Petit post de transition qui nous mène de Cafayate à Posadas.
Jeudi 18 novembre – Cafayate / Tucumán
S’il y a une chose qui nous manque un peu de la France c’est bien le fromage. Nous avions donc décidé d’aller visiter la ferme locale de production de fromages de chèvres après avoir goûté ceux ramenés par Mark et Lauren la veille, délicieux. Cafayate nous a tellement rendus flemmards que nous n'arriverons même pas à se caler la visite dans la matinée.
On se contente donc de retourner à la Casa de Empanadas pour une nouvelle fournée de chaussons, c’est quand même un peu minable.
A 14h il est temps de quitter Cafayate pour nous rendre à San Miguel de Tucumán.
Le trajet de bus de 5h est canon, passant des paysages arides de ce versant des montagnes à celui verdoyant de l’autre côté. On retrouve les forêts luxuriantes qu’on avait abandonnées il y a plusieurs semaines.
San Miguel de Tucumán, communément appelée Tucumán, est une capitale provinciale de plus de 500 000 habitants. C’est la première grande ville argentine que nous découvrons.
Arrivés au terminal ultramoderne, nous rejoignons à pied notre hôtel, que nous manquons de rater car sa façade n’indique en rien que c’est un hôtel et n’est par ailleurs vraiment pas ragoutante, décrépie et sale.
L’intérieur est un peu plus sympa avec deux cours en enfilade dans lesquelles on peut se poser. La chambre que nous recevons est limite, avec une salle de bains partagée pas super propre. Mais ça ira pour une nuit.
Après un peu de repos, on sort dîner. On traverse le centre-ville, plutôt moderne, avec son immense place principale verdoyante, et ses rues très animées et encombrées. Il y a énormément de jeunes, tous apprêtés, lookés.
On se décide pour une nouvelle parillada, en carnivores de base que nous sommes devenus depuis notre arrivée en Argentine. Nous optons pour une conseillée par le guide, au premier abord pas sexy avec sa grande salle glacée sur un thème sportif, blindée d’écrans passant chacun un match de foot différent. Nico est ravi mais ce n’est pas forcément ce qu’il recherche en même temps qu’il mange un bon repas, mais il ne se plaint pas non plus.
La nourriture sera finalement nickel, la viande parfaite, le buffet de crudités de rêve, et le vin ma foi très argentin donc pas très fort mais on s’y fait bien.
Le côté rigolo est que l'animation musicale est faite par des serveurs, ce qui pourrait être catastrophique mais pas du tout au contraire. L'un des serveurs a arrêté son service et a pris sa guitare, pour aller chanter ce qui nous a semblé être des classiques argentins puisque les clients avaient l'air de tous connaître, avec une très belle voix. Il était accompagné la plupart du temps par un autre serveur, à la voix vraiment magnifique, mais qui continuait de bosser en même temps, une addition ou une assiette de frites entre deux couplets.
Nous rentrons repus et fatigués.
Je décide de m’occuper du blog pendant que Nico va s’effondrer au lit. Minuit puis 1h du matin, je suis seule pendant un long moment dans la cour de l’hôtel mais ensuite un Suisse se pose pour lui aussi écrire, rejoint par un Argentin bruyant qui lui impose sa compagnie. Je me dis que ceux qui dorment doivent être ravis d’entendre cette grosse voix qui rigole à tue-tête toutes les 30 secondes. Je vois passer les occupants de la chambre en face de la nôtre, un groupe de cinq jeunes Argentin(e)s qui partent en boite. 2h du matin, le gérant de l’hôtel rentre d’on ne sait où avec femme et enfants. Ceux-ci courent, crient, chantent. 1. Mais que font-ils debout à cette heure là ? 2. On est bien dans un hôtel non ? Autant de bruit à cette heure là, est-ce bien poli et respectueux des clients de la part du patron? Je remarque d'ailleurs le lendemain l'écriteau fièrement accroché au-dessus de la réception "Silence ABSOLU à partir de minuit"... Je rigole, et encore, la nuit est loin d'être terminée.
A 2h30 je vais m’écrouler au lit.
3h, nous sommes réveillés en sursaut par nos voisins qui rentrent de leur soirée en hurlant. Une première fille ouvre avec fracas la porte de la salle de bains entre nos chambres pour aller vomir ses tripes. Entre deux séances, elle va raconter sa vie à ses potes avec une voix avinée et incontrôlée. Quand elle a terminé, un de ses potes prend la suite dans la salle de bains avec sa petite série de vomis à lui. Pendant ce temps, ils laissent la porte de leur chambre ouverte, parlent fort, gloussent, chantent. Au bout d’une demi-heure, j’ai les nerfs à vif, je trépigne dans le lit, mais je suis trop fatiguée pour faire quoi que ce soit. Je me rendors à 4h.
8h, nous sommes réveillés en sursaut par les mêmes voisins qui ont une énergie inimaginable pour des gens aussi bourrés 5h auparavant. C’est reparti pour les discussions à tue-tête, les portes ouvertes, les cris, les gloussements. Je ne dis rien jusqu’à leur retour du petit-déjeuner, lorsqu’ils s’installent sous notre fenêtre pour papoter. Je saute du lit, j’ouvre la porte avec fracas et je hurle « Vos gueules, bande de demeurés, VOS GUEULES !!! », et je repars en claquant la porte. Oui je suis fatiguée et énervée, oui je suis malpolie. Comme vous le comprenez aisément je pense à la lecture de ce langage fleuri, ça venait du cœur.
Résultat de cette opération éclair, un peu mieux, mais ça repart vite grâce à la vomisseuse en chef, et on gagne simplement un bruit désagréable en plus avec une des nanas qui « chuuuuut » en permanence par-dessus les conversations des autres. Je les hais. Mais Nico est fier de moi.
Vendredi 19 novembre - Tucumán
On se réveille donc à 10h dans un état de fraîcheur magnifique. Pour se remonter le moral, on prend une douche pourrie dans la salle de bains sale où la moitié de l’hôtel a vomi la nuit précédente.
Nous faisons nos sacs que nous laissons à l’hôtel pour aller se balader en ville histoire de nous remettre de nos émotions. On visite le seul monument intéressant, la Casa de Indendencia, puisque c’est ici qu’a été signé le document par lequel les représentants des colonies espagnoles d’Amérique du Sud ont décidé de leur indépendance le 9 juillet 1816 suite aux guerres menées contre l’empire. Petit musée, intéressant.
On décide de passer l’heure restante à l’hôtel pour faire deux-trois choses urgentes sur internet. On se pose donc dans la première cour avec l’ordinateur. Au bout de quelques minutes, je manque de faire une crise cardiaque quand un bruit soudain me déchire les tympans juste au-dessus de nos têtes, avant que tombe sur nous une sorte de poudre blanchâtre… Mais qu’est-ce que c’est que cet hôtel ???!!! Les oreilles bourdonnantes, on comprend que c’est un énorme pétard qui a été lancé depuis la rue par-dessus la première partie du bâtiment qui n’est pas très haut et a explosé au-dessus de la bâche qui couvre la cour. Il y a donc un trou dans le tissu et nous avons reçu les cendres… Cela fait moyen rire le gérant qui appelle tout de suite la police. Visiblement ce n’est pas la première fois que ça arrive… En attendant, j’ai les oreilles qui sifflent, le cœur qui bat la chamade, et on se dit qu’il valait mieux qu’il y ait la toile car sinon on se le prenait sur la tête. Bon, il est grand temps de quitter cette ville qui ne nous a pas beaucoup réussi…
Marche retour vers le terminal, sous un soleil de plomb, avec nos sacs qui nous paraissent vraiment lourds après la petite nuit que nous avons faite.
Quelques courses de provisions pour le bus et on embarque direction Posadas, de l’autre côté du pays, au Nord-Est.
Long trajet de nuit en « cama », c’est-à-dire les sièges première classe, au rez-de-chaussée du bus. Sièges extra-larges et moelleux, couvertures, coussins, repas servis, petites attentions du personnel, de quoi supporter les longues heures de trajet. On fait la connaissance d’un couple de Français en voyage avec leurs deux petits garçons tout mignons et surtout très sages, nous n’aurons même pas envie de les abandonner sur le bord de la route.
L'album complet Argentine est LA.
Jeudi 18 novembre – Cafayate / Tucumán
S’il y a une chose qui nous manque un peu de la France c’est bien le fromage. Nous avions donc décidé d’aller visiter la ferme locale de production de fromages de chèvres après avoir goûté ceux ramenés par Mark et Lauren la veille, délicieux. Cafayate nous a tellement rendus flemmards que nous n'arriverons même pas à se caler la visite dans la matinée.
On se contente donc de retourner à la Casa de Empanadas pour une nouvelle fournée de chaussons, c’est quand même un peu minable.
A 14h il est temps de quitter Cafayate pour nous rendre à San Miguel de Tucumán.
Le trajet de bus de 5h est canon, passant des paysages arides de ce versant des montagnes à celui verdoyant de l’autre côté. On retrouve les forêts luxuriantes qu’on avait abandonnées il y a plusieurs semaines.
San Miguel de Tucumán, communément appelée Tucumán, est une capitale provinciale de plus de 500 000 habitants. C’est la première grande ville argentine que nous découvrons.
Arrivés au terminal ultramoderne, nous rejoignons à pied notre hôtel, que nous manquons de rater car sa façade n’indique en rien que c’est un hôtel et n’est par ailleurs vraiment pas ragoutante, décrépie et sale.
L’intérieur est un peu plus sympa avec deux cours en enfilade dans lesquelles on peut se poser. La chambre que nous recevons est limite, avec une salle de bains partagée pas super propre. Mais ça ira pour une nuit.
Après un peu de repos, on sort dîner. On traverse le centre-ville, plutôt moderne, avec son immense place principale verdoyante, et ses rues très animées et encombrées. Il y a énormément de jeunes, tous apprêtés, lookés.
On se décide pour une nouvelle parillada, en carnivores de base que nous sommes devenus depuis notre arrivée en Argentine. Nous optons pour une conseillée par le guide, au premier abord pas sexy avec sa grande salle glacée sur un thème sportif, blindée d’écrans passant chacun un match de foot différent. Nico est ravi mais ce n’est pas forcément ce qu’il recherche en même temps qu’il mange un bon repas, mais il ne se plaint pas non plus.
La nourriture sera finalement nickel, la viande parfaite, le buffet de crudités de rêve, et le vin ma foi très argentin donc pas très fort mais on s’y fait bien.
Le côté rigolo est que l'animation musicale est faite par des serveurs, ce qui pourrait être catastrophique mais pas du tout au contraire. L'un des serveurs a arrêté son service et a pris sa guitare, pour aller chanter ce qui nous a semblé être des classiques argentins puisque les clients avaient l'air de tous connaître, avec une très belle voix. Il était accompagné la plupart du temps par un autre serveur, à la voix vraiment magnifique, mais qui continuait de bosser en même temps, une addition ou une assiette de frites entre deux couplets.
Nous rentrons repus et fatigués.
Je décide de m’occuper du blog pendant que Nico va s’effondrer au lit. Minuit puis 1h du matin, je suis seule pendant un long moment dans la cour de l’hôtel mais ensuite un Suisse se pose pour lui aussi écrire, rejoint par un Argentin bruyant qui lui impose sa compagnie. Je me dis que ceux qui dorment doivent être ravis d’entendre cette grosse voix qui rigole à tue-tête toutes les 30 secondes. Je vois passer les occupants de la chambre en face de la nôtre, un groupe de cinq jeunes Argentin(e)s qui partent en boite. 2h du matin, le gérant de l’hôtel rentre d’on ne sait où avec femme et enfants. Ceux-ci courent, crient, chantent. 1. Mais que font-ils debout à cette heure là ? 2. On est bien dans un hôtel non ? Autant de bruit à cette heure là, est-ce bien poli et respectueux des clients de la part du patron? Je remarque d'ailleurs le lendemain l'écriteau fièrement accroché au-dessus de la réception "Silence ABSOLU à partir de minuit"... Je rigole, et encore, la nuit est loin d'être terminée.
A 2h30 je vais m’écrouler au lit.
3h, nous sommes réveillés en sursaut par nos voisins qui rentrent de leur soirée en hurlant. Une première fille ouvre avec fracas la porte de la salle de bains entre nos chambres pour aller vomir ses tripes. Entre deux séances, elle va raconter sa vie à ses potes avec une voix avinée et incontrôlée. Quand elle a terminé, un de ses potes prend la suite dans la salle de bains avec sa petite série de vomis à lui. Pendant ce temps, ils laissent la porte de leur chambre ouverte, parlent fort, gloussent, chantent. Au bout d’une demi-heure, j’ai les nerfs à vif, je trépigne dans le lit, mais je suis trop fatiguée pour faire quoi que ce soit. Je me rendors à 4h.
8h, nous sommes réveillés en sursaut par les mêmes voisins qui ont une énergie inimaginable pour des gens aussi bourrés 5h auparavant. C’est reparti pour les discussions à tue-tête, les portes ouvertes, les cris, les gloussements. Je ne dis rien jusqu’à leur retour du petit-déjeuner, lorsqu’ils s’installent sous notre fenêtre pour papoter. Je saute du lit, j’ouvre la porte avec fracas et je hurle « Vos gueules, bande de demeurés, VOS GUEULES !!! », et je repars en claquant la porte. Oui je suis fatiguée et énervée, oui je suis malpolie. Comme vous le comprenez aisément je pense à la lecture de ce langage fleuri, ça venait du cœur.
Résultat de cette opération éclair, un peu mieux, mais ça repart vite grâce à la vomisseuse en chef, et on gagne simplement un bruit désagréable en plus avec une des nanas qui « chuuuuut » en permanence par-dessus les conversations des autres. Je les hais. Mais Nico est fier de moi.
Vendredi 19 novembre - Tucumán
On se réveille donc à 10h dans un état de fraîcheur magnifique. Pour se remonter le moral, on prend une douche pourrie dans la salle de bains sale où la moitié de l’hôtel a vomi la nuit précédente.
Nous faisons nos sacs que nous laissons à l’hôtel pour aller se balader en ville histoire de nous remettre de nos émotions. On visite le seul monument intéressant, la Casa de Indendencia, puisque c’est ici qu’a été signé le document par lequel les représentants des colonies espagnoles d’Amérique du Sud ont décidé de leur indépendance le 9 juillet 1816 suite aux guerres menées contre l’empire. Petit musée, intéressant.
On décide de passer l’heure restante à l’hôtel pour faire deux-trois choses urgentes sur internet. On se pose donc dans la première cour avec l’ordinateur. Au bout de quelques minutes, je manque de faire une crise cardiaque quand un bruit soudain me déchire les tympans juste au-dessus de nos têtes, avant que tombe sur nous une sorte de poudre blanchâtre… Mais qu’est-ce que c’est que cet hôtel ???!!! Les oreilles bourdonnantes, on comprend que c’est un énorme pétard qui a été lancé depuis la rue par-dessus la première partie du bâtiment qui n’est pas très haut et a explosé au-dessus de la bâche qui couvre la cour. Il y a donc un trou dans le tissu et nous avons reçu les cendres… Cela fait moyen rire le gérant qui appelle tout de suite la police. Visiblement ce n’est pas la première fois que ça arrive… En attendant, j’ai les oreilles qui sifflent, le cœur qui bat la chamade, et on se dit qu’il valait mieux qu’il y ait la toile car sinon on se le prenait sur la tête. Bon, il est grand temps de quitter cette ville qui ne nous a pas beaucoup réussi…
Marche retour vers le terminal, sous un soleil de plomb, avec nos sacs qui nous paraissent vraiment lourds après la petite nuit que nous avons faite.
Quelques courses de provisions pour le bus et on embarque direction Posadas, de l’autre côté du pays, au Nord-Est.
Long trajet de nuit en « cama », c’est-à-dire les sièges première classe, au rez-de-chaussée du bus. Sièges extra-larges et moelleux, couvertures, coussins, repas servis, petites attentions du personnel, de quoi supporter les longues heures de trajet. On fait la connaissance d’un couple de Français en voyage avec leurs deux petits garçons tout mignons et surtout très sages, nous n’aurons même pas envie de les abandonner sur le bord de la route.



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