samedi 5 février 2011

El Calafate: glacier Perito Moreno

Aujourd'hui, c'est glaciers!



Samedi 11 décembre – Arrivée à El Calafate

Le lendemain matin, on creuse le retard, et les 2h de marge que nous devions avoir à Rio Gallegos pour changer de bus fondent à vue d’œil. Contrôle de police à 1/2h de l’arrivée, le type notant sur une feuille volante tous les numéros de pièce d’identité des passagers puis les dictant par talkie-walkie à son collègue pour vérification. On est partis depuis 20h, on en a à peine marre…
Arrivée à Rio Gallegos à 14h03 pour un bus à 14h00, c’est jouable non ? Nico se précipite, le bus est encore là, il y a de la place, yeaaaaaaah. Vamos, on transfère les bagages et on s’installe dans le bus n°2, un peu incrédules d’avoir réussi. « Mince alors, quelle chance nous avons eu là les amis n’est-t-il pas ? » pense-t-on alors.

24h après avoir quitté Trelew, nous arrivons enfin à El Calafate, au sud de la Patagonie argentine. Vive le wifi et les smartphones, je découvre au terminal de bus que l’hôtel nous paie le taxi, coooool. L’hostel de Las Manos est un peu à l’écart de l’agitation du centre-ville tout en étant très près, chaleureux, on s’y sentira comme à la maison.

Ouf, ça y est on est dans les chambres, les filles d’un côté les mecs de l’autre. A peine le temps de savourer et Nico entre en nous demandant si il ne nous manquerait pas des affaires dans nos sacs. Après vérification, si. Chargeurs d’appareils photos pour les filles, trépied et lampes de poches pour moi. Chez Nico, une paire de chaussures (certes à deux doigts de la poubelle), une serviette (heureusement pas celle de l’OL, les voleurs ont du goût), et une de nos multiples CB. Nos sacs ont été visités pendant le trajet de bus de nuit. Seule possibilité après réflexion, l’arrêt prolongé dans un patelin en pleine nuit, et avec la complicité des types de la compagnie de bus, car autant les sacs des autres sont faciles à ouvrir, autant le mien avait un cadenas. Ils ont soulevé les accroches des fermetures avec une pince (et c’est franchement pas pratique) pour débloquer le cadenas sans avoir à l’ouvrir, ont fouillé, et ensuite remis vite fait l’ensemble de telle sorte que je ne l’ai vu qu’en regardant bien à l’hôtel. Il y avait donc besoin de temps. Bref, rien de très grave mais c’est bien sûr toujours un sentiment désagréable. Mais il semblerait qu’on le vive mieux la deuxième fois, Nico étant maintenant un habitué, et a donc payé sa tournée pour fêter ça. Et puis le butin nous laisse perplexe. Nous avons été les victimes du « Gang des chargeurs », au moins on ne peut pas leur reprocher de ne pas savoir ce qu’ils veulent.

Fatigués par tout ça, on s’offre un dîner sympa avec parillada (grillades) à volonté, on se remonte le moral par l’estomac.




Dimanche 12 décembre – El Calafate : Perito Moreno


Petit déjeuner tranquille à la casa, nous attendons notre pick-up de 7h45 qui doit nous emmener au Parco Nacional del Glaciares, à environ 80km au nord d’El Calafate, qui, comme son nom l’indique, est plein de glaciers.
A 7h50, Mamie, dont j’aurai l’occasion de vous reparler en détails, après nous avoir vus pendant quatre plombes traîner dans la salle à manger, percute d’un coup : Mais qu’est-ce que vous faites encore là, le bus est quand même à 8h à la gare routière ! Et le pick-up ? Ah mais non y’a pas de pick-up. Mais pourtant vous ne nous aviez pas dit que… ? Ah mais non y’a pas de pick-up. Okkkkkkkk. Nous voilà en marche sportive vers le terminal. Arrivée juste juste, on était attendus. Vous imaginez la tête des autres passagers. Profil bas.

La route est splendide, le long du Lago Argentino, 1600km², que l’on aperçoit déjà d’El Calafate. Sa couleur me bluffe totalement et impossible de ne pas le mitrailler à chaque fois que je le vois. Comme d’autres lacs formés par la fonte des glaciers, il est d’un bleu-vert très laiteux, mat, son eau parait épaisse.
Le tout avec les montagnes de la chaîne glaciaire en fond, des pâturages, des maisons colorées de temps en temps, c’est magnifique.





Objectif du jour très basique : le Perito Moreno, la star du parc, car sa langue de glace vient effleurer la rive sur laquelle les sentiers de visite se trouvent donc on est face à lui, nez-à-nez.

Les bus débarquent les touristes au bout de la Peninsula de Magallanes, face au glacier que l’on découvre pratiquement tout de suite en contrebas. Les « Aaaaaaaaah » et « Ooooooooooh » sont la réaction immédiate et naturelle à la première vision de la chose, franchement, comment dire…  ça envoie du steak comme dirait mon frère Luc.











Un peu d’informations sur les glaciers quand même, couchons nous ce soir un peu moins bêtes : il existe plusieurs types de glaciers en gros selon la topographie des montagnes sur lesquelles ils se forment si on a bien compris mais dans l’ensemble ce sont des rivières de glace formées par une accumulation de neige dans sa partie haute. La pression et la gravité compactent cette neige qui devient de la glace et glisse dans la pente des montagnes, lubrifiée par la roche et tous les matériaux de son lit qui sont emportés puis évacués sur les côtés pour former les moraines. Les mouvements forment des crevasses et des déformations qui donnent cet aspect de « meringue » très rigolo à voir.




Le Perito Moreno mesure 30 km de long sur 5km de large, pour 60 à 70 m de hauteur. Enfin pour faire simple, c’est grand et c’est impressionnant.




Les passerelles ont été refaites récemment donc l’ensemble est super bien organisé, avec des chemins qui permettent d’avoir des points de vue différents sur le glacier. Mais bon dans l’ensemble on est soit au-dessus ce qui permet d’apercevoir sa « façade » très découpée, très bleue, mais aussi toute l’avancée de glace depuis les montagnes à l’horizon, soit pile face à lui le nez sur les détails.
















Le glacier est un de ceux qui avancent le plus à l’heure actuelle, jusqu’à 2m par jour, ce qui provoque des craquements et des chutes de blocs de glace dans l’eau, avec un bruit qui ressemble à des coups de canon. C’est l’attraction de la visite, tout le monde attend les mouvements de la glace, appareils prêts à dégainer. Nous avons de la chance car il fait relativement beau et bon donc nous avons droit à quelques chutes.



Déjeuner plus que moyen au resto du parc mais qui permet de se poser un peu au chaud car même s’il fait bon selon les standards locaux ce n’est pas non plus la canicule. On en profite pour déguster un ou deux petits alfajores au dulche de leche, miam.
Il ne nous reste qu’une petite heure pour profiter des vues, et le bus nous parait un peu trop tôt on serait bien restés plus tellement le spectacle nous a plu.



Perito Moreno : haut niveau.





En plein achat de cartes postales, on se retrouve encore à la traîne et on monte les derniers dans le bus comme le matin. Re-regards amicaux de nos amis passagers. Non mais sinon on est sympas hein, je vous jure, et puis d’abord ce matin c’était de la faute de Mamie… Allez, faites pas la tête comme ça !

On rentre tranquillement en ville et on se pose sur une confortable petite terrasse. Pour un 12 décembre, c’est top.



Quelques courses et on se prépare un dîner à la maison, on a mangé mieux mais c’est sympa. On essaie d’avancer sur l’organisation des prochaines étapes mais pas évident avec un groupe de sept aux mouvements pas toujours coordonnés.

Lundi 13 décembre – El Calafate

Lever matinal car nous avons réservé une croisière en bateau qui nous permet d’approcher les autres glaciers du parc. Le guide a l’air bien sympa et il commence à nous expliquer la journée en précisant toutefois qu’il y a beaucoup de vent aujourd’hui.
Une fois arrivés au port, on remarque que tous les bus sont agglutinés et que ça sent l’agitation. Le guide va se renseigner : c’est rare mais les autorités du port ont décidé d’attendre de voir l’évolution du vent avant d’autoriser l’embarquement. La navigation n’est pas dangereuse mais les premières 45mn seraient tellement agitées que tout le monde serait malade.
On patiente une petite heure, on s’occupe comme on peut en prenant des photos des alentours.




Finalement la journée est annulée, tout le monde rentre chez soi. On peut soit se faire rembourser la croisière (mais pas le transport en bus, 10€ par personne pas cool) soit la reporter. Gaghoo et Raph doivent annuler, les autres on peut tenter vendredi.

A l’hôtel, Mamie manque de s’étouffer, elle n’a pas vu une annulation pour cause de vent en 10 ans. Il s’avèrera que cette semaine sera une semaine de vent exceptionnel, avec des perturbations et quelques accidents un peu partout en Patagonie et en Terre de Feu. On en aura un bon aperçu in vivo à El Chalten.

Mamie… notre star d’El Calafate. C’est l’une des trois réceptionnistes multi-tâches de l’hôtel (les 2 autres ayant été baptisées de façon très élégante « Miss Nichons » et « Miss Pas drôle » par les mecs) a la particularité de « sucrer les fraises ». Pour ceux qui ne connaissent pas l’expression, en gros elle penche dangereusement du côté de la sénilité.
Donc d’abord impossible de lui faire faire quelque chose sans surveiller de très près son exécution, sous peine de n’importe quoi. Souvent ça ne prête pas beaucoup à conséquences, parfois si mais même dans ce cas après coup c’est drôle. Pas facile de rendre compte dans le faits mais par exemple : un matin de panique, on lui répète 3 fois d’appeler le taxi dont on a vraiment besoin dans la seconde tellement on s’est réveillés en retard, énervant, on a envie de lui en coller une. Autour de ça, elle court partout, elle se noie dans un verre d’eau. D’un coup d’un seul elle stoppe au milieu de la pièce toute échevelée : « Merde j’ai oublié de réveiller Gutierrez !!!! ». Le pauvre client avait demandé à être réveillé il y a 1/2h. On a piqué un fou rire qui a bien dédramatisé le tout. Enfin on n’a pas vu Gutierrez mais il ne devait pas avoir envie de lui faire un câlin quand il a dû voir l’heure. Ca c’est Mamie.
Ensuite impossible d’avoir une conversation suivie et cohérente. D’accord, on est loin d’avoir le niveau d’espagnol de Cervantes mais là ça va au-delà de l’incompréhension interlinguisitique et interculturelle. Le plus gros fou rire a eu lieu après avoir lutté plusieurs fois avec elle pour lui faire réserver un hôtel à El Chalten. 2 nuits pour 6 personnes, la 3ème nuit seulement pour 4 personnes, en chambre double, triple ou dortoirs, on s’en fout, ça dépend de ce qui est dispo. Ca va, c’est compréhensible non ? Et puis on ne demande pas ça à un serrurier mais à Mamie qui bosse dans l’hôtellerie depuis un paquet d’années. Ooooh la cata. Au premier appel, la nana au bout du fil a dû halluciner car Mamie avait une version différente les 43 fois où elle a répété. Au final on avait une réservation pour 2 chambres doubles et une simple pour les 3 nuits donc rien à voir avec nos besoins. Une photo de Nico et Mamie en pleine « conversation », sans se comprendre. Je vous jure, la tête de Nico, on était pliés en quatre.


D’où de bons fous rires, à ses dépens mais en toute amitié.

De retour de notre sortie bateau annulée, pour nous remonter le moral on va déjeuner au Lechuza, spécialiste pizza de la ville. Réputation méritée, nickel, dans un cadre charmant.


Par respect pour notre estomac, on va faciliter notre digestion avec une petite siesta.
Rémy, ayant terminé sa semaine en Uruguay, il arrive de l’aéroport en plein milieu de la sieste. J’arrive à peine à l’apercevoir entre mes paupières boursouflées de sommeil, Gaëlle ne l’entend même pas, et il ne trouve donc que Nico et Raph pour l’accompagner boire un verre. On se joint finalement à eux en fin de séance.

Diner à nouveau à la maison, re-tentative d’organisation.

Les autres photos sont LA (bientôt).

2 commentaires:

  1. Aaaaah... Mamie...
    (quelle plaie celle-là !)
    Mais on l'aimait bien quand même...

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  2. Je confirme, ça envoie du steak !
    J'ai trouvé mon nouveau fond d'écran aussi avec les photos de ce glacier. Je vous suis en changeant mon fond d'écran ^^ Et puis la glace ça me fais pas peur. Ici, il se remet à neiger.
    Bonne continuation,
    Bisous
    Luc

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