samedi 22 janvier 2011

Puerto Madryn et Península Valdés

Lundi 6 décembre – Buenos Aires / Puerto Madryn

Fin de nos aventures à Buenos Aires. Rémy nous a quitté pour passer une petite semaine à Montevideo, une dose de vie citadine en plus plutôt que de fricoter avec les baleines et les manchots.

Pourtant, c'est plutôt joli non?



Check-out expéditif, heureusement car il aurait été malvenu de la part de la propriétaire de se plaindre de quoi que ce soit étant donné l’état de l’appartement tel qu’elle nous l’avait laissé.
Nous embarquons à 13h dans le bus qui nous emmènera à Puerto Madryn au bout d’un voyage de 1500 km en une vingtaine d’heures. C'est vraiment incroyable à quel point en voyage on est prêts à parcourir des distances hallucinantes, ce qu'on ne ferait évidemment pas à la maison. Si un touriste nous disait qu'il voulait faire Amsterdam-Marseille en bus de nuit on lui rirait au nez en lui disant d'arrêter de faire n'importe quoi non?
Films pourris, nourriture passable, du grand classique.
Seule perturbation notable : l’homme qui ronfle le plus fort du monde. Gaghoo s’en souviendra longtemps.
Et quand même de jolis paysages.



Mardi 7 décembre – Puerto Madryn

Nous arrivons à Puerto Madryn au petit matin, un peu en vrac de ce long trajet. Un pick-up était prévu de la part de l’hôtel. Nous attendons donc devant la gare routière, en vain. A 9h nous décidons de marcher jusqu’à l’hôtel. Nous sommes accueillis par une dame un peu bizarre dont il est impossible de dire si elle est contente ou pas de nous voir. En tous cas elle ne se souvient pas de notre réservation. En fait si, mais elle pensait que c’était pour deux. Allez savoir d’où elle a compris ça dans un mail qui dit « para 6 personas ». On se retrouve dans le plus petit dortoir jamais vu, trois lits superposés dans une pièce de 9m². Au moins c’est cosy.

Malgré le mauvais temps, nous partons en exploration. Puerto Madryn est une petite ville portuaire qui a connu un essor considérable depuis une vingtaine d’année grâce à l’industrie de l’aluminium et le tourisme. Elle n’a pas beaucoup de charme, malgré une promenade le long de la plage que l’on aurait aimé voir dans plusieurs villes jusqu’à présent.

Pizzas, achat de tickets de bus, réservation du tour du lendemain, l’après-midi et la soirée se passent tranquillement.

Mercredi 8 décembre – Puerto Madryn : Península Valdés


Nous embarquons dans un mini-bus pour un tour organisé de la péninsule Valdès, un parc national classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco pour ses richesses naturelles et sa faune unique.
Notre guide, Ugo, devient rapidement le chouchou de Gaëlle. « Ugooooooooo, est-ce que je peux goûter le mateeeeeeeeeee ? »

On commence par le centre touristique qui donne les informations principales sur la péninsule. On y apprend en particulier la différence entre lion et éléphant de mer, et par exemple également que les baleines ont des mains. Enfin je ne pense pas qu’un biologiste soit d’accord, mais franchement, c’est une main non ?


Le centre a un observatoire duquel on peut apercevoir un îlot qui est censé avoir inspiré Antoine de Saint-Exupéry, qui connaissait bien la région puisqu'il était responsable du développement de l’Aéropostale argentine en Patagonie, pour sa description de l’éléphant avalé par le serpent. On vous laisse juge.


Sur le chemin, on croise des maras, une bestiole entre le lapin et le chien. C'est assez moche, et surtout la plupart des gens les trouvent inquiétants car on a l'impression d'être dans un monde de géants où, comme le dit Gaghoo, si les lapins sont de cette taille on se demande bien quelle taille font les animaux costauds.
Difficile de se rendre compte de l'échelle sur la photo suivante, mais pensez à un gros chien.


On se dirige ensuite vers le nord de la péninsule pour rendre visite à nos amis les manchots. On peut les approcher vraiment de près, ils posent, de parfait sujets à touristes. Nous sommes en pleine période de reproduction donc on peut voir des œufs et des petits.



Suivez mon regard...



C'est assez rigolo, on les voit souvent prendre des bains de soleil:






Puis direction les éléphants de mer. Le spectacle est vraiment comique : des touristes armés de leurs appareils photos, zoom au max, attendant le moindre signe de vie de la part de mollassons obèses échoués sur la plage, tellement immobiles qu’ils paraissent morts, et des rafales de clics dès qu’une nageoire bouge. Mais on s’inclut volontiers dans ce cirque. Les éléphants de mer sont réellement les animaux les plus flemmards qu’on ait jamais vus et c’est un bonheur à regarder. Et ça en rassure certains car quand on voit l’effort suréléphantesque que ça a l’air de demander de ne serait-ce que lever une nageoire, ou encore, soyons totalement fous, se retourner, voire, pour les hyperactifs sous Redbull, se délacer de 2 mètres pour trouver un coin de sable plus frais, passer un week-end avachi dans le canapé à boire des bières parait le summum de l’activité physique. Donc évidemment, les photos ne sont pas très dynamiques.


Tellements actifs qu'ils paraissent morts
Ils projettent des galets pour récupérer un peu de fraîcheur... Attention c'est l'effort de la journée.
Trop d'activité...
... ça fatigue.

Patron, remets une tournée!
La mue, pas super sexy
Les doigts de pieds en éventail
En comparaison, leurs cousins les lions de mer, plus petits, plus poilus, de la famille des otaries et non des phoques, sont de petits nerveux. Attention hein, on ne parle pas non plus d’en faire trop, mais quand même, ils se déplacent plus, lèvent la tête de temps en temps pour inspecter les environs et vont même nager. Enfin on parle des femelles, les mâles se contentent de faire les beaux sur la plage. Ce ne sont pas des lions pour rien, ce sont les dames qui vont chasser et nourrissent la famille.
Sur cette plage, seulement un couple de lions de mer est perdu au milieu des éléphants, mais on aura l’occasion d’en voir beaucoup plus par la suite.







Après ces rencontres bien rigolotes, un petit pique-nique entourés de créatures bizarres : tatou, araignées géantes… et on repart.




Cette chose faisait bien 10 cm de long...




Nous avons rendez-vous avec des bestioles encore plus grosses : les baleines franches, qui étaient appelées ainsi par les pêcheurs car c'était l'espèce qu'ils recherchaient particulièrement, pour leur masse importante de graisse.

Rien de tel qu’un petit gilet de sauvetage pour souligner notre élégance naturelle.






Nous embarquons sur un bateau avec une vingtaine d’autres personnes pour une heure et demi de navigation, pas très loin de la côte. Nous sommes en fin de saison mais a priori les baleines sont encore dans le coin.

Effectivement, assez rapidement le capitaine nous montre une bosse qui dépasse de l’eau au loin, le bateau s’approche et commence le show. Pendant une bonne heure, on aura l’occasion de voir plusieurs femelles et leurs petits à 3 ou 4 endroits différents. Nous ne sommes pas forcément très branchés animaux à la base, mais franchement là nous sommes bluffés. Ce n’est pas évident à décrire, mais ces énooooooooooormes bêtes (quand l’une d’elles est passée sous le bateau sous mes yeux, je me suis vraiment rendue compte à quel point c’est immense) très calmes, qui font à peine de bruit, avec leur peau luisante, les callosités blanches qui ressortent, c’est un peu surréaliste. Ce sont vraiment des animaux hors du commun, hors normes.
Photos, photos, photos. Impossible de choisir donc j'en ai mis vraiment beaucoup! Prenez votre souffle!


Les callosités caractéristiques







D'après vous, qui est le plus grand prédateur de la baleine franche?  ... la mouette. Sans rire. Elles se posent sur tout ce qui dépasse et picorent la peau, à la recherche de la graisse. Effectivement:



Entre autres pour chasser les mouettes collantes, la baleine se tourne pour se mettre sur le dos, imitée par le petit:









Elle passe sous le bateau
Pour l’anecdote, certains personnages du bateau permettent même de se divertir entre les séances baleine, notamment un jeune homme tout à fait désagréable qui se plaint que les baleines ne soient pas sur un fond totalement bleu mais qu’il y ait la terre derrière, donc qu’il ferait usage de Photoshop (on ne pourrait pas se faire un remake de Moby Dick et le balancer dans la gueule de la baleine celui-là ?), mais surtout surtout Bernaaaaaaaaard. Bernard, qui doit certainement se faire appeler Nanard dans l’intimité, ça lui va comme un gant, est un homme qui a le mérite de ne pas se laisser emmerder, il faut lui reconnaître cette qualité, mais en contrepartie, il est quand même totalement incontrôlable, mal élevé et ne comprend rien. En même temps, en voyant sa femme on le plaint. Bref, du grand spectacle sur le bateau, et parfois on a un peu honte d’être Français.

Après cette parenthèse, finalement pas si éloignée de notre sujet puisque ces messieurs relèvent quand même du domaine animalier, le capitaine nous annonce qu’on rentre au port, on se dit qu’on a eu bien de la chance, qu’on a vu pas mal de baleines et qu’elles nous ont gâtés. Le calme revient  sur le bateau, on profite de cette très belle fin de journée et du beau paysage.
Au bout d’une dizaine de minutes, le capitaine s’excite et nous montre au loin un petit baleineau en train de communiquer avec sa mère en claquant l’eau avec sa queue. On voit effectivement des splashs et de grands mouvements hors de l’eau.







On s’approche et là c’est le bouquet final, la mère et le bébé nous font le show et posent pour les photos, à quelques dizaines de mètres de nous. On se demande combien de tonnes de plancton ils demandent pour ce numéro, impossible qu’ils n’aient pas été payés. La dernière image est celle des deux queues dans les reflets du soleil couchant, la classe.

 












On revient donc contents comme des gamins.

Soirée tranquille dans un resto de fruits de mer, et petite helado (« heladito » comme ils disent, comme pour tout d’ailleurs, tout est petit, un « cafetito », un « momentito », « 5 minutitos »…) en dessert, bonne journée.

Les autres photos sont LA.

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