mercredi 9 février 2011

El Chalten et Fitz Roy

Mardi 14 décembre – El Chalten

Départ pour la petite ville d’El Chalten située également dans le Parco del Glaciares, au pied du Fitz Roy. Elle a été créée de toutes pièces en 1985 comme un petit bastion argentin permettant de revendiquer et d’affirmer le tracé des frontières contestées avec le Chili.

Sur la route:





Le bus s'arrête pour une première série de photos du Fitz Roy que l'on aperçoit en s'approchant de la ville.




Tous les bus entrant en ville s’arrêtent d’abord au centre des rangers du parc pour une séance d’informations et accessoirement de remontage de bretelles sur les choses à faire et à ne pas faire pour préserver les lieux. Attention, ça ne rigole pas. Un groupe de jeunes Israéliens en a fait les frais...

On traverse la petite bourgade à pied pour rejoindre notre hôtel, ce qui nous permet de découvrir un coin tranquille, avec de petites maisons plutôt proprettes, énormément d’auberges et des restaurants.
Mon pote Laurent venu quelques mois avait supposé que c’était la ville d’Argentine qui devait avoir le plus haut taux de suicide et déplorait le résultat apparent de la consanguinité, mais pour nous c’est tout le contraire, on a beaucoup aimé. Le guide annonçait, « en tant que ville la plus jeune d’Argentine, elle a encore à régler de petits détails comme les banques, les routes et le zonage ». C’est un peu exagéré, ça commence vraiment à prendre forme, les centaines de milliers de touristes qui débarquent ici chaque année poussent au développement. Il vaut certainement mieux y être en été qu’en hiver c’est sûr mais il y a moyen d’y passer de bons moments.

En tous cas notre hôtel est sympa avec ses parties communes en bois très chaleureuses, notre chambre, si durement gagnée après les interventions contre-productives de Mamie, est parfaite.

Je décide de rester profiter de tout cela et de m’occuper un peu du blog pendant que les autres vont faire une petite balade vers un point de vue facile d’accès. Ils peuvent apprécier toute la chaîne de montagnes de cette partie du parc, mais la plus connue est le Fitz Roy, nom mythique et rêve d’escaladeur. Elle est effectivement majestueuse, très acérée.
En revanche le Cerro Torre, l’autre grand nom, est invisible, planqué derrière une barbe-à-papa de nuages en permanence. On ne le voit tellement jamais qu’on se demande si ce n’est pas un mythe. Même sur la plupart des cartes postales il n'apparait pas.






On se rejoint en fin d’aprem au glacier voisin (le monsieur qui fait des glaces au chocolat, pas la formation géologique hein, dans cette région ça peut prêter à confusion), bon petit plaisir.

On sort dîner sous un magnifique coucher de soleil vers la parilla également voisine. On aura passé notre temps à El Chalten dans une seule rue, mais par contre on l’a explorée en long en large et en travers, les trois restos, le bar et le glacier voisins de l’hôtel y seront passés.
Nico commande un bife de lomo, soit un bon morceau de bœuf comme l’Argentine sait en faire. Mais il arrive trop cuit, ce qui a le don de mettre Nico de très mauvaise humeur. Sentant qu’on allait entendre des « Non mais c’est inmangeaaaaaable », « Aaaah non mais je peux pas bouffer ça » à toutes les bouchées pendant une heure, on commence à lui dire de la renvoyer. Enfin je dis  « on » mais pas du tout, caftons, c’est Gaghoo et Rémy. Devant l’hésitation de Nico, Rémy lève même la main pour lui, trop tard. La serveuse fait la gueule, mais ce n’est rien à côté de la tête du chef. Si on pouvait égorger quelqu’un du regard, je pense que Nico serait enterré. Il récupère sèchement un autre morceau, certes moins cuit, mais pas celui commandé. Echec. Et depuis on est obligés de surveiller nos arrières car on est persuadés que le chef a envoyé son beau-frère le serial-killer à nos trousses…

Mercredi 15 décembre – El Chalten et Laguna Torre


Le petit déjeuner de l’hôtel est servi dans le café voisin, très bonne initiative car c’est leur métier et ça se sent, il est parfait, un buffet comme on les aime, qui fait plaisir de bon matin et permet de prendre des forces pour la marche de la journée.

Gaëlle décide de rester bouquiner avec ses amis Michael et Lisbeth, on part donc à cinq.
La balade commence juste derrière les maisons et rapidement on trouve un joli point de vue sur la ville.





Une fois passée la colline, on continue à monter petit à petit, avec de très jolies vues sur les montagnes environnantes, des cascades, des torrents à l’eau laiteuse des glaciers comme on les aime, des plantes rigolotes.

Le mashmallow de nuages







Le temps est plutôt agréable mais le vent forcit au fur et à mesure qu’on avance. Dans la deuxième partie de la rando, les zones découvertes sont très exposées et on retrouve vraiment les conditions exceptionnelles qui ont obligé à l’annulation de la croisière à El Calafate. Un guide et un couple décident de rebrousser chemin. Des personnes croisées en sens inverse nous préviennent que le vent est absolument incroyable au niveau du lac où se termine notre marche, tellement fort qu’on ne peut pas avancer.

Temps très variable, on range et on sort les kways en permanence
On décide de continuer malgré tout mais c’est vrai que la petite pluie, qui s’accentue à l’approche des rares mais gros nuages concentrés sur les cimes des montagnes en face de nous, nous fouette tout ce qui dépasse des vêtements.


Plus on s’approche, plus le vent devient effectivement puissant. Sur la toute dernière partie, on peut à peine avancer droit, nous sommes obligés de nous pencher pour limiter la prise au vent, on force sur les jambes. Dans la dernière ligne droite les rafales sont tellement fortes que je suis projetée hors du sentier sans aucun contrôle, idem pour Rémy qui est pourtant moins un petit gabarit. Et encore, nous sommes légèrement abrités par un tas de roches.



Une fois passée celle-ci apparait le Lago Torre, notre but, mais on peut à peine l’apercevoir à nos pieds car impossible de tenir debout, la pluie nous lacère le visage, les yeux se ferment tous seuls. Heureusement il y a un petit muret en pierres pour ces cas désespérés. On se précipite derrière. L’effet est saisissant, moins de bruit, le vent se sent à peine, on est bien. En revanche dès qu’on se lève un tout petit peu pour jeter un œil au lac alors on se reprend une dose de nature en folie dans la tête. On fait l’effort pour voir arriver Raph et Gaghoo et rigoler de leur galère. On se croirait dans un Buster Keaton, le tout petit format de Gaghoo ayant du mal à lutter face à la puissance des éléments. Elle se fait projeter à gauche à droite.





A l’abri, on arrive même à déjeuner tranquillement.





On repart dans l’autre sens, aidés par le vent cette fois dans le dos mais quand même désagréable. Mais comme à l’aller le temps change radicalement vers le milieu du parcours et on finit la balade sous des cieux beaucoup plus cléments. Je traine à l’arrière pour m’amuser avec des photos de la flore locale.








Spéciale dédicace à Gaghoo





Au bout de nos 7 heures de marche, on en a bien plein les bottes et on se pose au bar à bières voisin de l’hôtel (je vous l’avais dit, tout s’est passé dans un rayon de 100m autour de l’hôtel pendant ces deux jours). Dans cette microbrasserie, en toute logique je commande une poire au vin-cannelle-chocolat. Et ben moquez-vous mais elle était divine, totalement parfaite.



Gaghoo et Raph nous quittent en fin de journée pour rentrer à El Calafate car ils ont prévu un tour au parc Torres del Paine côté chilien le lendemain.

Rémy, Nico et moi décidons de dîner à peu près… 5 mètres plus loin, au Fuegio qui accueille nos petits déjeuners, et qui s’avère aussi doué en vrais repas. On se régale vraiment, un vrai bon plaisir de resto.

Une belle journée !

Jeudi 16 décembre – El Chalten


Un bon petit déjeuner comme au Fuegio permet de commencer la journée du bon pied, de se donner de l’énergie, de faire des projets fous pour ce nouveau départ, de profiter à 100% du fait d’être dans un endroit aussi reculé et unique.
Gaëlle et moi décidons donc de rester à l’hôtel pour bouquiner et blogger. Bilan de la journée : l’empreinte de nos fesses, extrêmement jolies soulignons-le, dans les fauteuils de la mezzanine super agréable de l’hostel. Je dis fauteuil mais Gaëlle aimerait certainement que je rende hommage ici au canapé qui l’a accueillie pendant quasiment la totalité de son temps passé à El Chalten. De taille parfaite pour une personne avachie, usé juste ce qu’il faut pour être comme à la maison dedans, c’est devenu son meilleur ami, on peut le dire.
On a quand même décollé extrêmement tôt, au moins à … pfiu… 14h30, pour aller déjeuner 100m plus loin, toute une expédition à laquelle on se préparait psychologiquement depuis 10h du matin. Mais ça valait la peine, les plus gros, ce qui ne veut vraiment pas dire meilleurs, hamburgers d’Argentine à n’en pas douter.

Pendant ce temps, ces hyperactifs de Rémy et Nico partent en balade autour d'un lac qui permet d’avoir un point de vue magnifique sur le Fitz Roy. Sa cime est entourée de nuages comme d’habitude et à l’heure prévue du retour toujours pas de photo parfaite. Un peu de persévérance et à 14h10 il est totalement nu, la photo est dans la boîte.




Rémy attaque




On se retrouve pour un dernier pot à la microbrasserie et nous reprenons le bus pour rentrer à El Calafate. Tout le monde se rejoint à la maison, sous le regard bienveillant et protecteur de Mamie.

Les autres photos sont LA (bientôt)

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