jeudi 13 janvier 2011

Buenos Aires : quartiers, visites et tango

Vendredi 26 novembre – Buenos Aires

Arrivée presque à l’heure à Buenos Aires, une ville très très attendue de notre voyage. Nous en avons entendu tellement de bien qu’elle nous fait rêver.

Mon ami Thomas atterrit à peu près à la même heure et nous devons nous retrouver à l’appartement, que nous avons loué pour 10 nuits, ce qui est plus pratique, plus économique et infiniment plus sympa qu’un hôtel.
Un peu pressés pour être à l’heure pour le check-in, on se décide pour un taxi. On prend soin de prendre un « officiel » au point de charge de la gare. Il enclenche le compteur, qui nous parait défiler vraiment vite. Premiers contacts avec la ville, à travers les quartiers chics du nord, Recoleta et Palermo, dont les parties résidentielles par lesquelles on passe ressemblent à s’y méprendre à une ville européenne développée. Pour ceux qui connaissent, les grandes avenues ressemblent par exemple aux boulevards des maréchaux du 16ème arrondissement parisien ou le 6ème à Lyon. C’est très étonnant pour nous qui arrivons de plus de deux mois de villes plus exotiques. Mais on était prévenus.
Enfin en tous cas même si nous nous forgeons nos premières impressions, notre attention est surtout focalisée sur ce maudit compteur qui défile comme un chronomètre. Au final, 100 pesos, 20€, une véritable fortune. On en conclut que les taxis ne seront pas envisageables pendant notre séjour. En réalité, c'était un escroc qui avait trafiqué le compteur on ne sait comment. Tarif normal: 3 fois moins élevé.

Nous arrivons à l’appartement qui se situe dans un immeuble bourgeois de Palermo Viejo, partie Soho pour les connaisseurs, Guemes y Armenia plus précisément.



En revanche, il est plus petit que prévu et ne fait pas du tout les 100m² annoncés dans l’annonce, plutôt 80. Quand on sera 7 ça risque de faire une sacrée différence. Et les équipements sont vieillots. Mais bon on ne compte pas y passer notre vie non plus. La propriétaire nous précise qu’on doit être compréhensifs car c’est un immeuble historique, le général Peron ayant habité juste au-dessus. J’avoue, c’est la classe, mais ce n’est pas ça qui fera que les douches seront utilisables et que le canapé-lit ne tombe pas en mille morceaux…
Thomas arrive enfin, c’est un vrai plaisir de retrouver sa bouille !!! Mais pas de choc non plus, c’est comme si on s’était quittés hier.

Une fois les formalités faites et quelques temps à s’approprier les lieux, on part visiter le quartier.
On trouve un restaurant branchouille, ce qui n’est jamais bon signe pour la qualité de la nourriture, mais celui-ci fera exception à la règle, on se régale. On continue ensuite la balade, mais pas longtemps avant de se poser dans un café.

La fin de journée se passera à la maison pour moi, pendant que Nico et Thomas pourront discuter un million d’heures de foot tranquillement entre mecs autour de tapas.

Buenos Aires se présente bien, on sent qu’on va y passer de bons moments.

Samedi 27 novembre au dimanche 5 décembre – Buenos Aires : quartiers, visites et tango

Tout le monde nous avait dit: vous allez voir, on ne peut qu’adorer Buenos Aires, c’est une ville à l’européenne avec tout le confort et la modernité, mais en même temps un sens de la fête sud-américain, une vie nocturne de folie, des restaurants à mourir, des balades agréables dans des quartiers charmants, du foot à gogo pour les amateurs, bref rien à demander de plus. Quel programme, nos attentes étaient élevées. Bilan, tout est à peu près vrai ! Notre avis final ne sera pas exempt de reproches mais cette ville a des qualités indéniables.

Quartiers et visites

Musée des Beaux Arts et Recoleta

Je profite de la présence de Thomas pour aller visiter le Museo Nacional de Bellas Artes, car il aurait été impossible d’y trainer Nico. Le musée est à la fois trop loin pour y aller à pied et trop près pour être bien desservi en transports. Nous testons donc le train local, une sorte de RER pauvre qui ressemble vaguement à un train de marchandises, avec les portes qui restent ouvertes pendant le trajet. Nous sommes les seuls à descendre à notre arrêt et on se retrouve dans un quartier un peu bizarre. Nous commençons à longer les voies pour trouver un passage permettant de les traverser mais nous ne trouvons que de vieux entrepôts servant de squats et des rues ne menant nulle part. Très glauque, on se demande vraiment si c’est très sûr de se balader ici. Demi-tour et retour à la gare, on recommence. Finalement il suffisait d’aller dans la direction opposée et en cinq minutes on passe sous les voies pour retrouver de but en blanc un centre commercial ultra-chic et des avenues impeccables bordées d’immeubles superbes, quel contraste. On se demanderait presque si les passages au-dessus des voies ne seraient pas volontairement limités pour maintenir les pauvres chez eux. Voilà donc le quartier de Recoleta, chic, propre.
Bref, on arrive très en retard au musée, on se demande même si cela vaut encore la peine. Quitte à être venus pour rien, on commence par aller prendre un verre sur la terrasse d’un centre commercial entièrement voué au design, si c’est pas snob ça.
Mais finalement  on s’aperçoit que le musée est gratuit, quelle bonne surprise, on peut donc en profiter même moins longtemps que prévu.
Très jolie collection, diversifiée. Rembrandt, Renoir, Manet, Monet, Gauguin, Courbet, Cézanne, Chagall, Delacroix, Rodin, Modigliani etc, de quoi passer quelques heures sympa. Malheureusement, nous n’avons pas pu y retourner pour voir la collection d’art contemporain, en particulier les artistes argentins, dommage.

Musée Evita et Palermo

Eva Perón, star de radio et de cinéma argentine devenue Première Dame pendant quelques années à la fin des années 40 en se mariant avec le général Perón, est une icône nationale. On voit sa statue partout, pas seulement à Buenos Aires mais dans de nombreuses villes où nous sommes passés. Elle est représentée sur toutes les œuvres comme une sainte, sa vie présentée comme un conte de fées. Elle est morte à 32 ans donc cela ajoute au mythe.
Difficile de se faire une opinion argumentée sans avoir étudié la question de façon plus approfondie mais on peut dire qu’elle a quand même tenté certaines choses en matière sociale, en faveur des plus pauvres, des enfants, des personnes âgées, hôpitaux, fondations etc. Ses origines modestes lui permettaient de se présenter comme la défenseuse des « descamisados », les « sans-chemise ». En revanche, elle a certainement aidé à la fuite de nazis après la guerre, la politique de son mari était plutôt dure, tout cela est à mettre en perspective. En tous cas c’est une partie de l’histoire argentine à connaitre un peu quand on y est car on est confrontés régulièrement à son image.
Le musée est petit mais très agréable et bien fait, dans une bâtisse magnifique du nord de Palermo qui servait de centre d’accueil pour femmes et enfants.

Palermo, le quartier où nous avons habité, est un des deux quartiers les plus animés de la ville pour sortir. Difficile de décrire précisément une atmosphère mais disons qu’il est très bobo, avec des centaines de boutiques de fringues de créateurs, des petits restos travaillés soit vraiment branchouille soit se voulant tplus typiques mais en réalité branchés, des bars, des boîtes… Mais sans trop d’agitation non plus. La ville est tellement grande et espacée que nulle part nous n’avons l’impression d’être oppressés, d’être dans un lieu bondé, sauf exception. Les rues ne sont pas envahies, même les soirs de week-end. Pourtant les rues sympas ne sont pas non plus infinies, une dizaine à Palermo Soho et même encore moins à Palermo Hollywood de l’autre côté des voies ferrées.
Donc quartier très sympa où finalement nous nous sommes réfugiés assez souvent même quand on avait décidé à la base d’aller ailleurs.


©Raph
Puerto Madero

Si jamais mon boulot me manquait, au moins j’aurais eu une piqûre de rappel du quartier de Bibliothèque où je bosse à Paris en allant me balader à Puerto Madero. C’est un quartier ultra moderne entre la vieille ville et la réserve naturelle du bord de mer. Oui on oublie rapidement que Buenos Aires est en bord de mer car il n’y a rien pour le rappeler, on ne l’a d’ailleurs pas du tout vue en dix jours. Constructions récentes, bureaux, hôtels de luxe, restos branchés etc.






©Raph

Le Microcentro

Autour de la Plaza de Mayo (prononcez "Macho" sous peine de ne pas trouver votre chemin), le Microcentro c'est le quartier d'affaires mais pas au sens bâtiments modernes, plutôt quartier historique des affaires, avec de grandes avenues menant de grandes places en grandes places. Mais le tout est petit, comme son nom l'indique.



L'Argentine, pays de foot!


San Telmo

C’est le quartier concurrent de Palermo en termes d’ambiance, mais c’est une version plus bohême que bourgeoise. Moins clean, mais sans être cradingue du tout, un peu plus folklorique, avec une ou deux petits places à terrasses, des petits restos plus locaux, du tango dans la rue ou ailleurs etc.
Le dimanche, c’est la « fiesta de San Telmo », censée être le plus grand marché d’antiquités d’Amérique du Sud. J’aimerais bien voir les autres car là c’est une place et une ruelle. Mais mignon.
Sympa mais nous avons été un peu déçus car le quartier n’est vraiment pas grand et on tourne vite en rond. Mais ce que nous y avons fait était vraiment réussi alors de bons souvenirs !




Plutôt classe pour une ancienne prison non?



La Boca et Caminito

Ah la Boca, un mythe pour le cœur footeux de Nico et celui des autres avec qui nous étions. C’est un des quartiers populaires de BA, et son équipe de foot, Boca Juniors, est vénérée comme un dieu. Maradona, la Bombonera… Lourd patrimoine sportif.
A part ça le quartier est déconseillé, de jour comme de nuit, donc pas spécialement de balade, sauf dans les trois rues et demi de Caminito, une sorte de parc d’attractions pour touristes, avec des façades colorées certainement avec un passé légitime mais qui sentent un peu le folklore entretenu aujourd’hui. Les avis sont partagés sur la question mais personnellement j’ai quand même beaucoup apprécié, peu importe si elles sont repeintes toutes les semaines, le résultat est quand même mignon avec ces couleurs vives. Certains détails sont à oublier mais dans l’ensemble c’est vraiment joli. Certaines photos font penser à de l'art moderne avec ces formes géométriques et ces couleurs.

©Raph












Des chaussures accrochées aux fils électriques, vu plusieurs fois, pas encore compris...
Tango

Comme 100% des touristes visitant Buenos Aires, on attendait énormément de la ville en termes de tango ! Et finalement aucune déception de ce côté-là, mais nous avons eu de nombreuses occasions d’en voir. En revanche, ce n’est pas non plus un spectacle permanent dans la rue, avec des Argentins de tous âges dansant à la vie à la mort etc. La plupart de ce que l’on voit dans la rue est présenté pour les touristes, et il est difficile d’aller voir un spectacle qui ne le soit pas non plus. Il y a deux façons de voir du tango, soit monsieur et madame tout le monde dans les écoles ou des bals mais dans ce cas on voit des amateurs dans une version simple et sans chichis, soit la version grand spectacle, avec robe fendue jusqu’à la taille et monsieur gominé qui ressemble à un mafioso, et dans ce cas il faut accepter le côté touristique de la chose.

La Plaza Dorrego à San Telmo est l’endroit le plus accessible pour ça. Un des nombreux cafés de la place a bien compris le business : deux danseurs présentent un spectacle gratuit tout l’après-midi et toute la soirée, les meilleures places pour en profiter étant en étant assis avec une consommation du bar même si ce n’est pas obligatoire. On en a profité plusieurs fois, quitte à prendre un verre autant le faire avec une jolie démonstration. C’est vraiment du show pour gringos mais on en est, assumons.

D'abord les amateurs...

©Raph

Ensuite les pros!

Le tango est une danse... intime...








Sinon le dimanche pendant le marché le tango est maintenu mais cette fois c’est bal ouvert, qui veut danse, c’est moins formel. Des gens de tous âges dansent ensemble, c’est mignon. Certaines femmes changent leurs baskets pour des talons qu’elles cachaient au fond de leur sac et c’est parti. Une video ICI.

J’ai d’ailleurs moi-même craqué à ce sujet et j’accuse ici publiquement Gaëlle et Rémy de m’avoir poussée au vice. Visite dans une boutique de chaussures de tango repérée par Gaëlle qui avait une commande de l’un de ses amis français. On manque de rater l’entrée car c’est un rez-de-chaussée d’immeuble résidentiel, on sonne et on se fait ouvrir par une femme qui nous nous fait entrer dans une boutique très chic, avec canapés etc.


Finalement Gaëlle ne pourra rien pour son pote mais on commence à essayer les modèles « pour le plaisir ». Tu parles, je repars avec deux paires. Heureusement Nico avait craqué avant sinon j’aurais eu les gros yeux. A la place, j’ai un Rémy avec des phrases du type « Mais évidemment prend les deux, pourquoi tu te poses la question », « Tu as hésité une demi-heure de trop tu aurais dû prendre les deux tout de suite », « Tu n’auras jamais cette qualité à ce prix en France ». Ah bah merci Rémy.

Nico en plein calvaire



Rémy vient de voir le prix


Mais notre plus jolie expérience de tango a été au Bar Sur, qui propose un spectacle tous les soirs dans une petite salle intime. Nous avons cherché longtemps le lieu où faire notre spectacle de tango que tout le monde attendait avec impatience, nous avions peur de tomber dans un traquenard à touristes mais finalement on a passé une excellente soirée vraiment très proche de ce qu’on espérait.
Seuls reproches, le prix un peu élevé (presque 50€) mais pour cela on a 5h de spectacle de qualité, et une salle remplie de touristes mais ce n’est pas non plus vraiment désagréable car il y a peu de monde et le public sait se tenir.
Désolée pour la qualité des photos et des vidéos, tout est pris avec mon téléphone portable!

Six ou sept musiciens se relaient pour jouer des classiques de tango, avec un piano, une contrebasse, un bandonéon (un petit accordéon)... La patronne vient chanter de temps en temps, en faisant parfois participer le public. « Por una cabeeeeeeeeeeeeza… ». Les mecs font des prouesses solo sur une chanson qui nous restera en tête une bonne partie du séjour argentin.
ous trouverez ICI une video presque audible filmée par quelqu'un qu'on ne connait pas du tout mais  où l'on entend la chanteuse qui était là le soir où nous étions.



Et au milieu de tout ça, deux jeunes couples dansent devant nous, entre les tables, ce qui laisse peu de place mais ils arrivent à faire des pas vraiment sportifs et spectaculaires.
Attention, encore une fois c'est de la qualité téléphone portable, surtout le son qui est une vraie souffrance. Mais c'est histoire de vous donner une idée!



Les jeunes femmes sont tout à fait charmantes, ce qui ne laisse pas les mecs indifférents. Mais le plus drôle est qu’ils font leurs beaux à la table en parlant d’elles, mais dès qu’elles viennent les chercher pour un petit cours de danse, alors là ils deviennent tout gauches, osent à peine leur tenir la taille et dansent timidement. Bravo les machos du dimanche !



Alors que nous les filles, la classe. Nous nous mouvons avec grâce, collés serrés avec les charmants danseurs. Enfin c’est ce qu’on espérait avant de voir les vidéos, en réalité ça reste pas terrible, mais on s’en sort quand même mieux que nos amis.
Au final, nous restons de 21h30 à presque 2h du matin et nous avons eu une bonne dose de tango, dans en environnement cosy et chaleureux, une très bonne expérience.

Les autres photos sont LA et la suite de Buenos Aires arrive.

3 commentaires:

  1. Ahlala Buenos Aires!!
    Pour info, c'est pas en bord de mer, mais plutot au bord du rio de la Plata ;-)
    Profitez bien boludos!!

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  2. @NicoS: He mais le mec pas relou déjà! Jaloux! :)

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  3. Baroooon !
    J'arrive pas à retrouver la chanson que nous a fait reprendre la chanteuse du Bar Sur ! :)

    Merci pour le CR, les photos et les vidéos, ça fait plaisir de s'y replonger.

    Besitos,
    Raphaël

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