dimanche 22 mai 2011

Chiang Mai et Pai

Dimanche 20 mars – Chiang Mai

Retour à Chiang Mai pour Nico, qui s’installe dans la guesthouse déjà visitée une semaine auparavant, conseillée par mon père qui a ses habitudes dans le coin. Il y retrouve au sortir de la sieste un de mes amis, qui porte également ce prénom banal de Nicolas et que nous nommerons donc NicoS histoire de s’y retrouver, et son compagnon de débauche, JM, fraîchement débarqués de leurs avions Paris-Bangkok-Chiang Mai. Il y a quelques semaines, nous nous sommes aperçus que nous serions dans le nord de la Thaïlande en même temps, ça tombe bien. Ou pas, on vous dire dans quelques jours.

Je retrouve les trois compères attablés autour d’une bière, bien contente de voir leurs têtes toutes blanches de Parisiens. En début de soirée, re-retrouvailles avec un autre ami, répondant au doux prénom de… Nicolas, bien évidemment. Ce sera NicoT. Nous étions tous les trois à la fac ensemble, et cette réunion me rappelle à quel point c’était l’enfer des noms à l’époque où l'on se voyait tout le temps. Car, depuis nos tendres années, NicoT a cédé aux sirènes de la finance asiatique et s’est installé à Singapour, en y épousant Selene, que je rencontre pour la première fois. Et je n’avais pas vu NicoT depuis 7 ou 8 ans. Trio dauphinois accompagné de ses pièces rapportées, je n’aurais jamais imaginé que ça se passerait à Chiang Mai !

Chiang Mai étant considéré comme une grande ville mais tout le monde traînant aux mêmes endroits, on ne manque pas de tomber sur deux groupes de mes compagnons éléphantesques qui se joignent à nous. On se serre autour de la petite table.

Une fois (assez mal, une fois n’est pas coutume) nourris, je me rends au rendez-vous fixé avec les autres volontaires de l'ENP encore à Chiang Mai au John’s Place, un des nombreux bars remplis de touristes. On a passé une super semaine ensemble et il est agréable de se retrouver pour une dernière session de papotage. Ambiance colo où on a du mal à se quitter. Et puis c’est marrant de se voir apprêtés, alors que l’on s’est rencontrés et que l’on a passé notre temps dans les tenues les plus cradingues et les plus pratiques possibles.

Les deux Nico et JM nous rejoignent un peu plus tard après une première session de leur côté, pendant laquelle je les soupçonne d’avoir beaucoup parlé foot. Nico manque cruellement de partenaires de discussion 4-4-2 donc dès qu’il en a sous la main c’est festival.
Les Anglais du lot font la remarque rigolote que JM correspond exactement à l’idée qu’ils se font d’un Français : brun, mal rasé, le t-shirt à rayures ouvert sur un torse velu… Je suis morte de rire. Il ne manquerait plus que le pastis ! 

Lundi 21 mars - Chiang Mai

Tout le monde a besoin d’une grasse matinée, et on ne s’en prive pas. La matinée est tellement ruinée qu’on décide de déjeuner à la guesthouse.

On décide en dernière minute de se joindre à l’excursion qu’a réservée Nico avec l’agence de l’Elephant Nature Park la semaine précédente quand il était seul mais qu’il a reportée pour cause de mauvais temps.
Nous embarquons en début d’après-midi avec quelques autres touristes dans un mini-van qui nous conduit tout d’abord dans ce qui est annoncé comme un village hmong, une des ethnies minoritaires de la région. C’était la partie du tour que l’on craignait un peu car d’expérience ça sent le piège à touristes. Nous ne nous y sommes pas trompés.

On se retrouve dans un village qui est certes peuplé de Hmongs, mais qui n’a plus rien de typique. Le guide nous emmène en contrebas de la place principale qui sert de parking à tous les mini-vans de la terre pour nous montrer un terrain vague entouré de maisons en tôles cradingues en nous disant : bon ben voilà, c’est un village hmong. Ah, donc n’importe quel village de taudis peut justifier une exploitation touristique, c’est noté.
Il nous invite ensuite à monter dans le village, à travers les ruelles où s’alignent des centaines et des centaines de boutiques de souvenirs vendant exactement la même chose : de fausses pierres précieuses (le guide nous avait prévenu de ne pas se faire avoir, mais de toute façon elles sont tellement clinquantes et il est tellement évident que c’est du verre que ça aurait été difficile), des sandales ethniques, des t-shirts et des tenues adaptées des motifs traditionnels etc. Passant en vitesse devant tout cela, nous finissons la grimpette au jardin d’opium. Au milieu de très belles fleurs, une petite parcelle de plants d’opium permet aux touristes de faire les photos souvenirs. Un type nous montre qu’en fendant une tête un liquide blanc s’en écoule, qui peut ensuite servir à confectionner les fameuses substances psychotropes. C’est joli.




En redescendant, JM s’essaie, avec succès, au tir à l’arbalète.


Au final, rien de vraiment désagréable mais la sensation, déjà vécue de nombreuses fois depuis le début du voyage, que certains tours se sentent obligés de remplir leur programme avec des arrêts inutiles pour justifier le prix d’un tour d’une demi-journée. On ne perd jamais vraiment son temps quand on est dans un pays étranger, pratiquement tout est une expérience, mais parfois c’est quand même vraiment du remplissage. Les habitants de ce village bénéficient certainement des rentrées d’argent du tourisme mais on aurait tellement aimé qu’ils préservent toutes les traces de leur culture traditionnelle pour nous les présenter plutôt que de créer un marché pas attrayant… La culture hmong est passionnante, ses traditions sont intéressantes, ses tenues colorées et magnifiques pour les photos, ça n’a rien à voir avec ce qu’on a vu ici.
Surtout que j’ai réalisé au milieu de la visite que j’étais déjà venue. J’ai fait un stage en Thaïlande il y a 8 ans pendant lequel j’ai visité beaucoup de lieux, mais ayant été trimballée généreusement partout par mes hôtes thaïlandais, je n’avais la plupart du temps absolument aucune d’idée d’où j’étais.
On en vient ensuite aux choses sérieuses avec la visite du « Temple doré », surnom donné au Doi Suthep niché dans la montagne dominant la ville. Le guide nous demande si on veut prendre le funiculaire car sinon nous devons monter à pied je ne sais plus combien de centaines de marches. Voyant que les autres touristes le font, j’ai un moment d’hésitation mais mes compères me donnent mauvais conscience. Heureusement car en réalité c’est un simple escalier avalé en moins de 10 minutes, je l’aurais eue mauvaise de payer le funiculaire. Les mecs se lancent un défi : strip tease pour le dernier arrivé en haut… Ces blagues puériles entre hommes adultes arrivent à me faire rire, je devrais avoir honte.
En haut, un temple superbe qui mérite bien son nom car le doré domine.




















De retour à Chiang Mai, petite phase de repos avant de retrouver NicoT qui nous rejoint en début de soirée pour l’apéro à la Chang. On se rend ensuite dans un restaurant conseillé également par mon père. Il m’avait dit « dans les arbres », je ne savais pas à quoi m’attendre. C’est simplement qu’il est dans un jardin luxuriant, et magnifiquement éclairé en soirée. On passe un dîner parfait. Qu’est-ce que ces repas entre amis me manquent ! Ca c’est le problème du voyage au long cours, les soirées entre amis. Et ces quatre mecs sont très drôles ensemble donc c’est encore plus agréable. Selene apporte sa contribution en se payant la tête de son mari qui préfère sa chère voiture à elle et en nous racontant les anecdotes de maniaquerie et de frayeurs causées par sa chère auto. Depuis,  on aura vu sur Facebook les photos post-accrochage de la chose, Nico tu devais pleurer !



Petite balade digestive dans le Night Market, plutôt calme en cette saison. Parmi les échoppes de fringues et de souvenirs, les salons de « fish massage » qui fleurissent en Thaïlande (et dans les pays voisins) : ce sont ces aquariums remplis de petits poissons dans lesquels les clients trempent leurs pieds une petite demi-heure pendant que les animaux affamés viennent, parait-il, manger les peaux mortes et rendre à nos petons leur peau de bébé. A mon avis, c’est surtout le bain prolongé et le nettoyage vigoureux de la dame en fin de session qui font le boulot… Et puis j’ai entendu que ces poissons étaient ensuite vendus au marché pour être servis dans nos assiettes, miam.

On quitte Nico et Selene qui rentrent à leur resort en banlieue, hébergement de luxe mais transport en scooter, c’est ça la classe. Sur le chemin de la guesthouse, nous arpentons Loi Khro, la rue chaude de Chiang Mai. Effectivement, dans tous les bars des filles en robe moulante, tous leurs attributs en avant, qui hèlent les passants : « Drink Sir ? Cheap ! ». On constate que tous ont un billard, (ce qui nous les fera nommer ensuite les « bars à billard » c’est plus joli que « bars à putes ») souvent occupé par un client bedonnant et sa partenaire de jeu… En tous cas, les trois Français ont beau avoir les yeux qui trainent, je pense que le spectacle ne donne pas toujours très envie. Le plus rigolo reste de faire les paris sur qui est un homme qui est une femme. Car les « lady-boys » thaï sont impressionnants. Même moi j’ai parfois des doutes, ils sont parfaits. Enfin la plupart, car il reste des tentatives un peu étranges…

Au fond d’une ruelle, on aperçoit un ring et un combat de boxe thaï. On va jeter un œil mais là encore le spectacle n’est pas ragoûtant : deux types mous qui font semblant de se taper dessus en ayant l’air d’avoir hâte que ça se termine pour prendre leur prochaine dose de dope, quelques Thaïs sur les chaises en plastique, et surtout des touristes avec la bière à la main. Allez, il est temps d’aller se coucher.


Mardi 22 mars – Chiang Mai

Journée on ne peut plus tranquille.

NicoS et JM partent de leur côté en fin de matinée avec un scooter de location pour aller explorer les temples de la ville et des environs, pendant que nous traînons. Après le déjeuner et quelques courses de première nécessité, nous allons à la découverte du troisième conseil avisé de mon père : un super salon de massage. 1h30 de massage des pieds, mains et épaules, ça c’est le paradis. Si je ne devais regretter qu’une seule chose de tous les pays visités et que je ne peux pas retrouver en France c’est bien les massages quasi-gratuits. Même ici, avec des tarifs plutôt élevés, on est à quelques euros de l'heure, 20 fois moins qu’à Paris ! A ce prix là on irait toutes les semaines, voire tous les jours !

Pour la peine, les deux autres à peine rentrés de leur excursion, même pas le temps de poser le pied à terre et on les amène au salon pour notre second chouchoutage de la journée. Cette fois c’est formule complète avec massage traditionnel thaï du corps. C’est une version  avec manipulations un peu rudes. En fin de session par exemple, la masseuse assise derrière nous pose un pied au milieu du dos, attrape fermement les épaules, prend son élan et nous étire en arrière autant que possible. Idem sur les côtés. Quand on est souples ça va, mais chez certains ça craque dans tous les sens ! Dans l’ensemble, c’est top.

Après s’être faits beaux, autant que possible pour certains, à la guesthouse, nous partons dîner. Le restaurant visé étant un peu loin, on décide de tenter le tuk-tuk. D’après nos informations, on savait que la course serait d’au moins 50 bahts. NicoS décide : « Pas moyen, je paie pas plus de 15 bahts ». « Non mais c’est pas possible 15 bahts ». « M’en fous ce sera 15 bahts ». On arrête un tuk-tuk, qui annonce 80, soit 20 par personne. Nico : 10. Quoi 10 ! Non non ! 70. 10. Allez, 15. Non 70. 70 c’est pas cheap, c’est pas loin on peut y aller à pied. Le chauffeur : « Alors vas-y à pied !», et il redémarre. Mouahahahaha.
Finalement on trouve un autre chauffeur à 60 bahts, Nico a appris qu’il était certes de tradition de marchander en Thaïlande, mais ça ne marche pas tout le temps. A sa décharge, les chauffeurs de tuk-tuk de toute l’Asie du Sud-Est sont une mafia insupportable, on aura l’occasion d’en reparler. Ils sont alignés sur des tarifs élevés pour ne pas casser le marché et ça tourne parfois au racket. Les sommes ne sont pas élevées dans l’absolu mais leur comportement donne envie de ne rien lâcher.
Après un petit tour de Chiang Mai by night car notre chauffeur s’est trompé de chemin, on arrive au resto. Pour s’excuser, il nous dit qu’il ne prendra que 50. Ah non, quand le type est sympa et honnête alors il n’y a pas de raison de le pénaliser, on lui donne ses 60.

Repas pas mémorable mais dans un joli cadre, mais qui est suivi par un verre dans un bar rock sur les bords du fleuve. Au balcon, la vue est superbe. Les groupes se suivent, pas tous bons, mais c’est sympa et l’ambiance est bonne. Très bonne dernière soirée à Chiang Mai.




Mercredi 23 mars – Chiang Mai / Pai

Nous prenons le petit-déjeuner avec NicoT pour nos adieux puis nous partons pour la gare routière. Minivan en direction de Pai, au nord-ouest, près de la frontière birmane. Le trajet est très sinueux, et bien que le minivan soit plus rapide que le bus classique, il est aussi moins confortable et les soubresauts n’aident pas à dormir.

Arrivée sous le soleil à Pai, petit village devenu le paradis des gens cools ou qui se veulent cool, sans vraiment de raison. On s’installe au « Breeze of Pai », une guesthouse dans la verdure. Pendant que je fais une petite sieste, les hommes partent entre hommes prendre un verre.
Ils reviennent me chercher pour le dîner. Je découvre pourquoi Pai attire les touristes : des dizaines de bars et de restaurants ayant l’air plus sympas les uns que les autres, seulement quelques rues donc facilement explorables à pied, de petites boutiques, pile de quoi traîner sans fin.

On dine tranquillement, et on, sans Nico rentré se coucher, décide de finir la soirée dans un des bars au bord de la rivière, attirés par les lampions. Le bar est une simple hutte en bois, mais son charme vient des plateformes en bambou le long de l’eau, dont la principale a un feu en son centre. Tout le monde est avachi contre des coussins triangulaires traditionnels, tranquilou. Ca fait un peu trop « on est jeunes, on est cools et on sent bon l'origan » parfois, mais franchement on l’oublie vite car on est bien.





Jeudi 24 mars – Pai

Après un petit déjeuner fort copieux (enfin surtout pour moi avec les yeux plus gros que le ventre), nous partons en quête d’une agence de location de scooters. Grand moment : le choix des casques, tous plus moches les uns que les autres. Et le beau violet en cuir est cassé, dégoûtée. On passera donc la journée avec des têtes de débiles. Spéciale dédicace à JM et son casque rose bonbon. JM je n'ai pas de photo mais si tu veux en fournir une de ton plein gré, je l'inclurai avec plaisir pour la postérité!


C’est parti pour la découverte des environs de Pai. Premier arrêt dans un petit temple qui n’a rien d’exceptionnel mais qui a le mérite d’être isolé et calme. Un vieux bonze veut pratiquer son anglais et commence à papoter avec moi. Finalement, il propose de faire une prière pour moi en m’aspergeant de l’équivalent bouddhique de l’eau bénite. Je vous tiens au courant si ça m’a porté chance ou pas.



Un petit bout de route plus loin, au fin fond de la campagne, on laisse les scooters pour rejoindre une cascade. Arrivés sur place, on constate qu’il n’y a pas grand-chose à en faire, les lieux n’étant pas très accueillants. Quelques familles thaï pique-niquent et une ribambelle de garçons jouent au plus courageux en sautant des rochers ou en les utilisant comme toboggans. Une Russe se change tant bien que mal sous les yeux de tout le monde, ressort de son paréo en mini-bikini et rejoint la bande pour tester l’eau. Avec 40 kilos de plus, elle glisse moins bien que les petits, et le bikini a du mal à rester en place. Les garçons sont amoureux.



En revenant sur nos pas, nous nous arrêtons dans un village chinois, vestige d’une vague d’immigration très localisée. Au moins on ne peut pas se tromper, il y a des décorations rouge vif partout. La chaleur a raison de Nico et moi, on se pose à l’ombre sur deux des 1600 places, à l’œil nu, en terrasse disponibles sur une surface grande comme un terrain de foot (je n’ai pas la moindre idée de ce que ça représente mais j’ai l’impression que c’est devenu une unité de mesure incontournable, et puis ça fera plaisir aux trois mecs). Pendant ce temps, les deux touristes vont faire le tour du propriétaire. Ils reviennent avec le sourire aux lèvres : c’est un mini-Disneyland super kitch. Nico m’avait dit que les Chinois avaient une fâcheuse tendance à sur-restaurer les sites, apparemment c’est effectivement le cas même dans le plus minuscule et non-fréquenté des lieux. On envisage un instant de déjeuner sur place mais il fait tellement chaud que ça coupe un peu l’appétit, et puis la carte ne donne pas très envie. On se contente de 4 Pepsis chauds.

On renfourche nos destriers. NicoS étant un piètre copilote, nous ratons la prochaine cascade. Mais nous ne lui en voulons pas trop car si elle était du même acabit que la précédente, autant aller boire l’apéro plus rapidement à Pai. On arrive donc directement au fameux "Canyon" de Pai. Bon, il n’est pas immense immense, mais il a son charme. Vous n’en verrez que des photos de deux maladroits sur de la terre battue car Nico n’a pas daigné immortaliser le canyon en lui-même. Pour info, je n’ai pas été très loin dans la balade car je suis en train de mourir de chaud.



Etape très attendue : les sources chaudes. Le guide annonce des piscines aménagées dans un cadre charmant, avec des petites cahutes pour se faire des bains privés etc. Miam. A l’entrée, une guérite à quelques centaines de mètres du site donc impossible de le voir, et une surprise : alors que nous nous attendions à 30 ou 40 bahts comme souvent, on nous demande 200 bahts… Alors que pour les Thais c’est effectivement le prix normal. Premier réflexe : demi-tour. Mais ça a l’air sympa et puis on a fait de la route pour venir, hésitation, parlementations (parlementages, parlementeries, parlementements?), allez on y va. Aie. Les sources consistent en une petite rivière qui forme une boucle avant de s’écouler vers l’aval, avec une eau certes chaude mais trop chaude. Le sentier est mal aménagé et peu avenant, un type désœuvré traine à l’ombre pour surveiller on ne sait qui car il n’y a personne, et on cherche encore les bains privés. Le tout fait abandonné et triste… Evidemment, la chaleur caniculaire n’aide pas, on n’a pas très envie de plonger dans une eau brûlante. Mais JM se lance, après tout on a payé. Il prétend que c’est agréable et qu’elle n’est pas si chaude après coup. Il tente même les bains plus en amont, aux températures encore plus élevées. Nico est convaincu et entre se tremper. Ils n’ont pas l’air malheureux mais pour Nico S et moi ce sera non.
On repart globalement déçus, mais surtout dubitatifs sur la description du guide.



Dernier arrêt à un temple perché sur une colline dans les hauteurs de Pai. Il est mignon et la vue sur la campagne est sympa. On aurait bien dîné dans un des restaurants des pentes qui propose cette vue, on se voit déjà au soleil couchant, mais il n’est pas encore ouvert et nous n’avons pas envie d’attendre 2h juste pour ça, on rentre.



Au final les spots conseillés sur cette boucle n’étaient pas transcendants mais on a passé quelques heures sympathiques à sillonner la campagne. Rien de mieux qu’un scooter pour profiter de ces petites routes peu fréquentées et avoir un aperçu de la vie de village.
En guise de déjeuner, nous décidons de nous poser chez un glacier. Suite à mes interrogations sur le menu, on s’aperçoit que type est Français. On se dit ensuite qu’il a trouvé le bon plan ce filou, avec ses glaces quelconques à 100 bahts. Mais on est contents quand même de les déguster.

Mi-temps à la guesthouse à base de douches. On repart en début de soirée et on se décide pour un resto très tentant, une terrasse extérieure en bois avec un éclairage chaleureux, des petits lampions, des bambous etc. Et une charmante jeune femme au micro. On est bien, les mecs racontent n’importe quoi.




Flagrant délit de matage...
... grillé

Soudain, la table tremble. Aucun des 4 ne réagit, personnellement je suis persuadée que Nico S en face de moi est en train de la faire bouger avec sa jambe. Mais l’information monte au cerveau et on, et tout le monde autour, réalise en même temps que c’est un tremblement de terre. Et il secoue fort, gauche droite gauche droite. Mais il est terminé avant même d’avoir vraiment le temps de penser. Tout le monde se regarde et on entend une rumeur générale après le silence car chacun y va de ses impressions et de son commentaire. Difficile de savoir combien de temps il a duré, une dizaine de secondes peut être. On apprendra après coup que l’épicentre se situe en Birmanie, à environ 70km de Pai, qu'il était de magnitude 4 ou 5 et aura fait quelques victimes et dégâts. Pour l’instant on a réussi à éviter toutes les catastrophes que Nico a listées dans un post précédent, mais cette fois on y était. On espère qu’il ne s’agit pas d’une prémonition qui annonce une montée en puissance des galères.

Sous le choc...

Méditation sur le sens de la vie...


L’anecdote se finit par la bonne humeur : notre voisin de table, qui dînait seul, est tout excité de ce qu’il vient de vivre et commence à se défouler sur nous en répétant en boucle que quand même il était fort, que ça bougeait partout, que c’était au moins un 7, que ce n’était pas comme au Japon mais super fort quand même, qu’heureusement qu’on est pas en bord de mer sinon gare au tsunami etc. A son accent il doit venir de Marseille et ça se sent dans les descriptions. On le regarde en souriant sans trop répondre, pas besoin de toute façon car il est en mode monologue, limite saoulant. Au bout de quelques minutes, il est rejoint par une femme et sa fille : « Tu as senti le tremblement ? » « Ah oui, justement ON en discutait [en nous montrant de la tête] et ON se disait que c’était au moins un 7 ! ». Heee du calme, on n’a rien à voir dans ton histoire nous ! C’est toi qui parle tout seul !
Pendant les jours qui suivent, le « justement ON en parlait » deviendra expression consacrée.

Notre ami le Marseillais

Ah oui sinon je précise donc qu’on ne saura jamais quelle aura été l’influence de la prière de mon vieux bonze du matin, il n’a même pas réussi à empêcher le tremblement de terre mais il ne m’est rien arrivé.

On termine la soirée comme la veille au bar en bord de rivière, qu’on présente à Nico. Fin de soirée typique Pai. Cette ville n’a pas grand-chose, mais elle sait offrir des soirées tranquilles dans des endroits sympas, c’est déjà pas mal.


Pour finir, je subodore que deux des individus mentionnés dans ce post ne manqueront pas de faire des réflexions choquantes/désobligeantes/incongrues/sans queue ni tête à la suite de cette publication. Je décline tout responsabilité quant à ces propos et je fournis sur demande leur email et/ou leur numéro de téléphone pour insultes ou compliments.

Les autres photos sont LA (bientôt).

1 commentaire:

  1. Le touriste anonyme22 mai 2011 à 19:06

    Alors petite précision quant à la négociation de tuk-tuk: 60 bhts = 15 bhts/personne, je tiens donc le budget annoncé !! ;)
    Justement on en discutait avec JM et Nico, on trouvait que t'avais tendance à exagérer!! C'était bien moi qui faisait bouger la table avec ma jambe alors n'essaie pas de nous faire croire que tu as survécu à un tremblement de terre!! J'aurais tout entendu pendant ces vacances!!
    Dans un prochain post tu vas surement nous faire croire que t'as vu une représentation du coup de boule de Zidane, à côté de Batman et Spiderman dans un temple bouddhiste!! pfffff

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