vendredi 6 mai 2011

Dunedin, Moeraki Boulders et Lake Tekapo

Mardi 22 février – Dunedin

Nous partons ce matin à la découverte de la presqu’île d'Otago, connue pour sa faune. On longe la côte pendant une bonne demi-heure et on arrive tout au bout, au Royal Albatros Centre. Sur la fin du trajet, nous entendons à la radio qu’un séisme a eu lieu avec pas mal de dégâts, mais impossible de savoir où. En arrivant au centre nous demandons des précisions, c’est à Christchurch, à 300km d’ici, où nous devons aller demain. Nooooon, pas possible. He si. On apprendra par la suite qu'il a été ressenti ici à Dunedin, mais il se trouve qu'on était dans la voiture à ce moment là donc nous n'avons rien remarqué.
Les informations commencent à circuler, le personnel du centre apprend la nouvelle par bouche à oreille, les touristes de même.
On ne réalise pas trop la gravité de l’événement car il vient tout juste de se passer et il n’y a pas encore beaucoup de précisions, on continue donc le tour comme prévu.

D’abord projection d’un documentaire sur les albatros, et ensuite on sort pour rejoindre l’observatoire qui se situe au sommet de la colline. De là, des vitres sans tain permettent d’observer l’autre côté de la colline, qui fait face à la mer, où nichent les fameux albatros royaux.



La colonie. Les points blancs: les albatros



On apprend tout sur ces bestioles assez impressionnantes. Bon, moi j’allais faire court mais Viviane dit que c’est intéressant de détailler, je vous laisse juge.
Déjà, les albatros font partie des oiseaux les plus grands du monde. Ici c’est seulement la 3ème espèce d’albatros en taille et ils peuvent déjà atteindre 1,30m de long et 3m d’envergure. Leurs ailes sont tellement grandes qu’ils doivent les plier en trois pour qu’elles ne touchent pas le sol quand ils sont à terre. Ici en comparaison de Clément, pour vous rendre compte.



Ensuite ils sont faits pour planer, tout leur corps est parfaitement adapté avec des os creux donc légers, des plumes spécifiques etc. Ils peuvent donc voler sans fatigue pendant des milliers, voire des dizaines de milliers de kilomètres sans jamais se poser. Ils plongent de temps en temps pour récupérer du poisson mais ne sont pas obligés de se poser. Mais pour accomplir cet exploit ils planent, ils ne battent pas des ailes, ils ne sont pas assez musclés pour ça. Pour se reposer ou s’il n’y a pas assez de vent, ils sont obligés de se poser sur l’eau ou à terre. A terre ça ne veut pas dire sur un continent où ils sont très rares, ce qui explique qu’ils soient si importants ici à Otago, car en général les colonies sont installées sur des cailloux perdus au milieu de nulle part donc pas évidents à observer pour nous les touristes.
Après chaque phase de reproduction, ils partent chacun de leur côté pour un voyage de plusieurs mois, un tour du monde autour de l’Antarctique, ce qui explique qu’on en ait croisés en Terre de Feu. Les couples sont formés à vie (oooh c’est beau) et on ne sait pas comment mais ils arrivent à se reconnaître après des mois alors qu’ils ont voyagé séparément entre temps. Les jeunes, quand ils quittent le nid pour la première fois, partent pendant plusieurs années explorer le monde et reviennent ensuite dans leur colonie d’origine pour trouver leur partenaire. Au total, ils ont une espérance de vie proche des humains.
Bref, encore une fois pour Viviane et moi qui ne sommes pas forcément très portés animaux, on a été accrochés. Décidément, ce voyage nous permet de nous rapprocher de nos amies les bêtes.



On quitte le centre pour aller à un centre de conservation des « yellow-eyed pinguins », ou « Manchot antipode » en français, parait-il, une des espèces les plus menacées, et rares car présentes seulement en Nouvelle-Zélande. Un minibus nous emmène plus près de la côte et on commence à marcher à moitié sur les flancs de colline, à moitié dans des tunnels créés pour observer les animaux sans les déranger. A ce moment de la journée, la plupart des adultes sont en train de chasser en mer. Ne restent aux nids que les jeunes. On en aperçoit quelques uns.


L'un d'entre eux nous fait le plaisir de déféquer sous nos yeux. On pourra dire: déféquage de manchot antipode, ça c'est fait. Ce n'est pas donné à tout le monde.



Au bout du chemin, face à la mer ("Faaace à la meeeeeeeeeeer..."), on retrouve nos potes les lions de mer, toujours aussi mous et flemmards.








On rentre à Dunedin par la route de crête, qui permet d’avoir de beaux panoramas, quoiqu'un peu sombres.



Une fois dans le centre-ville, mission capitale : trouver un bar qui passe le match de Lyon le lendemain matin. J’envoie Viviane avec son anglais plus efficace que le mien. Elle n’est pas super enthousiaste car tout le monde est scotché devant les infos à suivre les événements de Christchurch donc c’est un peu la honte d’aller parler de foot. Mais même en temps de crise, le foot c’est ce qu’il y a de meilleur. Le patron du bar des sports de la place principale nous fait un sale coup en nous disant que 9h c’était un peu tôt pour ouvrir alors qu’il ne sait pas si le match attirera plus que nous trois. Par contre, lui va le mater chez lui, il adore. Merde. Viviane lui demande en rigolant si on ne pourrait pas squatter chez lui, mais moi je ne rigole pas.
Bon, il va falloir le regarder en streaming.

De retour au camping, on prend la mesure du tremblement de terre en regardant les infos. On se renseigne car on devait quand même y aller demain. La patronne du camping est en larmes. Elle nous dit qu’il ne faut surtout pas y aller, certes pour les risques, mais surtout car ce n’est pas le moment de surcharger les habitants du coin. C’est évident. On prolonge donc notre séjour ici.
En revanche, la conséquence un peu plus importante pour nous concerne nos avions de vendredi. Clément repart vers la France et nous vers la Thaïlande via Sydney,  on a donc tous les trois des milliards de vols en correspondance. Pour l’instant l’aéroport est fermé.

Mercredi 23 février – Dunedin

Ce matin, c’est Lyon/Real Madrid à 8h45 dans la salle commune du camping devant un PC portable. Dire que ces feignasses de barman ne veulent pas ouvrir leur bar 3h plus tôt pour mater un match de Champions League, je ne m’en remets toujours pas.
Après le match, et ben, on ne fait rien. Oui, un match de haut niveau ça crève. On n’a donc absolument rien fait de la journée. De surcroit, l’ambiance générale à Dunedin n’est pas incroyablement joyeuse compte tenu des évènements.
On décide donc pour sauver la journée de se faire un bon resto et de goûter dans de bonnes conditions à ces magnifiques agneaux qui nous font de l’œil depuis 3 semaines, après notre première tentative, réussie, en camping. Bilan : vraiment succulent. Très honnêtement, nous n’avons jamais mangé un agneau aussi tendre. On peut dire ce qu’on veut mais l’élevage en plein air en étant nourri avec des produits naturels, ça donne une meilleure viande (désolé pour les végétariens).

Jeudi 24 février – Lake Tekapo

Les nouvelles sont rassurantes, l’aéroport de Christchurch reprend du service.  Les consignes sont de vérifier ses vols auprès de la compagnie aérienne et de ne se déplacer que s’ils sont formellement confirmés. Pour nous ça a l’air d’être ok. Mais on ne peut toujours pas passer une nuit là-bas donc on change le programme.

Sur la route, jolis bords de mer, et passage aux Moeraki Boulders, des formations rocheuses que l’érosion a joliment sculptées.














On arrive à Fairlie en début d’après-midi. On trouve notre camping mais juste le temps de faire le check-in et on repart dare-dare vers le Lake Tekapo, il ne nous reste pas longtemps si on veut en profiter un peu. Ca valait le coup de se dépêcher et de faire le détour, il est absolument magnifique, avec cette couleur blanchâtre qu’on a vue régulièrement depuis la Patagonie et qui rend les lacs vraiment beaux. Et puis c'est marrant de se retrouver de l'autre côté du Mont Cook qu'on avait découvert de l'autre côté, sur la côte ouest, à Franz Joseph Glacier. C'est officiel, on a fait le tour de l'île.



Viviane n’a pas le courage de faire la rando qui mène en haut du Mount John (enfin c’est plutôt une colline mais bon) donc elle prend la voiture pour nous récupérer en haut.
La balade est super jolie dans ces coins calmes où on se retrouve tout seuls. Pour son dernier jour, Clément a droit à ses paysages préférés depuis le début, ça tombe bien.
De son côté, Viviane se retrouve en haut, notre point de rendez-vous étant l’observatoire, car en effet il y a tellement peu de pollution que c’est un spot apparemment très recherché pour l’observation des étoiles. Mais elle découvre à l’entrée de la route qui y mène que celle-ci va fermer à 18h, soit maintenant. Confirmation prise en haut, la route ferme dès que la nuit commence à tomber car les personnes qui travaillent à l’observatoire ne veulent pas de phares de voiture qui s’agitent juste sous leur nez. Il n’est pas vraiment interdit d’utiliser la route, mais sans les phares, ce qui est tout de suite beaucoup moins pratique. Heureusement qu’on arrive à se joindre par les portables, parfois la technologie ça a du bon et on convient de se retrouver plutôt au point de départ.









De l'autre côté de la montagne, à l'opposé du lac, on se croirait sur Mars.




Pour son dernier soir, malheureusement Clément n’a pas beaucoup le choix dans les restos, le choix est très limité, surtout quand celui qui a l’air le plus correct est plein. On se rabat sans conviction sur un resto japonais installé au fond d’un parking. On sent que ça va être la loose et on est un peu désolés avec Viviane de ne pouvoir proposer que ça à Clément.
Mais bonne surprise, certes l’entrée du resto est glauque mais une fois dedans c’est sympa, avec une vue canon sur le lac. Et puis c’est un « vrai » japonais, ce qui met tout de suite le sourire à Viviane. On mange très bien et on a le plaisir de faire découvrir la  cuisine jap à mon petit frère.

Vendredi 25 février – Christchurch / Auckland


N’étant pas sûrs des conditions de circulation, nous décidons de nous rendre très tôt à l’aéroport de Christchurch. Pas de problème particulier sur la route, à part les pompes à essence vides à l’approche de la ville, donc on ne pourra pas faire le plein avant de rendre la voiture de location.
On arrive environ 8h avant nos vols, la journée risque d’être longue.
On a donc le temps de bien se faire en… tuber par l’agence de location qui se gave sur les deux jours supplémentaires qu’on a dû ajouter à cause des changements de plans, sans compter le plein d’essence. Catastrophe naturelle, mais pas de cadeau. Et on ne paie pas sur place, on doit même demander expressément la somme finale à payer, car ils prélèvent directement sur la carte bleue, comme ça on est bien bien loin quand le montant final tombe.

Une fois installés comme des clodos sur notre banc de l’aéroport pour les mille heures à venir, on a quand même droit à deux répliques du tremblement de terre. Aussi faibles soient-elles (4 ou 5 sur l’échelle de Richter), on sent néanmoins un léger stress monter en nous. Quand on commence à faire attention à quel type de plafond est au-dessus de nos têtes quand on change de place, histoire de prendre le moins de risques possibles s’il s’effondre, c’est mauvais signe. On n’est pas flippés de nature par ce genre d’événements mais là on est quand même contents de partir.

Clément prend son avion à 19h. J’ai un petit pincement au cœur (enfin ça c’est Viviane qui le dit, moi je suis un homme un vrai). Je suis bien content d’avoir eu le gamin, j’espère qu’il a passé de bonnes vacances.

Nous décollons pour Auckland un peu plus tard où nous avons juste le temps de rentrer en ville passer une très courte nuit pour repartir directement quelques heures après au petit matin direction l’aéroport, et cette fois-ci un Auckland-Sydney-Bangkok.

Les plans ont pas mal changé, non seulement ces derniers jours à cause du tremblement de terre, mais pour les semaines qui viennent car Viviane a décidé de rentrer une dizaine de jours en France. Fatigue, marre de bouger tout le temps, les gens qui lui manquent, elle a besoin d’un break dans le break. On avait prévu ce temps-là en Australie mais finalement on zappe l’ensemble. Viviane rentre, moi je pars directement pour la Thaïlande où elle me rejoindra.

Les autres photos sont LA.

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