jeudi 13 janvier 2011

Buenos Aires : polo et fútboooooool

Samedi 27 novembre au dimanche 5 décembre – Buenos Aires : polo et fútboooooool

Polo

Première expérience sportive à BA avec une après-midi de polo ! C’est la saison et c’est un sport très apprécié en Argentine puisque très amatrice de chevaux, les gauchos etc. Les meilleures équipes du monde sont d’ailleurs sud-américaines, ce que je ne savais pas du tout, pour moi c’était vraiment une spécialité anglo-saxonne. Nous nous disons donc que c’est l’occasion ou jamais. 

30 pesos l’entrée soit 6€ pour deux matchs, c’est donné. Dans l’enceinte du « Campo Argentino de Polo », ambiance hippodrome côté luxe avec toute la haute société porteña, beaux messieurs fringants, femmes snob, jeunes femmes et jeunes hommes en tenue chic et décontractée à la fois (sauf exception, pour l’anecdote, j’ai quand même vu le décolleté le plus choquant de ma vie, le tissu n’étant retenu que par les tétons, je me devais de vous faire partager cette expérience traumatisante). C’est intéressant de découvrir cette population là. Petit plus non négligeable pour mes compagnons : toute l’allée principale est bordée de stands pour des marques de voiture de luxe, de vêtements de polo ou de matériel hi-fi, et pour chacun quelques hôtesses recrutées dans les agences de mannequins, qui font donc de l’événement un défilé de mode à ciel ouvert. Les mecs se décrochent le cou et les mâchoires. Pour moi, nada, rien, zéro, merci le polo.

On arrive à se faire une toute petite place à l’ombre sur les gradins du terrain annexe où a lieu le premier match. Nous sommes tout près de l’action et dans certaines phases de jeu c’est vraiment beau, très rapide, parfois violent, les chevaux faisant des courses vraiment déséquilibrées et puissantes. Les joueurs changent de chevaux très souvent sur le bord du terrain.







A part ça, il y a tout de même des coupures importantes dans le jeu et les règles sont franchement difficiles à cerner, les deux équipes marquant parfois du même côté, parfois non. J’en ai conclu que chaque équipe devait changer de côté de but après chaque point marqué, ce qui s’avère être effectivement la règle. Mais c’est très perturbant quand même. En nous renseignant après coup, on comprend également que la partie commence avec un score pas forcément vierge puisque l’équipe ayant la somme des handicaps de ses joueurs la plus faible commence avec cette différence traduite en buts d’avance. Difficile à deviner sur place.

L’ambiance dans les gradins est très feutrée, les gens parlent en chuchotant et applaudissent poliment à chaque but. Quelques fans crient des encouragements mais rarement. On entend donc très bien les bruits du terrain ce qui est sympa. Les joueurs en revanche peuvent être beaucoup plus agités que leurs spectateurs, ça crie pas mal et ça s’engueule même un peu.
Le deuxième match avait lieu sur le terrain principal, avec des gradins immenses, mais sans aucune place à l’ombre. Au bout d’une demi-heure, nous étions sur le point de faire une insolation sous le soleil violent de cette superbe après-midi donc nous nous enfuyons, ayant de toute façon rendez-vous avec du foot.
Peut-être était-ce l’impatience de ce match de foot tant attendu par les mecs mais ils n’ont pas adoré le polo, trop lent pour eux. Personnellement, j’ai apprécié le spectacle, les actions de jeu sont belles et rapides, ambiance posée. Mais c’est sûr, ça manque de chants de supporters et d’animation pour les footeux.

Foot

Nous y arrivons, le sacro-saint foot !!! Deux matchs principaux dans les deux stades et avec les deux équipes les plus connues de la capitale. Pour cela je vais laisser la parole aux spécialistes, les footeux parlent aux footeux.

Ah merci ! J’ai enfin droit à la parole sur ce blog mais ce fût arraché de haute lutte. C’est en échange d’une journée entière de shopping à Santiago. Vous imaginez donc le sacrifice que je fais pour avoir droit à la parole.
Et oui, on y était, on l’a fait, ce rêve que tant de footeux partagent.

Riverplate - Olimpo @ Estadio Monumental

Dimanche 28 Novembre, dans un quartier huppé de Buenos Aires, en compagnie de Viviane, Rémy et Thomas, et après une après-midi polo (je sais ça fait pas très footeux-prolo mais heureusement on a trouvé ça chiant comme la mort et en plus on n’a absolument rien compris aux règles) nous nous approchons du Monumental. Achat de billets pour le match contre Olimpo (obscur club de l’obscure ville de Bahia Blanca) côté ultras de River mais placés en dessous. 
Ca y est, on rentre dans le stade de capacité maximum 70000 personnes. On ne le trouve pas très impressionnant, en tout cas moins que sur les images de la finale Argentine/Pays-Bas de la Coupe du Monde 1978 avec ces milliers de «papelitos» bleus et blancs volants aux quatre coins du stade et sans Général Videla qui ne se doutait probablement pas à l’époque qu’il prendrait perpète 30 ans plus tard (mais c’est une autre histoire).



18h30 : Le match est prévu à 19h10, et pour l’instant tout semble bien calme. On est même étonnés par le nombre d’enfants (en bas âge parfois avec notamment changement de couche à la mi-temps) qu’on voit dans les tribunes.




19h05 : on commence à entendre grosses-caisses et trompettes et on voit tout le monde se retourner pour regarder dans la même direction, juste au-dessus de nous, en tribunes supérieures, c’est l’entrée non pas des joueurs mais de la « fanfare des ultras ». En fait, le rituel veut qu’ils ne rentrent dans le stade que 5 minutes avant le coup d’envoi et c’est le départ des chants.





Et là, par contre c’est autre chose qu’en France, avec des chants pendant 90mn non stop et une ambiance donc plutôt festive durant tout le match et notamment durant les 10 dernières minutes car River menait 1-0 et Olimpo commençait à pousser sur le terrain.

Vamos campeon vamo a ganar,
donde jugues, vamos a estar
te alentare, desde el tablon,
te quiero ver salir campeon,
yo soy del gallinero por que tenemo huevo,
corrimo a los del rojo, corrimo a los bosteros,
te sigo a todas partes millonario,
siempre te vengo a alentar!


Un autre chant sympa dont une partie des paroles comment dire... revendicative est:

Dicen que estamos todo de la cabeza
pero a esta hinchada loca no le interesa!
tomamo vino puro de damajuana
y nos fumamo toda la marihuana!

oh Millonario... oh Millonario!

Quiero que legalicen la mariguana
para fumarme un porro por la mañana!
tomar un vino blanco y una cerveza
para ir a ver a River de la cabeza!

oh Millonario... oh Millonario!

(la vidéo n'est pas de nous, emprunt youtube)

Quelques vidéos d'ambiance:



Des "hijo de putaaaaaaa" qui fusent:


Sinon vous aurez peut être remarqué sur les vidéos le type derrière nous qui a commencé le match en pull et terminé à moitié à poil.


Même pour nous les psychopathes de foot, il faisait peur. Il a hurlé comme si sa vie en dépendait non stop pendant 1h30, pour finir tout rouge, les yeux exorbités, épuisé d'avoir tout donné. Il a tellement crié de  trucs du genre "hijo de putaaaaaa"qu'un homme qui était quelques rangs devant nous avec ses enfants a commencé à s'engueuler avec lui pendant le match pour lui dire d'arrêter. Pourtant on en entend dans les gradins mais lui était totalement dingue. Ca a continué à la fin du match où un mec jeune cette fois s'est pris la tête avec lui en lui reprochant en gros d'insulter les mecs de sa propre équipe. Quand tu commences à être too much pour les bons footeux de ton équipe c'est que t'es bien costaud.
Une fois torse nu on remarque un énorme tatouage sur son bras, Riverplate évidemment.



A part ça parlons terrain. Autant on peut être jaloux des chants en continu et de l’ambiance autant le niveau de jeu est pathétique avec un niveau technique des joueurs ultra faible et un jeu collectif proche du néant. Un Saint-Etienne / Le-Mans n’aurait rien à envier à ce match et pourtant Dieu sait que ça peut être triste surtout à Geoffroy Guichard en plein mois de Janvier (désolé Vincent, Calou et Baptiste mais faut bien se faire un petit plaisir de temps en temps). D’un autre côté, quand on voit que les stars, capitaines et titulaires indiscutables de River sont Ariel Ortega et Matias Almeyda (74 ans à tous les 2) on se doute que ça n’avance pas très vite non plus.
En tout cas bonne expérience pour ce premier match de championnat argentin.



Boca Juniors - Quilmes @ la Bombonera


Dimanche 5 décembre aux environs de 15h dans le quartier populaire de la Boca.
Objectif : trouver des places pour le Boca / Quilmes du soir même. Le problème c’est qu’on nous a dit qu’on ne pouvait pas acheter de places aux guichets car toutes les places sont attribuées aux « socios » du club. Par contre il existe des « agences » spécialisées dans la revente des billets avec transport organisés, le tout pour 250 pesos soit 6 fois le prix du billet. Eh oh, faut pas nous prendre pour des Américains, on va pas au spectacle, on va voir du ballon, nous.
On se dirige donc vers les abords du stade avec Raph, Rémy et Thomas pendant que ces dames sont à la feria de San Telmo (en gros un vide-grenier).

©Raph
On commence à se renseigner et on nous confirme effectivement qu’il n’est pas possible d’acheter de places. On voit néanmoins un jeune qui nous dit qu’on peut en acheter au black auprès d’un mec à casquette. On croise donc un peu plus loin un mec à casquette qui revend des places : 240 pesos en latéral et 120 pesos en virages. On en achète 2 pour aller dans le kop pour Raph et Rémy et 5 de l’autre côté. Néanmoins, les billets ont les mêmes numéros mais le gars nous assure qu’on rentre au même endroit et qu’on doit se diriger ensuite dans nos tribunes respectives. On n’est pas convaincus par ses explications mais d’un autre côté on n’a pas tellement le choix. Une fois les billets à 40 pesos achetés 120 en poche on retrouve les filles à San Telmo.

20h30 : Abords du stade de la Boca : Après avoir visité le quartier de la Boca et s’être fait confirmer par un vendeur de maillots de contrefaçon (soit probablement la source la plus fiable de Buenos Aires) que nos places étaient bonnes pour le match du soir on se dirige vers notre tribune.
Premier contrôle policier : ah, on n’est pas à la bonne tribune, nous on doit aller dans la tribune réservée aux visiteurs, c’est-à-dire Quilmes. On n’est pas des Américains mais on s’est quand même bien fait enfler. D’un autre côté, c’est le jeu. Du coup, on est bien content de ne pas avoir enfilé nos maillots de Boca avant d’aller au stade.
On passe donc côté visiteurs, les barrages policiers, les fouilles et on arrive au point fatidique du contrôle des billets. Ouf, la machine les reconnait on ne s’est pas fait enfler jusqu’au bout. On commence à monter pour atteindre les places, entre-temps nous avons le plaisir de marcher dans les rivières d’urines délicatement laissées directement dans les couloirs du stade par les supporters de Quilmes certainement après avoir abusé de la bière du même nom. On arrive enfin à se frayer un passage pour entrer dans les gradins. Et là c’est recherche de places libres en grimpant et descendants les gradins les plus pentus de la terre. A la fin, les ¾ d’entre nous avions des crampes, la classe.



Sinon côté ambiance, c’était moins impressionnant qu’à River mais forcément on était avec Quilmes et à l’opposé des ultras de Boca en face où par contre ça bougeait sacrément.

©Raph

Côté terrain c’est largement aussi triste que la semaine passée car ici, la star, hormis Riquelme blessé 90% du temps malgré son jeune âge de 32 ans (oui 32 ans c’est jeune), c’est Martin Palermo, 37 ans, une sorte de poteau de 1,90m qui marche sur le terrain en attendant que ses coéquipiers lui envoient des ballons sur la tête ce qui arrive par contre environ 856 fois par match.

Bilan des matchs argentins :
Niveau ambiance : 9/10
Niveau ballon : 3/10

Les autres photos sont LA.

4 commentaires:

  1. CELA NE POUVAIT PAS ETRE PIRE QU UN MATCH AU PARC DES PRINCES LORS DES 2 DERNIERES ANNEES QUAND MEME ?

    RAPHA

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  2. Gaghoo alias Gaëshe14 janvier 2011 à 00:18

    C'est marrant, dans le premier chant, on entend bien qu'ils prononcent "gashinero" dans la phrase "[...] yo soy del gallinero por que tenemo huevo, [...]" ! ;-)

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  3. @Rapha: si je t'assure, c'était ignoble, je pense que ça valait bien le PSG, c'est pour dire.
    @Gaghoo: c'était horrible, on a trop galéré pour se débarrasser de ces Ch de merde et on passait trop pour des bouseux au Chili.
    Nico

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  4. Félicitations pour votre blog. Photos superbes. L'accumulation d'images met dans le bain complet.
    J'ai eu les coordonnées de votre blog par Pierre, le père de Mademoiselle, si je ne me trompe pas.
    Superbe ! continuez !
    Jean François

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