mardi 15 février 2011

Ushuaia: suite et fin

Lundi 20 décembre - Ushuaia

Dernier jour à six de ce voyage. Nous avons donc décidé de faire une rando dans le parc Tierra del Fuego.
Equipés, pique-nique sur le dos, on se fait déposer par le bus dans le parc au départ de notre sentier qui doit nous faire grimper bien sérieusement au sommet d’une des petites montagnes du coin pour avoir un point de vue, apparemment sensationnel, sur les autres montagnes, les lacs, le canal etc. 1000m de dénivelé, 8h maximum pour l’aller-retour pour cause de dernier bus. Génial, on y croit.

Au bout de 15mn, Gaëlle craque faute de souffle et de motivation et commence à redescendre. 50m plus loin, Rémy manque de sucre et doit s’arrêter pour manger une barre. Raph est motivé mais son genou douloureux le maintient à la traine. Bon, ça ne va pas être facile d’être dans les temps alors qu’on avait peu de marge, de plus c’était censé être une activité de groupe, on redescend tous pour récupérer Gaëlle et faire une marche plus facile le long du lac.


Mais d'abord, déjeuner entourés d'animaux pas farouches.


© Raph
© Raph


Finalement Gaëlle rentre quand même sur Ushuaia, nous faisons la balade, ma foi fort sympa.













On voit entre autres des milliers de boules oranges que l’on prenait d’abord pour des fruits mais qui s’avèrent être des parasites qui envahissent tous les arbres. Parasites donc renommés presque unanimement « Tomasicus Remicus » en hommage à nos amis. Oui je sais, on n’est pas super sympas comme amis.


Sur la fin du parcours nous accélérons le pas histoire de récupérer l’avant-dernière navette au lieu de la dernière et ainsi rentrer deux heures plus tôt au lieu de poireauter. Victoire on arrive avec quelques minutes d’avance. Le lieu est splendide, avec ce ponton désert aux couleurs de l’Aéropostale, le ciel gris très bas qui crée une atmosphère mystérieuse, le contraste avec la verdure. 




Nous sommes vraiment crevés et attendons la navette avec impatience prévue à 17h10. 17h10, rien. 17h20, rien. 17h30, rien. Bon je ne vous les fais pas tous, rien jusqu’à 18h, le tout avec un froid qui tombe méchamment. Entre temps gros doutes sur le lieu de ramassage etc, on décide de remonter la route jusqu’au croisement avec la route principale. Ces quelques centaines de mètres sont lourdes sur les jambes, personnellement je suis vraiment furieuse car nous avons payé chacun 70 pesos soit 24€ pour faire un aller-retour de 10km dans un minibus même pas privatisé. Respect au transporteur, c’est quand même le business de rêve.
On comprend qu’on a raté la navette de 17h, il faudra attendre 19h20… On va faire un tour vers un lac qui n’en est finalement pas un, on revient au rendez-vous épuisés et endoloris. Lorsque cette maudite navette passe à presque 20h, on peut ajouter qu’on est frigorifiés, surtout Nico et Rémy, pas assez équipés pour. Gaëlle et moi remercions notre sponsor Alchemy pour le divertissement apporté pendant cette attente galère, et qui m’a personnellement permis de me changer suffisamment les idées pour ne pas sauter à la gorge du chauffeur (chauffeuse quand c’est une femme ?).

On rentre au chaud, douche, aaaaaaah.

Pour notre dernier dîner, on se paie le Kaupe, un restaurant élégant des hauteurs de la ville spécialiste des fruits de mer.
Résultat : délice total. On se partage du poulpe, dont Nico tombe gustativement amoureux, et un ceviche de Saint-Jacques, bon mais trop peu copieux. Ensuite tout le monde prend la même chose, la spécialité qu’on trouve partout en ville : le centolla (« centocha » n’oubliez pas qu’on est en Argentine) c’est-à-dire King crab en anglais et araignée de mer en français. Aucun de nous n’a jamais mangé autant de crabe ou assimilé dans une seule et même assiette. Toute l’araignée, déjà préparée, remplissant une assiette, sur un fond de sauce totalement délicieuse. Un ré-gal. Un bon vin et un bon dessert pour couronner tout cela, parfait. On apprécie également le service, soutenu sans être collant, et qui fournit surtout en permanence du pain chaud, ce qui est la définition du paradis pour une tablée de Français. Mais également la vue, bon un peu gâchée sur la droite par une énorme antenne, mais sinon sur le canal et le soleil couchant qui ne se couche jamais vraiment.
L’addition fait un peu mal pour l’Argentine mais les 45€ par personne ici se seraient transformés en une centaine en France donc merci le Kaupe et Ushuaia.




La tête des filles quand elles goûtent le dessert de Nico...


En redescendant en ville vers minuit, je prends une photo du ciel avec encore la lueur du soleil à l’horizon. A la sortie du bar plus de trois heures après, en pleine nuit nous ne le sommes pas, le soleil est toujours là. Nous sommes la nuit du 20 décembre à Ushuaia, à moins e 24h du solstice, il ne fait jamais noir, c’est la classe.


On finit la soirée au Dublin, le pub préféré de ces messieurs. Au bout de quelques bières nous sommes chauds pour écrire nos cartes postales à Thomas qui nous a abandonnés en route. Le texte s’en ressent ! On fait un peu le bilan, on se fout de la gueule des autres clients, on raconte n’importe quoi, bref une soirée entre potes.

Non je ne suis pas saoule. Oui je vais regretter un jour d'avoir mis cette photo en ligne!


Mardi 21 décembre – Ushuaia

Gaghoo et Raph nous quittent dans la matinée. Les quatre survivants n’en sont pas et nous larvons toute la fin de matinée, peinons à nous faire des pâtes à l’hôtel et retournons nous coucher dare-dare pour une sieste qui pourrait rester dans les annales de la sieste. Vous avec en tête tous les éléphants et les lions de mer vus dans les posts précédents ? Bon ben c’est à peu près nous, mais sur des lits superposés au lieu d’un rocher. Et en plus beaux quand même.

On se décide à bouger en fin d’aprem. Achats de cartes postales, de dictionnaire yamani-anglais, de dulce de leche pour Gaëlle, et direction notre café préféré, l’Andino. On y passera toute la fin de journée, diner compris.

Mercredi 22 décembre – Ushuaia

Nous nous surmotivons avec Nico pour nous bouger un peu et faire une petite rando vers le glacier Martial qui surplombe la ville. Taxi jusqu’au début du sentier et c’est parti pour la grimpette. Aie aie aie c’est dur pour les jambes. Mais finalement, ce qui devait nous prendre deux heures est plié en deux fois moins de temps. Incrédules, on vérifie qu’on est bien où on devrait être. Oui. Bon, voilà le glacier. On fait donc un petit extra sur les pentes glissantes histoire d’avoir un autre point de vue, et on redescend pique-niquer un peu plus bas. 


Nico insiste pour rajouter un bout qui permet apparemment d’avoir une belle vue sur Ushuaia, je traine les pieds mais on y va. Effectivement c’est chouette mais un peu trop crevée et temps vraiment pas favorable pour vraiment en profiter. On redescend.


Entre temps Gaëlle et Rémy sont partis. Ca y est on est à nouveau tous seuls. Sensation très très bizarre. Cela fait presque un mois que nous étions en groupe et retrouver le format duo va demander un temps de réadaptation…

Maintenant qu’ils sont tous partis et qu’on a enfin la parole libre de menaces et de représailles, faisons un petit bilan de leur séjour…

Le retour de la testostérone (par Nico):
Enfin des représentants de la gente masculine pour m’accompagner. 3 mois en tête à tête avec une femme, c’est bien mais 3 semaines avec des mecs, c’est mieux. Je remercie donc mes acolytes par ordre d’arrivée Thomas, Rémy et Raph pour m’avoir rappelé la vie de mecs. Ca ne paraît pas grand-chose et ça tient seulement en quelques points (listés ci-après par ordre d’importance) mais ça vous régénère un homme :
1- faire des remarques sexistes après chaque passage d’une représentante du sexe opposé,
2- parler des compositions de l’équipe de France lors du match à Chypre du 22 octobre 1988 avec notamment Carmelo Micciche ou encore du stade Lavallois saison 1985-1986 coaché par l’inamovible Michel Le Milinaire,
3- entendre un «  OUI BIEN SÛR » au lieu du « J’suis crevée » quand on propose d’aller boire un dernier verre à 1h du matin.

Merci donc à tous les trois pour votre soutien.

Filles (par Viviane)
Alors après cette déferlante d’affirmations sexistes, parlons féminité. Il est bien évident que toutes les remarques de Nico peuvent être inversées et que quelques petites touches de compagnie féminine pendant 3 semaines ça fait un bien fou.

Conversation
Ne serait-ce que de s’adresser à une jeune femme plutôt qu’à un bourrin c’est le bonheur. Alors d’accord, les conversations en question ne sont pas toujours glorieuses : potins, langue de putage, épilation, contraception, on a fait dans le cliché quitte à faire, j’avais 3 mois à rattraper.

Olfaction
Une chambre de filles, ça sent bon. Ca sent le linge frais, le shampoing qui fait les cheveux lisses et brillants et la crème hydratante qui fait la peau douce. Oui nos chaussettes puent aussi après une rando mais on se débrouille pour les planquer dans un sac plastique plutôt que de les laisser sécher en boule par terre.

Acquisitions
Les filles ça fait du shopping et j’avais oublié cette activité si agréable, puisqu’elle m’est interdite par mon binôme de voyage. L’autre facteur, le non-volume libre de mon sac, ne s’est pas beaucoup amélioré pendant le séjour des copines donc je ne pouvais pas vraiment m’y consacrer moi-même, mais rien que le shopping indirect je kiffe. Et puis je dis ça mais les paires de chaussures de tango et les dictionnaires yamani-anglais ont trouvé une petite place dans les sacs des filles pour rentrer à Paris et m’y attendre.

Admiration
de ma personne. Non pas vraiment pour mes qualités, mon ego n’en est pas là, mais pour supporter Nico au quotidien. Avoir des soutiens compatissants de la fatigue engendrée par la vie 24h/24 avec Nico B., j’adore.

Bon, tout ça c’est vrai mais c’est pour l’anecdote. Il ne faut pas croire, Gaëlle B, Gaëlle C. et Viviane D. ce n’est pas non plus un concentré de classe et de féminité à chaque instant. Entre les « La concha de tu maaaadre », « Quelle pute elle ne veut pas me filer de dulche de lecheeeeeeeeeeeee », « Je vais lui mettre un front à ce connard », « T’as déjà couché avec un mec qui en avait une tordue ?» etc etc etc (je vous laisse attribuer les citations), parfois ça ne volait pas haut. Mais c’est aussi ça nos potes, on peut dire les pires trucs, ça en fera toujours rire un dans le lot. Ca fait un peu peur, il faudrait peut-être qu’on en change au retour en fait…

Donc les filles, merci aussi de votre présence !

Dans l’ensemble, outre les remarques anecdotiques ci-dessus, on s’est quand même bien bien marrés avec vous tous. Pas tous les jours évident de coordonner autant de personnes (moi je veux une chambre double, moi je veux un dortoir, moi j’veux une chambre avec sèche-cheveux, etc. sans oublier le « mince j’ai rien suivi de la conversation, c’est un hôtel pour quand déjà) mais ça valait 1000 fois la peine, partager un bout de voyage avec des gens qu’on aime, ça le rend meilleur il n’y a aucun doute là-dessus.


Pour vous lecteurs que ces messages persos ne concernent pas, désolée de cette partie un peu plus private, mais totalement nécessaire!

Petits messages persos par ordre d’apparition et officialisation des points :

Thomas : désolés mais une chose dont on va se souvenir longtemps, c’est toi, ton parapluie et la tempête et en plus t’étais le 6ème dans la bagnole mais en réalité le moins chiant.
Point Thomas : se ramasser les pieds dans tout ce qui traine sur les trottoirs. Par extension, humilier quelqu’un en public, avec suicide probable de la personne.

Rémy : on ne savait pas qu’on pouvait faire des randos en Clarks, chemise et sacoche en bandoulière avec des vents de 100km/h à El Chalten, respect éternel.
Point Rémy : planer à 100 mètres, débarquer dans une conversation après la bataille.

© Raph
Gaghoo : On a retrouvé ton cerveau dans le Torres del Paine, il te passe le bonjour.
Point Gaghoo : également planer à 100 mètres mais tout en semblant impliquée à fond.

© Raph
Raph : Difficile de trouver des raisons de nous foutre de ta gueule à part la casquette rose sus-mentionnée… Mais on va trouver.
Point Raph : finir les plats même sans avoir faim, juste histoire de nous humilier.
© Raph
Gaëlle : on a entendu dire qu’ils voulaient faire un audit pour trouver la cause du doublement des ventes mensuelles de dulche de leche du fait d’une sur-consommation entre les 2 et 23 décembre 2010.
Point Gaëlle : être à la traîne, et par extension, se retrouver bloquée à tous les feux rouges des passages piétons et donc d’être encore plus à la traîne. Particularité : activité remarquée partout sauf à Ushuaia, effet Fin del Mundo ?


En tous cas ça donne envie de voir la suite des aventures conjointes, avec en prochaine étape la Nouvelle-Zélande où Clément, le frère de Nico, et notre pote David, doivent nous rejoindre.

Jeudi 23 décembre – Ushuaia et retour El Calafate

Journée café pour carter et blogger, dernières courses et adieux à Ushuaia, avion pour El Calafate, toute dernière étape de notre long passage en Argentine avant de passer au Chili.
Arrivée tardive à l’hostel, on s’écroule.

Les autres photos sont LA (bientôt).

3 commentaires:

  1. je ne crois pas être à la traine en attendant madame faire du shopping !!

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  2. Merci les copains, c'est la classe tout ça... Viviane, tes photos sont véritablement incroyables, faudra que tu me donnes des cours. Voyager avec un groupe de potes, c'est super différent que voyager en couple, mais je pense que ça aide quand même à mieux se supporter sur la longueur dans le couple, non ? Parce qu'être ensemble tous les jours pendant 10 mois non-stop, c'est quand même challenge (surtout avec Nico ;-)

    Bon on aimerait bien revoir vos gueules quand même. Nous on a acheté un appart' avec Alice à St-Paul (on est trop content), on est en train de faire des travaux dedans ts les soirs après des journées bien denses de boulot, on est pas mal cassé, mais bien excités aussi par tout ça. Et on attend Patatora Querral Santz qui devrait plus tarder !

    Des bisous

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  3. Gaghoo alias Gaëshe31 mars 2011 à 15:18

    @Gaëlle : J'adooore...

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