Suite de ma semaine à l'Elephant Nature Park. Pour cette seconde partie: "travail" des volontaires, des biographies d'éléphants et un peu de vie sociale façon colonie de vacances. Ca donne envie non? He he.
Rôle des volontaires
Les journées suivants seront plus actives évidemment, on est là pour bosser un peu.
Mais comme je l’ai déjà dit, le rôle premier des volontaires est simple : payer. Nous sommes les premiers contributeurs au budget de l'ENP. En échange, nous sommes accueillis pour découvrir le centre, sous toutes ses facettes, et donner un petit coup de main. Mais il est clair que le centre pourrait tout à fait fonctionner sans nous, sauf peut-être la cuisine.
Cuisine des éléphants
Les journées suivants seront plus actives évidemment, on est là pour bosser un peu.
Mais comme je l’ai déjà dit, le rôle premier des volontaires est simple : payer. Nous sommes les premiers contributeurs au budget de l'ENP. En échange, nous sommes accueillis pour découvrir le centre, sous toutes ses facettes, et donner un petit coup de main. Mais il est clair que le centre pourrait tout à fait fonctionner sans nous, sauf peut-être la cuisine.
Cuisine des éléphants
C’est là où j’ai passé le plus de temps. Les volontaires sont répartis en deux groupes, avec des tâches assignées chaque jour, mais étant donné que nous sommes peu nombreux cette semaine, le planning a été plus ou moins abandonné au fur et à mesure de la semaine et chacun a pu souvent choisir ses tâches préférées. Et moi j’aime bien cette cuisine.
Le rôle de Michelle est donc de faire en sorte que les 36 estomacs soient remplis tous les jours. Et comme elle dit « on a beau avoir des mauvais jours, ils n’en ont strictement rien à carrer et ils n’arrêtent JAMAIS de manger ». Comme je l’ai dit, 1 tonne de nourriture à préparer chaque jour. Préparer oui, car il serait trop facile de décharger des cargaisons et leur balancer les légumes tels quels, non non non. Les éléphants sont un peu chochottes, et ils font certainement partie des animaux les moins bien conçus gastriquement parlant. Ils ont besoin d’ingurgiter 200 à 250 kilos par jour, mais tout ça pour en rejeter plus de la moitié quasi-telle quelle. Ils ne digèrent pratiquement rien et ont une flore intestinale très sensible. Ceux du centre ayant eu des vies difficiles, ils sont particulièrement fragilisés et délicats.
Notre boulot en cuisine est donc double :
1. Lavage des fruits
Traitement royal : chacun des milliards de fruits est lavé avant d’être donné aux stars. Evidemment pas un par un. Ils sont plongés dans un bassin d’eau à laquelle est ajouté du bicarbonate de soude. Les citrouilles et les pastèques y baignent pendant 10 mn puis sont brossées une par une alors que les concombres sont plongés 20mn et triés mais pas nettoyés pour s’éviter un travail infernal. Le but est de retirer le maximum de pesticides de la peau pour les rendre plus digestes. Puis Michelle les coupe en énormes morceaux (à la machette et sans support, directement dans sa main... pourtant elle a encore ses 10 doigts) et dispatche dans les paniers individuels des animaux. Le tout représente bien sûr beaucoup de travail. On ne peut plus basique mais en volume. Nous les petits bras sommes donc parfaits pour ça et on passe une bonne partie de la semaine à faire ça. Transporter, remplir le bassin, brosser, trier, sortir, déplacer les paniers etc. C’est physique et répétitif mais on se sent utile. A tous les repas on voit le résultat du boulot. Le tout en musique car Michelle met l’iPod à fond, avec goût en plus donc c’est cool.
Traitement royal : chacun des milliards de fruits est lavé avant d’être donné aux stars. Evidemment pas un par un. Ils sont plongés dans un bassin d’eau à laquelle est ajouté du bicarbonate de soude. Les citrouilles et les pastèques y baignent pendant 10 mn puis sont brossées une par une alors que les concombres sont plongés 20mn et triés mais pas nettoyés pour s’éviter un travail infernal. Le but est de retirer le maximum de pesticides de la peau pour les rendre plus digestes. Puis Michelle les coupe en énormes morceaux (à la machette et sans support, directement dans sa main... pourtant elle a encore ses 10 doigts) et dispatche dans les paniers individuels des animaux. Le tout représente bien sûr beaucoup de travail. On ne peut plus basique mais en volume. Nous les petits bras sommes donc parfaits pour ça et on passe une bonne partie de la semaine à faire ça. Transporter, remplir le bassin, brosser, trier, sortir, déplacer les paniers etc. C’est physique et répétitif mais on se sent utile. A tous les repas on voit le résultat du boulot. Le tout en musique car Michelle met l’iPod à fond, avec goût en plus donc c’est cool.
2. Banana balls
Les éléphants les plus âgés, toutes des femelles en l’occurrence, ont les dents tellement abîmées qu’il leur est difficile de manger autant qu’elles le devraient. Pour augmenter l’apport en fibres, on leur prépare donc des boules de blé et de maïs concassés. Pour faire tenir le tout ensemble et gâter les mamies, on mélange tout ça avec de la purée de bananes.
Tous les jours, il faut donc peler des milliards de mini-bananes extra-mûres bien noires, en n’enlevant que celles avec des vers, les écraser à la main en une bouillie bien parfumée, et ensuite on mélange en ajoutant de plus en plus de céréales. Moins physique, quoi que les avant-bras ont de bonnes courbatures ensuite, mais ça sent bon et c’est pour les grands-mères donc ça fait plaisir de leur faire plaisir. Si vous avez des problèmes digestifs, vous savez ce qu’il vous reste à faire.


Cuisine des humains
Les volontaires peuvent passer une matinée dans la cuisine pour regarder comment ça se passe. On nous donne quelques tâches vraiment basiques, mais l’idée c’est surtout d’observer. Il y a une bonne dizaine de personnes qui tournent autour de cette lieu, sous la direction du chef, un jeune homme bien gros. Une vingtaine de plats sortent de là le midi, mais pas de rush, c’est calme et organisé. La technique : à partir de 8h30-9h, l’essentiel du travail est de préparer tous les ingrédients. Pour chaque plat, les ingrédients sont tout prêts dans des plateaux séparés. Quand vient le temps de la cuisson, le chef a donc tout sous la main et n’a plus qu’à ajouter sans bouger de ses fourneaux. Intéressant, et surtout des odeurs à tomber par terre.
Activités impliquant des pelles
Activités impliquant des pelles
1. « Elephant poo » (ça sonne mieux qu'excréments ou cacas d'éléphants)
Quand on sait que plus de la moitié des aliments avalés ressortent pratiquement tels quels, on peut imaginer l’état des enclos. Tous les jours il faut donc les nettoyer et ce sont les volontaires qui s’y collent. Etant herbivores et la digestion étant minimale, pas d’odeur trop forte, mais quand même. Certains ont fait ça tous les jours en disant que c’était sympa d’être dehors etc, moi une seule ça m’a suffit, c’est pas top agréable quand même. Le plus drôle reste de trouver le plus gros étron possible, ce qui part dans des sphères inimaginables avec des trucs pesant au moins dix kilos et une taille d’enfant.


Quand on sait que plus de la moitié des aliments avalés ressortent pratiquement tels quels, on peut imaginer l’état des enclos. Tous les jours il faut donc les nettoyer et ce sont les volontaires qui s’y collent. Etant herbivores et la digestion étant minimale, pas d’odeur trop forte, mais quand même. Certains ont fait ça tous les jours en disant que c’était sympa d’être dehors etc, moi une seule ça m’a suffit, c’est pas top agréable quand même. Le plus drôle reste de trouver le plus gros étron possible, ce qui part dans des sphères inimaginables avec des trucs pesant au moins dix kilos et une taille d’enfant.

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| Le client vient vérifier le travail |

2. Sable
Toujours pour les enclos, il faut changer la litière régulièrement ou encore préparer un énorme tas pour aider un éléphant mal en point à se reposer et se relever avec l'aide du sable. Les volontaires aident donc à charger et décharger le sable. Je l’ai fait deux fois dont la première fois sous la pluie. Trempée jusqu’aux os et avec une énorme ampoule qui a mis la semaine à sécher, merci. Sachant que les autres sont tranquilles à l’abri pour décharger. Mais bon ce n’est pas si terrible que ça car l’ambiance est bonne. Et en attendant le retour du tracteur on peut se réfugier autour du feu dans l’abri des mahouts au milieu du champ.
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| Là encore, le client vient vérifier le travail |
3. Mud pit
Près de la rivière, une piscine de boue permet aux éléphants de venir s’y rouler ou de s’en étaler sur le corps pour se protéger de la chaleur. C’est très frustrant pour les maniaques que nous sommes car, alors qu’il est super satisfaisant de les voir sortir tout propres de l’eau, à peine le temps de les admirer et ils se précipitent pour se crasser à nouveau. Le but ultime c’est de se rafraichir donc ils le font dans la rivière mais dès que l’eau sèche il faut trouver un autre moyen, qui consiste en une bonne couche de terre sèche ou de boue. Pour entretenir cette jolie piscine qui ne doit surtout pas être trop liquide mais bien poisseuse, il faut la vider du trop-plein d’eau que les éléphants y apportent quand ils arrivent trempés de la rivière. C’est donc le travail ingrat des volontaires que de vider l’eau dégueu à la main, avec de petits seaux, cassés en deux à projeter des quantités ridicules de liquide hors de la zone. Le travail parait sans fin, mais petit à petit on y arrive. Et puis cette activité se termine toujours de la même façon : bataille de boue…
Champs
Près de la rivière, une piscine de boue permet aux éléphants de venir s’y rouler ou de s’en étaler sur le corps pour se protéger de la chaleur. C’est très frustrant pour les maniaques que nous sommes car, alors qu’il est super satisfaisant de les voir sortir tout propres de l’eau, à peine le temps de les admirer et ils se précipitent pour se crasser à nouveau. Le but ultime c’est de se rafraichir donc ils le font dans la rivière mais dès que l’eau sèche il faut trouver un autre moyen, qui consiste en une bonne couche de terre sèche ou de boue. Pour entretenir cette jolie piscine qui ne doit surtout pas être trop liquide mais bien poisseuse, il faut la vider du trop-plein d’eau que les éléphants y apportent quand ils arrivent trempés de la rivière. C’est donc le travail ingrat des volontaires que de vider l’eau dégueu à la main, avec de petits seaux, cassés en deux à projeter des quantités ridicules de liquide hors de la zone. Le travail parait sans fin, mais petit à petit on y arrive. Et puis cette activité se termine toujours de la même façon : bataille de boue…
Champs
Les éléphants mangent des plants de maïs donc tous les jours des employés vont dans les champs les couper, après que les agriculteurs aient déjà récupéré les épis. Une petite équipe part les aider un matin, dont moi. Une machette chacun et c’est parti. Terrible pour le dos mais c’est marrant de se défouler avec un énorme couteau sur des plantes qui ne nous ont rien fait. Il faut juste faire attention à ses pieds et tout ce qui traine appartenant à un voisin.
Le coin de champ à faire est tout petit et on termine en une petite demi-heure. Chai nous remercie et nous annonce qu’on rentre. Quoi ? On a fait tout ce trajet pour ça ? Et les locaux ils rentrent aussi ? Ah non eux ils continuent sur un autre champ beaucoup plus grand, mais nous on rentre pour être à l’heure pour le déjeuner. Ok, on comprend que c’était un échantillon de démonstration. On propose de continuer, au grand étonnement de Chai. Finalement on aura l’impression d’être plus utiles car sur cet autre champ, l’expérience aidant, ça carbure et on avance bien. A la fin, tellement concentrés, on remarque qu’il y a beaucoup moins de locaux à côté de nous qu’au début. Effectivement, ils sont en train de glander ou de fumer des clopes près du tracteur. Ils profitent de notre bonne volonté. Couper ça va encore, mais ensuite transporter les ballots c’est une autre histoire, surtout mouillés et boueux. Chacun sa technique, mais finalement on termine. On est contents de nous, tout crasseux de boue.
Eléphants
Ce sont les stars du centre bien évidemment, même si celui-ci abrite également une cinquantaine de chiens ! Ils sont nourris-logés et surtout cajolés en permanence par tous les humains qui passent donc ça ressemble plus ou moins au paradis pour eux.
Concernant les éléphants, au fur et à mesure de la semaine on apprend à les distinguer. Il y a les plus connus ou les plus caractéristiques, pour qui c’est plus facile, mais pour certains autres ce n’est pas évident. Malgré tout, les noms nous deviennent familiers, et chacun commence à avoir ses chouchous qu’il aime bien nourrir etc.
Le contact le plus direct se passe pendant les « Ele walks », où l’on va se balader aux quatre coins du parc pour aller rendre visite aux éléphants. C’est un plaisir de se promener autour d’eux, de voir qui traine avec qui, de les nourrir tranquillement, en privilégiés car la plupart des visiteurs n’ont pas cette opportunité.
Une des aventures les plus éléphantesques de la semaine a été l’après-midi pendant laquelle RC, un jeune mâle en rut, a fait son numéro.
Le coin de champ à faire est tout petit et on termine en une petite demi-heure. Chai nous remercie et nous annonce qu’on rentre. Quoi ? On a fait tout ce trajet pour ça ? Et les locaux ils rentrent aussi ? Ah non eux ils continuent sur un autre champ beaucoup plus grand, mais nous on rentre pour être à l’heure pour le déjeuner. Ok, on comprend que c’était un échantillon de démonstration. On propose de continuer, au grand étonnement de Chai. Finalement on aura l’impression d’être plus utiles car sur cet autre champ, l’expérience aidant, ça carbure et on avance bien. A la fin, tellement concentrés, on remarque qu’il y a beaucoup moins de locaux à côté de nous qu’au début. Effectivement, ils sont en train de glander ou de fumer des clopes près du tracteur. Ils profitent de notre bonne volonté. Couper ça va encore, mais ensuite transporter les ballots c’est une autre histoire, surtout mouillés et boueux. Chacun sa technique, mais finalement on termine. On est contents de nous, tout crasseux de boue.
Eléphants
Ce sont les stars du centre bien évidemment, même si celui-ci abrite également une cinquantaine de chiens ! Ils sont nourris-logés et surtout cajolés en permanence par tous les humains qui passent donc ça ressemble plus ou moins au paradis pour eux.
Concernant les éléphants, au fur et à mesure de la semaine on apprend à les distinguer. Il y a les plus connus ou les plus caractéristiques, pour qui c’est plus facile, mais pour certains autres ce n’est pas évident. Malgré tout, les noms nous deviennent familiers, et chacun commence à avoir ses chouchous qu’il aime bien nourrir etc.
Le contact le plus direct se passe pendant les « Ele walks », où l’on va se balader aux quatre coins du parc pour aller rendre visite aux éléphants. C’est un plaisir de se promener autour d’eux, de voir qui traine avec qui, de les nourrir tranquillement, en privilégiés car la plupart des visiteurs n’ont pas cette opportunité.
Une des aventures les plus éléphantesques de la semaine a été l’après-midi pendant laquelle RC, un jeune mâle en rut, a fait son numéro.
Cette période de rut (« musth » en anglais) est très spéciale et violente chez les éléphants mâles. C’est un process complet, chimique, physique, psychologique, avec une ampleur incontrôlable. Dans la nature, les mâles vivent solitairement et n’approchent les clans dirigées par les femelles que pour s’accoupler. Le reste de leur rut, ils gèrent comme ils peuvent en se tapant la tête contre les arbres (si si, ce n’est pas une façon de parler) ou courant dans tous les sens dans la forêt. Certains ont été vus en train d’essayer de s’accoupler à des camions, ou parfois de tuer leur partenaire juste après s’être accouplée avec elle. En gros, ils deviennent totalement cinglés. Cette période peut durer plusieurs mois, parfois presque un an, et se renouveler tous les ans justement, donc c’est coton. Dans le cas d’animaux domestiqués, il est donc plus facile d’avoir des femelles, d’autant plus qu’elle peuvent avoir des bébés, sources de revenus.
Mais RC vit bel et bien au centre, et là il était tout foufou. En début d’après-midi, on entend de l’agitation, le personnel qui court partout et des cris. RC a arraché sa chaine, avec laquelle il était attaché sous un abri au fond du champ. Il a été décidé qu’il n’était pas encore prêt pour s’accoupler, car trop faible pour se tenir sur ses pattes arrière. Frustré, il a décidé d’aller quand même rendre visite aux femelles. Panique à bord, un mâle en rut est lâché dans le centre. On nous demande de nous reculer dans le bâtiment car tout peut arriver.
Au final, toute l’équipe mettra 4 heures à réussir à l’attirer vers la balustrade avec de la nourriture sans qu’il envoie valser tout et menace de coups de trompe celui qui tentait de le nourrir, alors que des mahouts étaient cachés sous la plateforme, à ses pieds, pour lui passer la chaîne, le tout sans se faire écraser. Une équipe de vétérinaires a même été appelée de la ville voisine en renfort et avec plus de matériel mais Lek a décidé de ne pas faire appel à leur anesthésiant, pour préserver l’éléphant car il est déjà arrivé que ces animaux faibles meurent d’une dose trop forte mal administrée. Entre temps, il a couru partout, faisant peur à tous les clans, les mamies, les bébés, se tapant la tête contre un arbre etc. Il était malgré tout suivi partout par sa copine, qui apparemment aime les bad boys et lui pardonne tout en en redemandant.
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| Enfin enchaîné |
Une fois retourné dans son abri le lendemain, on remarque que Mintra est aussi avec lui. On nous explique que c’est son ex mais qu’elle n’arrive pas à renoncer à lui donc elle tente encore de le séduire, malgré la présence de la nouvelle. Deux nanas folles de lui, quel playboy. En tous cas, toute l’attention était sur lui et il a mis en pause toute l’activité du centre pendant l’après-midi. Pour nous pas de souci, ça nous faisait un break, mais les visiteurs du jour n’ont pas pu faire grand-chose à part admirer le spectacle.
Je pense qu’à ce point je vous ai tous perdus tellement c’est long, mais si par miracle j’en avais encore un ou deux d’entre vous, là c’est mort car je vais raconter l’histoire de quelques-uns des éléphants. C’est pour moi , histoire de me rappeler. Mais ça peut être intéressant à lire quand même, car on en apprend beaucoup sur la façon dont les éléphants sont parfois traités.
Beaucoup des éléphants secourus ont été repérés au festival annuel de Surin, qui célèbre la place de l’éléphant dans la culture thai. C’est également devenu un marché où s’achètent les animaux. Ironiquement, alors qu’il s’agit de leur fête, nombreux d’entre eux sont misérables et, pour Lek et son équipe, c’est l’occasion de faire le point sur la situation des éléphants et parfois remarquer ceux en très mauvaise condition. Plusieurs d’entre eux qui ont été par la suite achetés étaient alors presque fous, enchainés, avec des mouvements d’avant en arrière qui caractérisent les éléphants traumatisés (ça marche aussi chez les humains), les yeux exorbités, incapables de participer au défilé à moins de blesser quelqu’un. Lek approche alors les propriétaires et négocie le prix pour l’acheter. Certains des éléphants les plus connus du parc viennent de là.
Une remarque concernant les noms : lorsqu’une femelle a son premier bébé, il est ajouté « Mae » au début de son nom, comme « Maman ». C’est pour cela que la plupart des femelles ont ce préfixe.
Dok Ngern
Je pense qu’à ce point je vous ai tous perdus tellement c’est long, mais si par miracle j’en avais encore un ou deux d’entre vous, là c’est mort car je vais raconter l’histoire de quelques-uns des éléphants. C’est pour moi , histoire de me rappeler. Mais ça peut être intéressant à lire quand même, car on en apprend beaucoup sur la façon dont les éléphants sont parfois traités.
Beaucoup des éléphants secourus ont été repérés au festival annuel de Surin, qui célèbre la place de l’éléphant dans la culture thai. C’est également devenu un marché où s’achètent les animaux. Ironiquement, alors qu’il s’agit de leur fête, nombreux d’entre eux sont misérables et, pour Lek et son équipe, c’est l’occasion de faire le point sur la situation des éléphants et parfois remarquer ceux en très mauvaise condition. Plusieurs d’entre eux qui ont été par la suite achetés étaient alors presque fous, enchainés, avec des mouvements d’avant en arrière qui caractérisent les éléphants traumatisés (ça marche aussi chez les humains), les yeux exorbités, incapables de participer au défilé à moins de blesser quelqu’un. Lek approche alors les propriétaires et négocie le prix pour l’acheter. Certains des éléphants les plus connus du parc viennent de là.
Une remarque concernant les noms : lorsqu’une femelle a son premier bébé, il est ajouté « Mae » au début de son nom, comme « Maman ». C’est pour cela que la plupart des femelles ont ce préfixe.
Dok Ngern
C’est l’un de ces éléphants de Surin. Après plusieurs années de mendicité à Pattaya, elle a dû subir une deuxième période de phajaan pour apprendre de nouveaux tours, ce qui lui a laissé de nombreuses blessures. Au festival de Surin, elle était enchaînée comme décrit ci-dessus,avec des plaies saignantes et n’acceptait même pas de nourriture. Une Hollandaise responsable du projet « Bring Elephants Home » était présente et a décidé de l’acheter, ainsi que Faa Sai, une jeune femelle, pour participer au projet qui consiste à faire le voyage par la route en éduquant les populations au passage.
Chiang Yim
Chiang Yim
C’est le fils de Dok Ngern, né au parc en juillet 2009. Le but est qu’il vive ensuite au New Haven pour avoir le moins de contact possibles avec les humains. Entre temps, c’est le premier bébé éduqué par le « positive reinforcement ».
Faa Sai
Faa Sai
C’est l’autre éléphant sauvé dans le cadre de Bring Elephants Home. Elle a été trouvée enchainée à Surin car elle était devenue trop dangereuse. C’est l’effet pervers du phajaan et des maltraitances, quand les animaux se rebellent violemment. Elle avait de nombreuses blessures, particulièrement derrière les oreilles et autour des yeux. Aujourd’hui plus de soucis.
Hope
Hope
L’équipe l’a découvert alors qu’il avait moins d’un an en allant soigner sa mère qui venait de faire une fausse couche puis était décédée. Il était en très mauvaise santé, mal nourri et plein de parasites. Ses propriétaires ne pouvaient pas lui fournir le lait nécessaire. Après huit mois au centre, son propriétaire a demandé à le récupérer pour le phajaan mais des volontaires ont organisé une récolte de fonds pour l’acheter. C'est maintenant un jeune adulte agité.
Jokia
Jokia
Aaaah Jokia, c’est une des plus connues des éléphants car une des premières secourues, en 2001, et elle a une histoire particulièrement difficile. Elle est aveugle des deux yeux à cause de sévices durant sa vie de travail. Elle a perdu le deuxième car son mahout était furieux de son comportement et s’est acharné sur elle. C’est donc vraiment touchant de la nourrir et de la caresser. Elle est inséparable de Mae Perm, une mamie qui s’est prise d’amitié pour elle et qui la guide partout. Pendant la semaine, Mae Perm a été distraite un moment et s’est aperçue que Jokia n’était plus là. Elle a alors commencé à barrir de toutes ses forces, les non-initiés comme nous se demandaient vraiment ce qui se passait. Jokia a commencé à courir vers Mae Perm en barrissant aussi pour la rassurer. Quand elles se sont retrouvées, elles se sont prises dans leurs bras « elephant style » c’est-à-dire avec les trompes qui bougent partout et des accolades etc, le tout avec une grande conversation animée. Très mignon !
Mae Perm
Mae Perm
C’est l’arrière grand-mère avec plus de 90 ans, et la plus ancienne du centre puisqu’elle a été la première secourue en 1995. Elle a travaillé toute sa vie mais avant d’arriver au centre elle était gardée dans une cour comme animal de compagnie pour une famille riche qui l’exhibait à ses invités. Elle n’a jamais eu de bébé mais elle s’occupe de tout le monde, en particulier de Jokia. Elle est tellement contente d’être au centre que, alors qu’elle a perdu son sixième jeu de dents, ce qui marque en général la fin de vie d’un éléphant, elle en a produit un nouveau jeu, histoire de profiter encore un peu.
Jungle Boy
Jungle Boy
Il a été secouru encore dans le ventre de sa mère, quand celle-ci a été aperçue enceinte et presque à terme avec des touristes sur le dos, Lek ayant remarqué le bébé bouger dans le ventre. Elle a demandé à s’occuper de la mère au centre jusqu’à la naissance mais son mahout a refusé car elle était sous contrat avec le centre de trekking. Finalement il a été décidé de payer les frais de location de l’éléphant, ce qui a permis une naissance tranquille dans la jungle, d’où le nom du bébé. Après une courte période au centre, la mère a dû retourner travailler. Ils ont été ensuite aperçus sur les sentiers de randonnée, le nouveau-né épuisé de devoir suivre sa mère toute la journée plutôt que de dormir et de téter. Une fois sevré, il a tout de même pu être racheté et grandir au centre, mais séparé de sa mère qui continue à travailler. C'est un jeune adulte désormais, totalement obsédé. Pendant notre semaine, il s’est accouplé en public, au milieu de sa horde et sous les yeux des bébés, après que la femelle ait uriné et déféqué devant lui. Chacun son truc…

Mae Boom Ma

Mae Boom Ma
Lek l’a vue pour la première fois en 1993, totalement épuisée et maltraitée. Aucune négociation n’a permis de l’acheter jusqu’en 2003 où elle a été confiée à l'ENP en location. Elle est spéciale car elle possède 5 des 7 caractéristiques des « éléphants blancs », sortes d’albinos qui, s’ils ont tous les signes, deviennent automatiquement la propriété du roi. En l’occurrence, elle a passé sa vie à cravacher. Son certificat de naissance dit qu’elle aurait plus de 100 ans mais elle est probablement née en 1940, c’est une vraie grand-mère.
Mae Bua Kham
Mae Bua Kham
C’est aussi une mamie de plus de 70 ans, mais heureusement pour elle elle n’a pas été trop maltraitée et n’a pas de cicatrices par exemple. Son originalité est que son propriétaire est venu de lui-même au centre en 2009 simplement pour la confier, sans aucune compensation financière, et la mettre à la retraite en lui permettre de vivre agréablement ses dernières années. Elle n’a pratiquement plus de dents donc elle adore les banana balls et être chouchoutée de façon générale.
Mae Bua Loi
Mae Bua Loi
Elle a commencé à travailler très jeune dans le logging, légal puis illégal. Un accident lui a blessé le dos et une jambe. Elle boitait tellement qu’il était impossible pour elle de continuer à travailler, et elle a été convertie à la mendicité. Mais alors que d’habitude un petit handicap permet de rapporter plus d’argent, dans son cas elle était tellement pitoyable que son mahout se faisait insulter par les passants qui la voyaient dans cet état. Il a donc décidé de la vendre au prochain festival de Surin pour la reproduction forcée. Elle a eu un bébé rapidement, mais son propriétaire était impatient et voulait qu’elle recommence alors qu’elle allaitait encore son petit. Celui-ci lui a été retiré brusquement, pensant qu’elle pourrait redevenir fertile plus rapidement. Mais elle est entrée dans une sorte de dépression à cause de cela et ne voulait rien à voir à faire avec les mâles. Le propriétaire est donc passé aux choses sérieuses : attachée pendant 3 mois à un arbre, elle a été forcée de s’accoupler à un mâle en rut 29 fois pendant cette période, sans succès. Son propriétaire a donc décidé de la vendre à Surin, où elle a été achetée par le centre.
Mae Bua Tong et Tong Jan
Mae Bua Tong et Tong Jan
La mère et sa fille, alors tout bébé et très mal en point, ont été repérées dans la forêt près du centre, à la recherche de nourriture complémentaire à celle qu’elles recevaient dans le camp de trekking où Mae Bua Tong travaillait. Elle faisait des balades de deux heures à grimper et redescendre une colline, jusqu’à 8 fois par jour selon les arrivages de touristes. Une volontaire a demandé à ses parents de lui offrir l’achat de ces éléphants pour son 21ème anniversaire. Depuis, Tong Jan apprend par le « positive reinforcement ».
Mae Bua Tong a eu un nouveau bébé, une nouvelle fille, appelée Faa Mai. Avec l’autre bébé Chang Yim, ce sont les deux petites stars et tous les visiteurs veulent des photos d’eux. Ils sont tout le temps en train de chahuter et de faire n’importe quoi.

Une après-midi, alors que les nous observons depuis la plateforme, même aventure qu'avec Mae Perm et Jokia mais cette fois dans la famille des petits. Les adultes s'aperçoivent soudainement qu'il manque un petit. Conciliabule tête contre tête, avec ce qui ressemble réellement à une discussion agitée. C'est la panique. Soudain le petit apparait en barrissant et arrive en courant. Les adultes crient, battent des oreilles autant que possible, et le récupèrent de façon très tendre. On a l'impression qu'il se fait engueuler et qu'il n'a pas intérêt à recommencer. Mimi!
Et les retrouvailles:
Mae Dta Keow
Mae Bua Tong a eu un nouveau bébé, une nouvelle fille, appelée Faa Mai. Avec l’autre bébé Chang Yim, ce sont les deux petites stars et tous les visiteurs veulent des photos d’eux. Ils sont tout le temps en train de chahuter et de faire n’importe quoi.

Une après-midi, alors que les nous observons depuis la plateforme, même aventure qu'avec Mae Perm et Jokia mais cette fois dans la famille des petits. Les adultes s'aperçoivent soudainement qu'il manque un petit. Conciliabule tête contre tête, avec ce qui ressemble réellement à une discussion agitée. C'est la panique. Soudain le petit apparait en barrissant et arrive en courant. Les adultes crient, battent des oreilles autant que possible, et le récupèrent de façon très tendre. On a l'impression qu'il se fait engueuler et qu'il n'a pas intérêt à recommencer. Mimi!
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| En grande discussion pour savoir si quelqu'un a aperçu le bébé manquant |
Mae Dta Keow
Elle a été secourue à presque 40 ans après une vie de travail où ses propriétaires successifs ont eu la main particulièrement lourde avec elle. Elle a été tellement maltraitée qu’elle était devenue un éléphant agressif, si bien qu’elle en est arrivée à tuer son mahout. En représailles, le suivant l’a emmenée dans la forêt, attachée, privée de nourriture et de sommeil, la battant violemment jusqu’à ce qu’elle redevienne docile. Cassée, elle est retournée au travail mais a fini par blesser des touristes. Son propriétaire a donc cherché à la vendre et elle a terminé à l'ENP. Pendant des mois elle est restée anti-sociale et dangereuse mais maintenant ça va mieux.
Mae Kham Sai
Mae Kham Sai
Des employés du centre l’ont repérée en chemin vers un champ et l’ont signalée à Lek qui a trouvé un elephant tellement mal en point qu’elle pouvait à peine lever la patte ou ouvrir les yeux. Tout sa peau était craquelée et infectée, avec du pus sortant de ses blessures, en plus du fait qu’elle était déjà aveugle d’un œil, crevé par un fermier mécontent de la trouver de nuit dans son champ car elle s’était échappée de son centre. Ses propriétaires, bien contents de ne pas avoir à payer pour le vétérinaire, ont accepté tout de suite que Lek la ramène au centre. Elle a été surnommée « Purple Elephant », de la couleur de l’antiseptique qui a dû lui être appliqué pratiquement sur tout le corps. Mais une fois remise, elle a dû repartir travailler en trekking. Un an après, le centre avait récolté l’argent pour la racheter. Depuis, elle a perdu son autre œil à cause d’une infection. Aveugle depuis quelques mois, elle est totalement perdue et n’est pas du tout indépendante. De plus, les décennies de maltraitance l’ont traumatisée et elle est asociale, elle se retrouve donc vraiment seule. Elle a peur des autres éléphants et s’éloigne dès que l’un d’entre eux s’approche. Elle va toujours prendre son bain de son côté etc. Tony, son mahout belge avec qui j’ai beaucoup discuté, l’accompagne en permanence toute la journée. Il ne la quitte jamais et l’aide à se déplacer, à manger etc. Elle a confiance en sa voix. Il a également commencé avec elle un programme de « positive reinforcement » pour lui apprendre à lever la patte contre des bananes. Mais Tony n’était censé rester au centre qu’une année, envoyé par le zoo dans lequel il travaille en Belgique pour en savoir plus sur les éléphants. Il est censé repartir dans quelques mois mais est en train de se demander quoi faire car il a du mal à se dire qu’il devra l’abandonner alors qu’elle est tout juste en confiance avec lui. Un changement de mahout serait encore plus traumatisant pour elle. Elle est tellement faible et sensible que pendant les jours où il pleuvait non stop et faisait froid, on a dû lui faire un feu dans son enclos car elle grelotait la nuit. Je l’ai beaucoup nourrie et c’était une de mes « petites » préférées.
Malai Tong
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| Aux volontaires... |
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| ... les efforts... |
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| ... aux mamies le réconfort. |
Elle travaillait dans le logging illégal lorsque, en 2003, elle a sauté sur une mine, arrachant une bonne partie d’un de ses pieds. Elle a ensuite été utilisée pour mendier, mais finalement Lek l’a repérée à Surin alors qu’elle se dandinait, traumatisée.
Medo
Medo
Alors là, c’est du sérieux. Elle a travaillé de 8 à 12 ans dans le logging illégal mais la chute d’un tronc lui a cassé une patte arrière, blessure qu’on voit encore aujourd’hui car elle ne s’est jamais remise. Incapable de travailler, elle a été placée dans un programme de procréation forcée. Le mâle choisi était énorme, beaucoup trop grand et lourd pour elle, et en pleine période de rut. Au lieu de simplement s’accoupler, il l’a attaquée sauvagement avec ses défenses, la clouant au sol. Il était évident qu’elle était blessée de façon ignoble mais les personnes n’osaient pas s’approcher car un mâle dans cet état est un danger mortel. Elle est donc restée comme ça agonisante pendant plusieurs heures. Les vétérinaires ont déterminé qu’elle avait la colonne vertébrale disloquée. Pendant 15 ans, elle a été cachée dans un petit village des montagnes sans contact avec aucun autre éléphant, avant d’être sauvée en 2006. C’est le premier éléphant blessé que l’on remarque car son état est pitoyable. Elle a tout l’arrière du corps qui traine, avec des déplacements qui ont l’air vraiment difficiles. Elle inspire de la pure pitié.

Mintra

Mintra
Sa démarche est similaire à celle de Medo, avec les pattes arrière vraiment mal en point. On ne sait pas ce qui s’est passé, à part un premier accident à 4 ans, percutée par un véhicule. Elle a passé une bonne partie de sa vie à mendier dans Siam Square, le quartier du shopping en plein cœur de Bangkok, c’est-à-dire un environnement infernal pour un éléphant.
Lilly
Lilly
Une autre de mes préférées. C’était le deuxième éléphant secouru par le centre. Elle a été employée pour faire des « double shifts », c’est-à-dire travailler de jour en trekking et de nuit en logging illégal, presque sans dormir, et assommée à coups de méta-amphétamines. Elle en est devenue très perturbée et a été trouvée par Lek quasiment morte, attachée à un arbre. Son propriétaire n’a pas fait de difficulté quand elle a proposé de la soigner car il ne pouvait plus rien en faire. En revanche il a voulu la récupérer dès qu’elle s’est retrouvée en meilleure forme mais Lek a préféré l’acheter. En arrivant au parc, elle a mis des mois à s’adapter, tellement habituée à son environnement de travail et de violence. Elle n’a réussi qu’après avoir fait venir son ancien mahout, qui la maltraitait pourtant, mais qui était une référence pour elle. Elle a passé les 20 dernières années au centre. Depuis quelques mois, elle avait des problèmes d’arthrite qui l’empêchaient de se lever et se coucher correctement. Un mois après mon départ, après plusieurs chutes, elle a abandonné et est décédée. C’est certainement celle que j’ai le plus nourrie donc pas drôle du tout :(.

Vie sociale entre volontaires: retour en colonie de vacances!
Durant cette semaine, j’ai eu la chance de tomber sur un super groupe, limité en taille et généralement vraiment sympa. Il y avait quand même quelques boulets, genre deux gamines Anglaises décérébrées et à baffer, et les sosies d'Edina et Patsy d’Absolutely Fabulous, irrespectueuses, picolant toute la journée et pitoyables. A part ça, bonne compagnie.
Soirée culture thai
Un soir nous avons eu droit à une petite leçon de langue et de culture thai. Nous n’avons pas appris grand-chose mais c’était marrant. Intéressant aussi de voir à quel point, même dans un contexte aussi privé que celui-ci, les Thais sont incapables de parler du roi et de la famille royale sans chuchoter et avec l’air de penser qu’il les entend et qu’ils vont aller en enfer dans l’instant.
La soirée se termine avec l’apprentissage d’une comptine populaire, appelée « Chang Chang Chang » soit « Eléphant Eléphant Eléphant », c’est de circonstance. Elle s’accompagne d’une chorégraphie pour enfants. On se retrouve donc à danser comme des débiles, retour en enfance.
Festival bouddhiste au village

Vie sociale entre volontaires: retour en colonie de vacances!
Durant cette semaine, j’ai eu la chance de tomber sur un super groupe, limité en taille et généralement vraiment sympa. Il y avait quand même quelques boulets, genre deux gamines Anglaises décérébrées et à baffer, et les sosies d'Edina et Patsy d’Absolutely Fabulous, irrespectueuses, picolant toute la journée et pitoyables. A part ça, bonne compagnie.
Soirée culture thai
Un soir nous avons eu droit à une petite leçon de langue et de culture thai. Nous n’avons pas appris grand-chose mais c’était marrant. Intéressant aussi de voir à quel point, même dans un contexte aussi privé que celui-ci, les Thais sont incapables de parler du roi et de la famille royale sans chuchoter et avec l’air de penser qu’il les entend et qu’ils vont aller en enfer dans l’instant.
La soirée se termine avec l’apprentissage d’une comptine populaire, appelée « Chang Chang Chang » soit « Eléphant Eléphant Eléphant », c’est de circonstance. Elle s’accompagne d’une chorégraphie pour enfants. On se retrouve donc à danser comme des débiles, retour en enfance.
Festival bouddhiste au village
Une après-midi, on nous propose d’aller au village voisin pour participer à une cérémonie annuelle au temple. Une fois arrivés, la procession prend forme, avec les villageois qui dansent au son de cymballes, de grandes compositions colorées avec des offrandes, dont une grande apportée par le centre, et certains qui portent des masques aussi variés qu’un gorille et Georges Bush (je vous jure). Tout ce beau monde marche vers le temple, où un moine reçoit les petits groupes et leurs offrandes, puis marmonne des prières en lisant le papier que les gens lui ont apporté. On ne nous a pas trop expliqué le pourquoi du comment mais c’était rigolo et puis ça change du travail sous la pluie.

Le frooooid
Car oui il a plu 2 jours et demi non stop, ce qui n’est pas très encourageant quand il faut aller charger des charrettes de sable ou couper du maïs dans les champs. Et puis personne n’a vraiment prévu les vêtements adéquats, la Thaïlande en mars normalement c’est la canicule. Donc l'ENP se retrouve avec une brochette de volontaires grelotant de froid. Un soir nous nous installons dans la salle de conférences pour regarder un film. Avec deux énormes couvertures en laine je suis encore morte de froid, surréaliste.
Saint Patrick
Un des soirs tombe sur Saint Patrick. Kevin, Irlandais, lance la consommation de bières. Tradition oblige, il se met à chanter une chanson systématiquement entendue pour cette occasion, qui éclate totalement Chet, notre coordinateur, et un vieux Canadien qui annonce officiellement que maintenant il peut mourir tranquille et que c’est le truc le plus drôle qu’il ait entendu de sa vie. Certains ne savent pas rester dans la mesure…
En tous cas, bonne soirée et de fil en aiguille on se retrouve à discuter une bonne partie de la nuit, fort sympa.
Tubing
L’activité hors centre la plus sympa de la semaine consiste en sorties tubing. Le tubing, c’est la descente tranquille d’une rivière avachie sur une chambre à air de camion. Ca se fait dans les spots touristiques de jeunes, en version très alcoolisée. Là c’est plus tranquille, avec une bière ou deux mais pas plus. Sous le soleil, la demi-heure de descente de l’amont jusqu’au centre est un vrai bonheur. Silence, à part les débilités racontées par les uns et les autres, quelques éléphants aperçus sur la berge des camps de trekking voisins, tranquilou.

Réunion de départ
La veille du départ, nous nous réunissons pour regarder la vidéo faite par les deux filles qui nous ont suivis toute la semaine, l’une pour les vidéos, l’autre pour les photos. Tout le monde a le sourire aux lèvres en voyant nos têtes pendant la réunion de présentation, les premiers contacts avec les éléphants, les séances de ramassage de "poo", le travail sous la pluie, les batailles d’eau ou de boue etc. On est étonnés de constater à quel point on est de plus en plus à l’aise avec les animaux la semaine avançant. Au total, que de bons souvenirs. Ca sent la fin et pratiquement tout le monde se dit qu’il resterait bien encore une semaine. Si Nico ne m’attendait pas déjà depuis 3 semaines, je n’aurais pas hésité une seconde.

Le frooooid
Car oui il a plu 2 jours et demi non stop, ce qui n’est pas très encourageant quand il faut aller charger des charrettes de sable ou couper du maïs dans les champs. Et puis personne n’a vraiment prévu les vêtements adéquats, la Thaïlande en mars normalement c’est la canicule. Donc l'ENP se retrouve avec une brochette de volontaires grelotant de froid. Un soir nous nous installons dans la salle de conférences pour regarder un film. Avec deux énormes couvertures en laine je suis encore morte de froid, surréaliste.
Saint Patrick
Un des soirs tombe sur Saint Patrick. Kevin, Irlandais, lance la consommation de bières. Tradition oblige, il se met à chanter une chanson systématiquement entendue pour cette occasion, qui éclate totalement Chet, notre coordinateur, et un vieux Canadien qui annonce officiellement que maintenant il peut mourir tranquille et que c’est le truc le plus drôle qu’il ait entendu de sa vie. Certains ne savent pas rester dans la mesure…
En tous cas, bonne soirée et de fil en aiguille on se retrouve à discuter une bonne partie de la nuit, fort sympa.
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| Kevin joue au clochard |
Tubing
L’activité hors centre la plus sympa de la semaine consiste en sorties tubing. Le tubing, c’est la descente tranquille d’une rivière avachie sur une chambre à air de camion. Ca se fait dans les spots touristiques de jeunes, en version très alcoolisée. Là c’est plus tranquille, avec une bière ou deux mais pas plus. Sous le soleil, la demi-heure de descente de l’amont jusqu’au centre est un vrai bonheur. Silence, à part les débilités racontées par les uns et les autres, quelques éléphants aperçus sur la berge des camps de trekking voisins, tranquilou.

Réunion de départ
La veille du départ, nous nous réunissons pour regarder la vidéo faite par les deux filles qui nous ont suivis toute la semaine, l’une pour les vidéos, l’autre pour les photos. Tout le monde a le sourire aux lèvres en voyant nos têtes pendant la réunion de présentation, les premiers contacts avec les éléphants, les séances de ramassage de "poo", le travail sous la pluie, les batailles d’eau ou de boue etc. On est étonnés de constater à quel point on est de plus en plus à l’aise avec les animaux la semaine avançant. Au total, que de bons souvenirs. Ca sent la fin et pratiquement tout le monde se dit qu’il resterait bien encore une semaine. Si Nico ne m’attendait pas déjà depuis 3 semaines, je n’aurais pas hésité une seconde.
Bilan
Je l'ai déjà dit, je ne suis habituellement pas une militante SPA mais la nature assez unique des éléphants m'a faite craquer. Le projet de l'Elephant Nature Park est, à mon avis, sincère et important pour ces animaux. Si vous voulez participer d'une façon ou d'une autre, voici le site internet: http://www.elephantnaturepark.org/
Côté expérience personnelle, une petite semaine de travail manuel ne fait jamais de mal à personne, surtout en bonne compagnie, et un retour à la colonie de vacances à 30 ans, c'est une opportunité qui ne se refuse pas! Donc au final excellente semaine, utile et agréable, que demander de plus!!!
Merci à tous ceux et toutes celles qui ont participé à ce cadeau, ce sera un très bon souvenir.













































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