Nous avons décidé de consacrer l’après-midi de ce mercredi à des visites culturelles dans la vieille ville.
Nous avons donc commencé par la Casa Museo Maria Augusta Urrutia. Comme son nom l’indique, c’est une maison-musée, dans laquelle habitait la dénommée Maria etc jusqu’à sa mort en 1982. C’était une philanthrope de Quito, richissime, qui a œuvré pour de nombreuses institutions éducatives. L’intérêt principal de cette visite était de voir ce qui se cachait derrière les facades coloniales de la vieille ville. Nous avons donc découvert une maison immense, autour d’une cour arborée, et une décoration Art Nouveau très surprenante.
Pour l’anecdote rigolote, une jeune fille nous faisait la visite guidée privée. Elle nous a rapidement demandé d’où nous venions, nous avons répondu de France, et là sa réaction a été incroyable : un petit couinement, ou gémissement je ne saurais dire, avec la main devant la bouche et un rougissement tout à fait charmant… Quand on a précisé Paris, ça a empiré…
Puis nous avons visité l’Eglise de La Compañia de Jesus, l’église à la décoration la plus chargée que je n’ai jamais vue. Absolument tout est doré, c’est incroyablement chargé. Mais pourquoi pas, quitte à faire dans le kitsch, autant aller jusqu’au bout !
Là non plus pas de photos autorisées.
Nous avons terminé par le Museo de la Ciudad, qui décrit l’histoire de la ville de Quito, de la présence indigène à la république, en passant par la colonisation espagnole bien sûr. Aucune explication en anglais donc ça a été assez difficile pour les détails mais simple et intéressant. Il est par ailleurs situé dans un ancien hôpital datant du 16ème siècle et en fonctionnement jusqu’en 1973. L’environnement fait beaucoup pour le charme du lieu.
Nous sommes ensuite rentrés nous préparer puisque nous avions prévu de voir Oscar, un Vénézuélien de parents espagnols ayant grandi en Equateur, rencontré lors de mon année d’études en Angleterre.
Nous avons passé une soirée très très agréable avec sa femme Diana et lui, dans un resto branché de Mariscal, le quartier jeune. C’est bien sûr le top de pouvoir discuter avec des personnes vivant dans le pays visité.
Samedi 11 septembre – Otavalo et Cotacachi
Nous nous sommes levés aux aurores pour faire le long trajet jusqu’à Otavalo, une petite ville située à une centaine de kilomètres au Nord-Est de Quito. C’est une petite ville nichée dans une vallée, connue pour accueillir tous les samedis un des plus grands marchés des Andes depuis 400 ans.
Nous avons dû prendre 4 bus et nous avons mis 4h mais cela valait la peine.
Nous sommes arrivés en fin de matinée et nous avons constaté l’effervescence du marché. Il ne couvre qu’un quartier de la ville mais il fourmille de petits stands, la plupart tenus par des Indiens des tribus avoisinantes. Une petite déception vient du fait que les rues principales ne sont consacrées qu’à l’artisanat local, ce qui est une bonne chose en soi, mais attire donc uniquement des touristes. Ironiquement mais logiquement, les rues adjacentes où se situent des stands de vêtements occidentaux sont remplies d’Equatoriens. Nous n’avons donc pas passé beaucoup de temps autour de l’artisanat, et avons plutôt flâné entre les stands de fruits, légumes etc. J’avoue que je n’ai pas de photo des vendeurs car je n’ose pas encore trop… Ca viendra avec le temps.
Nous avons ensuite passé un peu de temps à l’hôtel, au décor tropical, et dont la cour est remplie de hamacs bien tentants en ce début d’après-midi.
Sieste hamac sous avocadier, ça, c’est fait.
Nous avons ensuite pris un bus qui nous a emmenés dans une ville encore plus petite, Cotacachi. Les Otavaleños en disent : « Mil veces preso en Otavalo que suelto en Cotacachi », la prison à Otavalo vaut mille fois mieux que la liberté à Cotacachi… Bon ça signifie juste que c’est une ville très calme ! Elle est effectivement toute mignonne avec ses maisons colorées. Elle nous a donné une impression de bout du monde, comme ce que nous imaginons du fin fond du Chili par exemple. Nous nous sommes contentés de nous balader et c’était tout à fait sympatoche.
Maison à vendre, si vous êtes motivés
Nous sommes ensuite rentrés à Otavalo, où nous avons sympathisé à l’hôtel avec Dallas, Canadien de Vancouver. Nous avons décidé de dîner ensemble dans un resto à proximité qui proposait de la musique live. Groupe folklorique très marrant, incluant deux ados qui nous ont fait le spectacle pendant toute la soirée. Rien de très spécial, simplement ils étaient à fond dans leur musique !
Conversations intéressantes avec Dallas sur la vie au Canada, en particulier l’immobilier car il compte s’acheter un appart. On se plaint à Paris mais ça a l’air encore pire à Vancouver.
Dimanche 12 septembre
Nous commençons la journée par une courte visite au Parque Condor, sur les hauteurs d'Otavalo. C'est une réserve de rapaces tenue par un Hollandais. Nous sommes les premiers sur le site, à l'ouverture, donc nous pouvons nous promener au calme entre les cages contenant les oiseaux. Certains sont vraiment impressionnants, surtout les condors des Andes.
Une démonstration de vol libre est prévue plus tard dans la matinée mais nous n'avons pas le temps d'attendre, tant pis nous nous contenterons de les avoir vus certes de très près, mais derrière des grillages.
Nous quittons Otavalo dans l’idée d’aller à la Mitad del Mundo, ou la Moité du Monde, c’est-à-dire sur l’équateur en lui-même. Le lieu est situé entre là où nous trouvons et Quito, mais il faut quand même passer par Quito, c’est top. On entame donc le trajet : un premier bus d’Otavalo, 2h (2$/pers). Un second pour changer de terminal de bus, 30mn (0,25$/pers). Un troisième pour arriver, 40mn (0,35$/pers). Pfiu.
Le site en lui-même a peu de charme. Beaucoup de boutiques de souvenirs, des petits bâtiments en béton coloré avec de petites expos sans grand intérêt… Et pour être honnête ce n’est apparemment pas le lieu exact de l’équateur, qui est censé passer sur une colline à proximité.
Episode marrant en revanche: on se pose en terrasse pour déjeuner, les oreilles vrillées par un chanteur ringard qui se produit sur la scène en face. Les Equatoriens autour de nous sont totalement fans, ils chantent à tue-tête, ils balancent les bras, c’est émouvant. On n’a toujours pas compris si le chanteur était vraiment connu ou s’il reprenait des standards. Mais une ou deux femmes se sont jetées vers lui pour un contact ou des autographes donc on penche pour la première solution. Ce qui fait peur car il est vraiment extrêmement kitsch, avec des effets de voix totalement ringards et un jeu de scène du même niveau. Sans compter la coupe de cheveux. Allez, il n’y a pas le son, mais vous aurez au moins l’image :
Nous ne nous sommes pas beaucoup attardés sur le site et nous avons préféré aller au Museo Solar Inti Ñan (spéciale dédicate Edith et Youss) juste à côté. Un jeune guide haut en couleurs nous expliqué quelques faits sur les tribus indiennes de la région, leur relation à l’équateur, et la partie rigolote étant les expérimentations sur la gravité etc.
Pour ce qui est des coutumes indiennes, il nous a bien entendu plutôt raconté celles qui font réagir. Par exemple, quand un chef de clan mourrait, sa femme préférée était droguée avec une boisson empoisonnée avec un extrait de cactus local, était enfermée endormie dans la tombe, et mourrait étouffée… Parfois ce n’était pas que la femme préférée mais toutes les femmes, les enfants, et les serviteurs… On a également vu une tête réduite, cf ci-dessous. Cette tradition était appliquée soit aux personnes de haut rang, ici un fils de chef d’une douzaine d’années, auquel cas la tête était placée comme une statue, ou aux ennemis et dans ce cas la tête était portée en collier. Miam. Honnêtement c’est vraiment dégueu à voir de près, avec les lèves cousues etc. Le guide nous a expliqué que les tribus avaient arrêté à cause « des droits de l’homme » mais que la tradition était préservée avec des animaux.
Une autre anecdote concerne le petit animal tout mignon ci-dessous, une sorte de cochon d’Inde, c'est comme un chat mignon mais plus proche du rat. Ici ça s’appelle un « cuy », qui se prononce comme un testicule, pour décrire le cri de la bête. Et c’est un plat national très apprécié, frit ou braisé. Pas encore tenté mais je ne sais pas si j’en serais capable. Pour en avoir vu cuit, on voit vraiment la petite tête et tout…
Le musée en plein air se termine par les expérimentations, plus ou moins réelles on pense mais très marrantes.
Par exemple, les horloges solaires sont verticales et non horizontales puisque selon le semestre les rayons sont projetés d’un côté ou de l’autre de la pierre.
Ensuite selon le côté de l’équateur les forces vont dans sens des aiguilles d’une montre ou l’inverse. On nous a donc montré un bac avec de l’eau dans lequel, selon le côté de l’équateur où on se trouve, l’eau s’évacue dans un sens ou dans l’autre. Sur l’équateur en lui-même l’eau coule à pic sans faire de tourbillon.
On a également essayé de marcher les yeux fermés le long de la ligne censée être l’équateur. Le guide nous a expliqué que les forces contraires se rencontrant ici, il était difficile de tenir en équilibre même sans chercher à marcher droit. Franchement, difficile de croire que c’est vraiment le cas, mais c’est vrai que contrairement à d’habitude, ici on sent bien les yeux fermés qu’on est « poussé » d’un côté ou de l’autre. Bizarrement, je n’ai pas galéré, certainement parce que j’ai pas mal d’équilibre, mais tout le monde y passe et tombe au bout de 2-3 pas, cf Nico !
Un autre jeu qui a beaucoup de succès consiste à faire tenir un œuf sur la tête d’un clou, ce qui est faisable partout mais apparemment plus facile sur l’équateur. Effectivement, un certain nombre de personnes y arrivent, mais pas moi !
Pour finir, même s’il y a eu beaucoup d’autres anecdotes, on nous a dit que la gravité étant moindre sur l’équateur, on pesait 1kg de moins. Coooool.
Bref, c’était très rigolo, certainement un peu de l’arnaque car les effets ne peuvent pas se ressentir aussi fortement à 1m de part et d’autre de la ligne mais bon c’est bien fait et c’est le principe qui compte, on a bien compris !
Après cet épisode sympa, retour à Quito par 47 bus.
Bon, j’ai hésité à le raconter pour ne pas effrayer les mamans, mais on a eu la mauvaise surprise de s’être fait voler des vêtements dans les sacs cadenassés laissés à l’hôtel. Enfin « on », plutôt Nico. Ca avait commencé au tout début du séjour avec un t-shirt porté disparu dans le sac qui était ouvert, mais dans la chambre fermée en notre absence. On s’est dit qu’il l’avait peut-être oublié même si on était quasiment sûr de l’avoir vu la veille. Ensuite ça a été un pantalon, et pendant notre week-end d’absence, où nous avions pris la précaution de cadenasser les sacs laissés dans le local de service de l’hôtel, un short et une paire de chaussettes. Mmmh là il n’y a plus de doute. Nous l’avons signalé à l’un des deux employés qui était de garde ce matin, ça ne l’a pas fait beaucoup réagir. Mais nous pensons que ça ne peut être que lui ou son collègue, car la porte d’entrée est fermée à clé en permanence, il faut sonner pour entrer et sortir. Et ça ne peut pas être le patron, qui n’a vraiment absolument aucun intérêt à ce que ce genre de choses arrivent dans son établissement car il est indiqué dans le guide Lonely Planet donc c’est un risque énorme pour lui. Mais il n’était pas là ce matin donc nous n’avons pas pu nous expliquer.
Nous avons donc changé d’hôtel pour un du quartier de Mariscal, très sympa, fondé par un expat japonais (yeaaaaaaaaaah). Pas trop de risque puisque nous ne passons qu’une nuit.
Maman Françoise et Maman Yuriko, pas de panique, ce ne sont que des vêtements et il n’y a pas de risque sur nos personnes ! Pas de souci, ça arrive, même en France dans des hôtels renommés (n’est-ce pas Maman ?). On s’y attendait, mais pas si tôt et pas dans des sacs fermés j’avoue.
Lundi 13 septembre - Quito
Joyeux anniversaire Maman ! Joyeux anniversaire Thomas !
Après notre changement d’hôtel, direction le quartier de Guapulo sur les hauteurs de Quito. Jolie vue sur l’autre versant d’une des collines bordant la ville.
Pour l’anecdote, lorsqu’on est arrivés sur le site, un homme courrait dans tous les sens avec son appareil photo. On l’a regardé d’un drôle d’œil car il avait l’air vraiment bizarre, avec des gestes un peu incohérents. Par ailleurs on avait remarqué une nana assise pas loin, avec un air un peu vulgaire, en train de se maquiller. On se tourne vers le paysage, on profite quelques instants, et quand on se retourne on se retrouve nez à fesse avec le derrière de la demoiselle, qui s’est dévêtue entre temps, et qui est désormais en string – soutif juste devant nous… Mmmmh le photographe bizarre c’était donc ça…. Nico a beaucoup apprécié cela va sans dire, mais aussi les policiers dans la voiture à trois mètres qui prenaient des photos avec leur portable.
Plus sérieusement, direction le Sanctuario del Guapulo qu’on voit en contrebas.
Jolie descente entre les maisons, arrivée à l’église mais échec puisqu’on se casse le nez sur la porte, ainsi que celle du musée adjacent. On est pourtant dans les heures d’ouverture.
Au bout d’un certain temps posés devant l’église à profiter du soleil, on croise enfin un type qui sort de l’église, et qui nous confirme que c’est fermé mais sans autre explication.
Pas le choix, il faut donc remonter ! Soleil, pente, mais on va bien. On constate que l’altitude passe beaucoup mieux. Le week-end à 2500m au lieu des 2800 de Quito nous a peut-être aidés.
Passage rapide au Museo Etnografico de Artesania de Ecuador, intéressant.
On avait prévu la visite d’un dernier musée mais le projet a été remplacé par une virée shopping, pour Nico une fois n’est pas coutume, pour remplacer ses affaires disparues. Pas si facile car trouver des t-shirts à manches longues s’avère très difficile dans ce coin. Manches longues nécessaires pour la prochaine étape de notre séjour en Equateur, l’Amazonie !!!
Départ aux aurores demain pour 9h de trajet en bus et pirogue pour atteindre le centre où nous allons passer 3 nuits…
En fin de soirée, traitement de certains de nos vêtements avec un spray répulsif anti-moustiques, préparation de la Malarone, le médicament anti-paludisme que nous devons commencer à prendre demain etc. Ca sent l’expédition.
Pas de connexion internet dans ce soin reculé du monde, donc je vous retrouve dans quelques jours avec plein de choses à raconter ! En espérant que tout se passe bien, mouhahaha.
A samedi donc, et d’ici là, le reste des photos a été ajouté ICI.

















Merci Vivi, et bon anniversaire à ta maman !
RépondreSupprimerTrès sympa ce résumé, et le cuy est vraiment très appétissant !
Merci pour la dédicace ;-)!!!!!! Mais attendez d'être en amazonie....!!! Biz Edith
RépondreSupprimerErreur à ne pas commettre : lire les post de Viviane au boulot ! Je me projette trop bien à faire la sieste dans un hamac sous un avocadier !
RépondreSupprimerMerci Viviane, tes récits sont top.
Vivement samedi pour la suite !
Coucou Vivi,
RépondreSupprimerOn est vraiment pas tres loin a l echelle du monde, c est marrant.
Actuellement a Salta, on est en argentine depuis 3 jours apres des escapades magnifiques au nord chili et bolivie. Je te raconterai plus en detail ds un mail pour votre passage dans la region mais je pense que ca sera un des highlights de votre voyage si vous le faites!! (je n exagere pas)
Mais d autres belles choses vous attendent avant.
Profitez en a fond!
Que disfrutais bien!
Bises a vous 2.
NicoS
Bon, juste une considération un peu moins folklorique le temps de signaler à Nico qu'en son absence, tout va pour le mieux sur le plan footballistique (6 matches : 1V et 2N à domicile / 3D à l'extérieur = 5 points). Pour l'anecdote : la question du jour sur lequipe.fr : Lyon peut-il encore espérer disputer une Coupe d'Europe la saison prochaine? Allez, on va se refaire contre la vermine dans une semaine car l'OL, c'est vraiment une formidable raison d'être heureux !
RépondreSupprimerBises
cuy cuy cuy...
RépondreSupprimerBon bah voilà les vacances sont terminées pour nous, retour au boulot.
Heureusement, il y a le blog de Vivi pour s'évader pendant la pause déjeuner!
Hâte de lire le récit en Amazonie.
Biz
Bibi