en profiter un peu mais nous nous sommes dit que la rando à cette altitude pourrait être un test pour le trek de quatre jours qui nous attend dans quelques jours au Machu Pichu.

Rendez-vous 8h à l’agence, où nous rencontrons notre guide Marcial, et un autre couple, suisse, qui complètera le groupe.
La route vers le départ du trek s’avère justement être un cauchemar. Je dis route mais ce n’est pas la meilleure façon de qualifier cette chose. Disons que c’est un enchainement irrégulier de bosses et de trous monstrueux sur lequel on est censés rouler, le tout avec un vieux 4x4 pas très en forme. Le petit déjeuner est bien secoué dans l’estomac.

On arrive donc à 4000m, dans un paysage sec mais encore avec quelques arbres. Il fait frais mais la petite polaire suffit pour l’instant. Le guide vérifie quand même qu’on a bien tout l’équipement : bonnet, gants, vêtement de pluie, crème solaire etc. On a comme l’impression que ce sera plus difficile un peu plus haut.

C’est parti. Les premières centaines de mètres se font sur du plat, voire une pente assez douce, et l’effort est encore indolore.
Marcial nous parle du volcan, dont le nom Cotopaxi signifie « cou de la Lune » en cayapa, une langue du nord de l'Équateur, et « lumière de la montagne » en quichua. Sa dernière éruption mortelle a eu lieu en 1877, mais depuis une activité est tout de même enregistrée constamment.



Petit à petit, le paysage devient plus désertique, les plantes se font plus rares. Marcial nous explique qu’à partir de 4000m il n’y a plus d’arbre, seulement de la végétation.
Ce paysage très spécial, c’est le páramo, qu’on ne trouve que du Costa Rica au Nord du Pérou, propre à ces hautes altitudes.







La pente ne s’accentue pas vraiment, les jambes suivent sans problème, mais l’altitude commence à se faire sérieusement sentir au niveau du souffle. La respiration est de plus en plus difficile, on est extrêmement essoufflés, ensuite les autres symptômes dépendent de chacun : mal de tête, nausées etc. Pour nous c’est surtout l’essoufflement.

Arrivés à 4500m, seules 3 plantes peuvent encore pousser, dont:

Les « oreilles de lapin »


La "reine de la montagne"

En ce qui nous concerne, cela devient très très dur. Encore une fois, la marche en elle-même ne pose pas trop de problème mais j’ai le souffle totalement coupé. Chaque pas donne l’impression d’en faire 100, je dois m’arrêter tous les vingt mètres pendant quelques secondes pour reprendre mon souffle.

Dur dur

Pose dite du "je reprends mon souffle"

Nico n’est pas super en forme non plus. Pendant ce temps, le couple suisse avance à une allure impressionnante. Ils nous mettent cent mètres dans la vue à chaque reprise. Mais le guide a été très clair : à cette altitude, chacun va à son rythme et il n’y en a pas de trop lent.

Effectivement, on va doucement et on avance l’air de rien. Mais l’effort est violent. Le froid s’accentue. Je rajoute à la combinaison « doubles manches longues + polaire + Kway » un sweat à capuches, les gants, le bonnet. Je sens quand même le froid qui mord les doigts.

Je me dis que je n’irai certainement pas au-delà du refuge où nous devons déjeuner. Il n’y a que vingt minutes ensuite pour atteindre le glacier, mais il me semble que le temps que je me sente mieux, que je mange et que j’ai le courage de repartir, je ralentirai trop le groupe.

Enfin, le refuge. Nous avons marché 3h45. Étonnamment, une fois assise tout va bien. Je ne sens pas du tout la fatigue. Ca confirme que le problème vient vraiment de l’altitude et de la respiration, et non du reste, qui suit bien.

Le refuge consiste en 3 tentes avec des portes en bois mal ajustées. Pour nous c'est une question de quelques minutes mais des employés du parc, que nous avons croisés à cheval, y passent un certain temps lorsqu'ils entretiennent le parc. Marcial nous précise qu'ils sont également là pour surveiller les visiteurs, qui volent régulièrement l'équipement mis à leur disposition dans le refuge: couverts etc. On hallucine sur le fait de pouvoir ne serait-ce que penser à voler quelque chose ici...

On déjeune relativement luxueusement, dont pour finir un fruit très étrange avec des grains verdâtres qui croquent sous la dent.

Finalement, la pause nous requinque en un rien de temps et la motivation revient.

Un dernier effort, à une vitesse encore moindre car l’estomac plein il faut faire encore plus attention apparemment, et ça y est on atteint le glacier !
On est congelés mais on est très très fiers de nous. Le volcan est au-dessus de nos têtes, il reste 1200m jusqu’au sommet pourtant il ne parait pas si loin.

En tous cas, le Mont Blanc, ça c’est fait !!! Bon, au Mont Blanc l'ascension est plus enneigée, mais quand même!

Le temps de quelques photos et on entame la redescente.
Ironiquement, elle ne prend qu’une heure et demi mais on mesure le chemin parcouru, il nous parait vraiment long.

Nous retrouvons la voiture et nous nous posons épuisés. La route du retour est l’occasion de voir le volcan dégagé, alors qu’il était embrumé lorsque nous y étions.

Un peu plus loin, nous nous arrêtons à nouveau pour observer des rochers posés un peu bizarrement au milieu de terres plates, et qui sont les souvenirs d’éruptions passées. En fond, le volcan Illiniza (5248m).

Pour l’histoire, lorsque nous nous approchons avec la voiture du plus gros rocher, le guide demande au chauffeur d’en faire le tour pour nous arrêter derrière. Ce faisant, nous découvrons avec surprise une autre voiture, arrêtée, cachée par le rocher. Voyant l’agitation et l’affolement à notre approche, on comprend qu’on a surpris un couple qui pensait être tranquille dans ce lieu isolé… On voit des bras qui volent, des vêtements qui s’agitent, et le dossier du siège conducteur se relever progressivement. Fou rire dans notre voiture, on décide de se poser un peu plus loin…

La journée se termine épuisée à l’hôtel, sans même le courage de dîner.

Le reste des photos: HERE.

1 commentaire:

  1. Canon, rien que de lire ça m'a épuisé! ;)
    Bon courage pour la suite.

    Bisous
    Sabrina

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