mercredi 23 mars 2011

Croisière Navimag et fjords

Lundi 3 janvier – Puerto Natales

Nous passons la journée à traîner à l’hostel en profitant des dernières heures d’accès internet avant plusieurs jours.
Je pars l’après-midi en mission cadeaux pour l’anniversaire de Nico du lendemain mais dans un petit patelin ce n’est pas évident, sachant en plus que nous n’avons pas la place pour du poids inutile. J’opte pour un pantalon de rando assez technique, mieux vaut tard que jamais car Nico a fait toutes nos randos jusqu’à présent en jeans, se prenant d’ailleurs des remarques à moitié admiratives à moitié étonnées de la part de certains autres marcheurs. Pas super sexy comme cadeau mais utile !
Ce soir nous embarquons sur un cargo pour une croisière de quatre jours dans les fjords. L’anniversaire aura donc lieu sur le bateau. Je pars donc me renseigner pour savoir s’il est possible que Nico ait un gâteau surprise demain soir. On me dit une première fois que je peux en introduire un discrètement avant l’embarquement des passagers, ça me va. Finalement non je dois l’apporter en même temps que nous embarquerons. Aie, pas super discret, ça me convient moins. Je tente une dernière fois ma chance au comptoir d’enregistrement : « Pas de problème mademoiselle, on va demander au chef d’en préparer un, on lui offrira lors du dîner devant tout le monde ! » Oooh c’est gentil, parfait, merci charmant jeune homme !

21 heures, nous sommes au rendez-vous sur les quais. On retrouve Ray, un jeune Australien avec qui on avait partagé un dortoir à Ushuaia (ainsi qu’avec la fameuse « Fesse-Molle »…), Drew , un Anglais, et un  Roumain croisés rapidement à l’hostel d’Alejandro, au moins on est sûrs de connaître quelques têtes.


Les portails s’ouvrent, tout le monde se dirige vers le bateau et part à la découverte des lieux. Le bas du cargo est réservé aux marchandises mais il est pour l’instant vide. On monte sur les ponts supérieurs, où s’alignent les cabines. Ce sont de longs couloirs très étroits qui paraissent un véritable labyrinthe, avec des centaines de portes donnant sur des cabines, des salles de bains et d’autres pièces mystérieuses (pas du tout mais c’est histoire de dire qu’il y a plein de portes partout). On découvre que notre cabine de 4 lits a un hublot, ce que nous n’avions pas prévu. Nous avons donc été surclassés, cool ! Œuvre du charmant jeune homme du check-in grâce à l’anniversaire de Nico ? En tous cas on est bien contents.
Elle est toute petite, quatre lits superposés avec des rideaux pour avoir un peu d’intimité, séparés d’un cinquantaine de centimètres, et quatre petits placards au niveau de la porte. Cosy.
On fait la rencontre de Harry et Helen, nos deux colocataires anglais pour les jours à venir. On est soulagés de voir qu’ils ont l’air super sympas, c’était un peu l’angoisse de tomber sur des boulets. Dans un espace où on ne tient pas tous les quatre debout en même temps, c’est un sujet sensible.
On se fait la réflexion tous les quatre qu’il y a vraiment une ambiance de rentrée des classes, tout le monde est excité de découvrir les copains de classe et l’emploi du temps ! C’est marrant.
On va ensuite faire un tour dehors pour admirer le coucher de soleil sur Puerto Natales et les environs.





Il y a effectivement une atmosphère assez agitée, tout le monde est en exploration.
Il y a entre autres une grande salle de restaurant et un bar avec des canapés et des fauteuils à l’air bien confortable, sur le dernier pont.

Tout le monde va se coucher petit à petit, on fait comme tout le monde. On s’endort au son du chargement des marchandises, avec des opérations qui secouent le bateau avec des claquements métalliques. Mais les lits sont confortables donc on s’effondre sans trop de souci.

Mardi 4 janvier – Croisière Navimag


Premier réveil sur le bateau. On a bien dormi.
Petit déjeuner en self-service dans l’énorme salle de restaurant, c’est un peu basique au niveau qualité mais il y a du choix et de la quantité.
On enchaine avec le briefing de sécurité et le programme de la croisière.

En fin de matinée, présentation sur la formation des glaciers. Intéressant mais un peu léger. C’est l’animateur qui s’improvise scientifique donc forcément… Mais on apprend une ou deux choses.

Ce blog ayant l'ambition de placer subrepticement (pfiu, compliqué) quelques touches de culture, je me permets de vous copier-coller du pur Wikipedia concernant les fjords, car pour moi en tous cas, à part un yaourt, ce mot n'évoquait que des contrées lointaines et glaciales, je n'avais aucune idée de ce dont on parlait.

"Un fjord ou fiord est une vallée glaciaire très profonde, habituellement étroite et aux côtes escarpées, se prolongeant en dessous du niveau de la mer et remplie d'eau salée. L'eau de surface des fjords est très peu salée : elle est en grande partie issue de torrents et de la fonte des neiges. Il s'agit d'une eau froide mais douce. Moins dense que l'eau salée de la mer, cette eau ne s'y mélange que lentement et la surface de la mer reste donc assez douce." Voilà, on s'endormira un tout petit peu moins idiots.

Déjeuner tranquille et après-midi toute aussi tranquille à se balader sur les ponts en admirant les vues des fjords, à traîner au bar à lire, écrire, manger des glaces, papoter… La belle vie quoi.
On pensait être un peu tous seuls mais en réalité on parle avec pas mal de monde bien sympa donc la journée passe très vite.

En revanche il fait vraiment très moche et le paysage défile plutôt en version gris. Mais n'en reste pas moins joli.

Un "glacier suspendu"



En fin de journée, l'animateur vient me chercher au bar alors que je suis avec Nico. Tout le monde se demande bien ce qui se passe. Il me demande de traduire en français un mot du capitaine pour l'anniversaire de Nico, sympa. Pour l'occasion, on entre dans le quartier des officiers pour récupérer le papier en question. En ressortant, on croise un type qui blague avec l'animateur sur le fait qu'il n'y a pas souvent de jeune femme dans le coin... Quand je retrouve Nico, je galère à trouver une excuse potable pour cette convocation mystérieuse...
Pendant le dîner, Nico est appelé au micro devant tout le monde et récupère sa bouteille de champagne. Car oui, il n'a finalement pas droit au gâteau promis. On se retrouve donc à offrir le champagne à la ronde.


Grâce à moi, les deux autres anniversaires ayant lieu pendant la semaine aura droit au même traitement, fière de moi. Bon, j'aurais préféré un gâteau mais on ne fait pas toujours ce qu'on veut, et puis disons que passer son anniversaire dans les fjords chiliens, c'est peut être ça le vrai cadeau.

Mercredi 5 janvier – Croisière Navimag

Lever très matinal car nous débarquons à Puerto Eden avant le petit dej.
On nous a expliqué : Puerto Eden n’est pas du tout un port, c’est un petit village qui a été créé au début du XXème siècle comme station météo et qui était prévu pour être accessible par avion. Il est au bord de l’eau donc évidemment on peut y arriver par bateau mais le débarquement de centaines de personnes par cargo non. On enfile donc nos magnifiques gilets orange, on fait la queue et on remplit de petits bateaux arrivés du village. On est tout mignons. Et ce qu’on pensait être une blague n’en est pas une : nous devons les garder sur nous même pendant la balade. Ooooh, je ne pense pas avoir été aussi ridicule depuis longtemps. Sans compter qu’on doit rester sur les chemins tracés. Très contrôlé, pas très agréable a priori.





Mais l’arrivée était très jolie avec ces petites maisons colorées sur les flancs des collines, le petit port… On oublie vite les contraintes en se promenant autour du village, c’est vraiment charmant.
Le lieu est tellement isolé qu’on n’arrête pas de se demander à quoi peut bien ressembler la vie des gens ici. Apparemment il n’y a pas grand-chose d’autre que la pêche…











Police à 3 mètres, Poste à 25, ça devrait aller, on ne devrait pas se perdre...
 De retour sur le bateau, petit déjeuner pour nous récompenser de nous être levés aussi tôt. Et le reste de la journée sera consacré aux activités typiques d’une croisière, comme la veille : manger, boire, regarder les paysages, lire, écrire, discuter.




Petite exception avec un film dans l’après-midi pour moi, mais je ne peux pas en voir la fin car on nous avait prévenus mais nous allons passer 12 heures en pleine mer alors que jusqu’à maintenant nous étions dans les fjords donc en eaux plutôt calmes. Ca risque donc de secouer.
Effectivement, à partir de 18 heures, on sent la houle qui balance le cargo pourtant imposant de gauche à droite. Assez rapidement je constate que mon mal de mer qui m'avait bien handicapée lors de la croisière en voilier avec nos amis en octobre dernier n’était pas une exception, je n’ai pas le pied marin. Je vais me coucher rapidement.

Je me tire du lit quelques heures après pour tenter le dîner. C’est du grand n’importe quoi dans la salle de restaurant, les plateaux glissent des tables, les verres se brisent par terre, les gens mangent en tenant les différents éléments de leur plateau, les personnes debout ont du mal à le rester, bref c’est la vie en mer. Le temps de faire la queue pour être servis et je me sens à nouveau mal, hop direction la cabine et le lit. Nico avale ses spaghettis en quatrième vitesse et me rejoint dans le sommeil.

Jeudi 6 janvier – Croisière Navimag

La nuit a été bonne malgré le mouvement. On se lève un peu perdus d’avoir autant dormi et on se traine au petit dej. C’est un peu mieux que la veille mais ça reste agité. Retour au lit, je me relève en fin de matinée. J’aurais dormi une vingtaine d’heures pratiquement d’affilée.
En tous cas ça valait la peine, maintenant il fait magnifiquement beau, le cargo est repassé dans les fjords dont on est au calme et il est temps de profiter à nouveau de la croisière.

Harry et Helen profitent du beau temps




Exercice d'évacuation pour l'équipage



Les ponts sont envahis de monde qui lézarde au soleil. Certains jouent aux échecs.



J’apprends par hasard qu’une visite de la salle des machines est organisée. Ce n’est pas une activité qui a été annoncée car l’équipage ne veut pas qu’il y ait trop de monde. On passe par petits groupes de 4 ou 5 et on descend à 4m au-dessous du niveau de la mer, dans le fond de la cale. On est accueillis par le, en gros, chef mécanicien en second et son équipe, totalement adorables et surtout ravis d’avoir des jeunes femmes dans ce soin du bateau. On peut lui poser des questions, il prend le temps d’y répondre. Par deux, on met des casques anti-bruit et on entre enfin dans l’antre des machines. C'est évidemment un labyrinthe de tuyaux et de… machines. Notre guide nous suggère d’enlever le casque quelques secondes pour avoir un aperçu du bruit. Je n’ai sincèrement jamais entendu un truc aussi fort de ma vie, totalement assourdissant. Je pense que sans casque on devient fou en moins de 10 minutes ici, c’est vraiment incroyable.




Humour marin: "A utiliser en cas d'extrême urgence". Ha ha ha.

De retour à la surface, je capte la fin d’un autre film, que je peux regarder jusqu'à la fin cette fois.
Pendant ce temps, Nico lit, fais la sieste au soleil, mange des glaces, bref rien de bien violent non plus.
Le coucher de soleil est magnifique.




En revanche en soirée ça ne rigole plus. Dernier soir de la croisière donc: bingooooooooooooo !!! Et oui notre cher Loto… Ca faisait bien 20 ans qu’on n’avait pas joué. Nous achetons tous notre carton par humour.
Après le dîner, tout le monde se rassemble au bar. Attention les yeux, la boule à facettes est de sortie. Les bières et les bouteilles de vin sont déjà bien entamées, on est chauds bouillants.
Notre ami l'animateur en chef arrive affublé d’un chapeau de Monsieur Loyal, c’est bon, l’ambiance est au top.
Il nous annonce les règles. En gros il y a un gagnant pour la première ligne, un deuxième pour les deux lignes sans avoir touché au carton de la première manche, et ainsi de suite jusqu’à la finale qui se joue sur le carton entier.
Pour pimenter le tout, chaque gagnant ou au contraire chaque personne qui dit « Bingo » de manière injustifiée, doit venir danser devant tout le monde.
Plus les manches avancent, plus on a bu, plus c’est drôle. Ca gagne, ça danse, ça repart avec un stylo Navimag, ça perd, ça danse, c’est se ridiculise, on rit.
Le clou du spectacle est atteint lorsque on oblige Nico, qui commençait à se cacher sous la table, à crier « Bingoooooooooooooooooo ! ». Il se dirige à reculons vers le devant de la scène, accompagné d’un autre passager qui a également fait ses lignes. La musique est lancée… Et Nico se lance dans une danse dont il a le secret qui met tout le monde par terre de rire. Ok l’alcool aide mais quand même, Nico a une touche incroyable. Il est acclamé et repart avec sa superbe casquette Navimag. Comme par hasard, Nico voulait changer la sienne, je parie qu’il va m’annoncer qu’il a l’intention de réellement porter cette horreur dans la vraie vie. Merci Navimag.
Bref, on est pliés de rire, Nico a fait le show. Les gens autour de nous le complimentent, Dhruve est mort de rire et n’arrête pas de dire qu’il est énorme, que c’est la meilleure danse jamais vue.




Après cette starisation bien marrante, on repart pour la manche suivante.
Comme on continue sur les mêmes cartons, Nico remplit une nouvelle ligne. « Bingoooooooooooooo » !!! Il se retrouve devant tout le monde une nouvelle fois, encore avec le même type qui a gagné lui aussi.
Tout le monde sait à quoi s’attendre maintenant et il est applaudi et sifflé d’avance. Une nouvelle danse qui ne ressemble à rien et en échange il reçoit une bouteille de vin. On s’apprête à l’ouvrir mais notre voisin hollandais nous dit que c’est vraiment une bonne bouteille et que ce serait dommage de la siffler dans ces conditions. Ok, on l’apportera à Sara et Raphaël pour la déguster à Tahiti !
Le bingo se termine mais les gagnants suivants sont moins drôles.


Une partie des gens disparaissent ensuite mais la musique continue et on est invités à aller danser. C’est timide, voire un peu triste. On décide de se bouger un peu le fesses et on va squatter la piste.





L’ambiance tombe petit à petit, Nico va se coucher, tout le monde part chacun de son côté. Je décide d’aller faire un dernier tour sur le pont et de profiter du calme et des étoiles.



En rentrant dans le bateau, je croise notre ami roumain. On papote un long moment, j’apprends entre autres qu’il a été champion national junior de Roumanie de patinage artistique, que s’il avait continué alors qu’il a arrêté à 21 ans il aurait été aux JO. Classe ! Il a préféré privilégier ses études, a terminé son PhD en informatique et va bosser pour Google à son retour. Il y a des gens qui ont des vies intéressantes.

La soirée sent la fin, je vais me coucher.



Vendredi 7 janvier – Isla de Chiloe et Castro
C’est la fin de la croisière. Après un dernier petit dej, on débarque à Puerto Montt.



Echange d’adresses emails avec tout le monde, on a rencontré des gens bien sympas.


Les autres photos sont LA.

1 commentaire:

  1. Superbe... cette croisière avait l'air d'être magnifique !
    Et je revendique le TM pour la danse™ ! Ou, au moins, on l'a inventée à deux avec Nico...

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