Jeudi 31 mars – Luang Prabang
Ce matin nous devons nous lever à l’aube pour assister à la scène la plus connue de la ville, la raison pour laquelle beaucoup de touristes viennent à Luang Prabang : la procession des aumônes aux bonzes.
Dans le bouddhisme, et par extension dans les pays où cette religion a une grande importance culturelle, les moines ont une place très particulière.
Ce matin nous devons nous lever à l’aube pour assister à la scène la plus connue de la ville, la raison pour laquelle beaucoup de touristes viennent à Luang Prabang : la procession des aumônes aux bonzes.
Dans le bouddhisme, et par extension dans les pays où cette religion a une grande importance culturelle, les moines ont une place très particulière.
Si je ne dis pas de bêtises, il y a bien évidemment des moines « de carrière », des hommes qui gardent ce statut toute leur vie après être entrée au temple quand ils étaient encore enfants. Mais plus généralement tout homme est censé au moins une fois dans sa vie devenir moine et passer un certain temps au temple.
Les moines ont cette tenue caractéristique, une sorte de toge orange (on dit "safran" et en Asie ils ont tendance à dire jaune mais bon, ou rouge), dont les plis paraissent très complexes, et rien de plus pour se couvrir même quand il fait froid. Avec leurs cheveux rasés et ces couleurs vives, ils sont des sujets de photo adorés des touristes, forcément.
Je disais qu’ils avaient un statut particulier car en effet ils sont extrêmement respectés. Il n’y a pas d’Eglise dans le bouddhisme et même s’il y a des maîtres et des responsables locaux ou plus importants encore, il me semble qu’il n’y a pas de hiérarchie aussi marquée que dans d’autres religions. Donc au quotidien tous les moines sont regardés comme étant sacrés. Il y a un certain nombre de règles à suivre en ce qui les concerne, la plupart dont nous n’avons pas besoin, mais plusieurs sont à connaître même pour un simple touriste : ne pas les regarder dans les yeux, ne pas les toucher directement etc. Les rapports avec les femmes sont encore plus stricts : il est interdit d’être dans une même pièce seule avec un moine, et il ne faut avoir aucun contact physique. Concrètement par exemple, une femme ne peut pas s’asseoir à côté d’un moine dans un bus, ce que l’on a constaté plusieurs fois lors de nos trajets. De toute façon on ne verra jamais un moine rester debout dans un bus, tout le monde se lèvera pour le laisser s’asseoir, et les femmes se déplaceront si nécessaire. Ou encore on ne peut pas leur donner quoi que ce soit directement pour éviter le contact des mains, les femmes doivent donc poser l’objet par terre, ou mieux sur un tissu, que le moine récupère ensuite.
Outre cet aspect relationnel avec le commun des mortels, les moines ont bien sûr des règles de vie propres à leur statut. En particulier, ils n’ont pas le droit de cuisiner ou de s’acheter de la nourriture. Or, ils ont beau avoir une spiritualité certainement très nourrissante pour leur esprit, ils n’en restent pas moins des hommes et ont besoin de manger. D’où l’aumône. Tous les matins, tous les moines bouddhistes du monde (enfin je dis ça pour la formule mais je me demande comment font ceux qui vivent dans des temples reculés au milieu de nulle part) partent à pied dans les environs de leur temple pour quêter leur nourriture de la journée, qu’ils reçoivent de la part de fidèles dans des sortes d’urnes. S’ils en reçoivent plus que nécessaire alors ils en redonnent une partie aux nécessiteux.
A Siem Reap par exemple, j’ai vu un moine attendre devant l’hôtel et les employés aller lui donner quelque chose. Mais à Luang Prabang, cette quête à un côté spectaculaire car de nombreux temples sont situés les unes à côtés des autres et tous les moines partent à heure fixe en procession sur un parcours déterminé, le long duquel les fidèles ne se contentent pas de les approcher mais s’agenouillent et attendent le passage des religieux. Le tout se fait dans un silence absolu, donc c’est très joli à observer.
Nous avons choisi notre guesthouse pour pouvoir assister à la procession de façon privilégiée. Lever de dernière minute à 6h et on se glisse discrètement sur le balcon. Notre fenêtre donne directement sur deux temples, on ne pourrait pas faire mieux. On voit les moines sortir des bâtiments et se rassembler en formant des lignes de plus en plus denses. Il n’y a pas de circulation, pas de paroles, aucun bruit. Quelques personnes sont assises avec de paniers de riz et d’autres aliments difficiles à distinguer. Les moines se placent en une file indienne immobile le temps que tout le monde soit prêt puis la procession se met en marche et la distribution commence. Chaque moine s’arrête devant chaque fidèle, ouvre son urne, se penche et reçoit une poignée de nourriture.
C’est vraiment un spectacle magnifique à voir, très graphique, et même sans que l’on soit croyant, assez touchant.


Le seul souci, c’est la discrétion bien sûr. Nous l’avons lu dans le guide et c’est affiché partout en ville : la procession est devenue sans le vouloir une attraction touristique et certains curieux font preuve d’un manque de respect total. Il est donc demandé aux gens de ne pas s’approcher de trop près, de s’habiller de façon décente, de ne pas parler aux moines, de ne participer aux offrandes que si l’on est spirituellement impliqué etc. Pour des personnes normales, ce sont des recommandations qui paraissent presque évidentes et autant de précautions nous semblait un peu exagéré. Notre réaction naturelle dans ce genre de circonstances est la discrétion la plus totale. Par exemple, de notre observatoire, nous sommes de l’autre côté de la rue et en hauteur mais le silence est tel que le clic de mon appareil photo me gêne. Certains moines perçoivent notre présence et le bruit et nous regardent. Peut-être sans aucune pensée négative de leur part mais malgré tout on se demande si ce n’est pas déjà trop. En revanche, on comprend les mises en garde quand on voit certains touristes mettre leur flash sous le nez des moines. Une bande d’Espagnols d’une guesthouse voisine, d’un certain âge, pas des jeunes, se collent à la procession et prennent des gros plans de jeunes bonzes...
Bref, on se dit qu’il faudra qu’on se motive pour une deuxième session, cette fois en descendant peut être dans la rue pour voir les événements d’un autre angle.
En attendant, les moines c’est sympa mais ils ont la fâcheuse manie de commencer leurs journées très tôt. Il est 6h40, on est crevés, et comme on n’est pas bouddhistes et particulièrement contents de ne pas l’être ce matin, on retourne se coucher pour une grasse mat bien méritée.
On se bouge seulement pour le déjeuner. On craque pour un restaurant japonais, d’une part parce qu’il est japonais et ça c’est un argument de poids, mais aussi parce qu’il est vide. Finalement pas si terrible mais correct. Et puis il nous permet d’observer les passants.
Malgré la chaleur, nous partons ensuite à la découverte de la richesse culturelle de la ville.
Luang Prabang était la capitale du Laos jusqu'en 1946, même si tout se passait plutôt à Vientiane. C’était également la ville préférée de l’administration coloniale française, qui a laissé des traces architecturales fort jolies. Elle est donc classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco depuis 1995.

La ville est très religieuse, et est connue pour ses temples, nombreux, beaux et bien conservés. Son nom vient d'ailleurs de Phra Bang, la statue de Bouddha conservée au Wat Mai. Elle a été saccagée plusieurs fois par des pillards, birmans et chinois, mais les méchants n’étaient pas si méchants, ou du moins avait des principes car ils ont évité de détruire les temples. Merci les pillards.
Aujourd’hui nous commençons par le Wat Mai, la maison du Phra Bang donc, que l'on ne peut pas voir, c'est bien dommage. C'est un des lieux importants du bouddhisme. Ce n'est ni le plus grand ni le plus impressionnant, mais on a la chance de le visiter au grand calme donc c'est agréable.

On visite ensuite la bâtisse voisine, le Haw Kham, c'est-à-dire le palais royal, devenu musée national. Le dernier roi était Savang Vatthana qui a régné jusqu'en 1975, année où le royaume a été aboli par le régime communiste. Le palais a été construit à l'époque de son père Sisavang Vong, à l'époque du protectorat français.
On se balade ensuite dans les petites ruelles du centre, en profitant de leur relatif calme. Ce quartier étant protégé par le statut de Patrimoine Mondial, les maisons sont bien entretenues ou rénovées et on voit de jolis spécimens en bois.


On s’arrête au Centre Culturel Français, qui est une maison coloniale jaune un peu triste. La porte est ouverte, on entre timidement. Au rez-de-chaussée de petites pièces vides sauf sur les murs quelques affichettes d’événements du Centre, des dessins d’enfants. Un panneau indique la bibliothèque au premier étage. On va jeter un œil, très bonne initiative car on y restera deux heures à lire les multiples magazines français mis à disposition, avec fauteuils confortables. Du sérieux et du plus futile, tout y passe. Nico me traîne dehors sinon j’aurais pu encore y rester un bon moment. De petites doses de France de temps en temps ça fait un bien fou.
Un petit passage à la maison pour se rafraichir et nous ressortons dîner. Intéressée par un cours de cuisine traditionnelle laotienne proposé par un des restaurants élégants de la rue principale, le Tamnak Lao, nous décidons de le tester d’abord en tant que clients. Convaincant, c’est délicieux.
La cuisine lao ne se distingue pas de façon flagrante de ses voisines pour nos papilles novices : pâtes de riz et riz, légumes verts, poivrons, aubergines, beaucoup d’ail, porc, poulet, bœuf, lait de coco, citronnelle, galangal, coriandre etc. Mais elle parait plus délicate quand même. On aime beaucoup.
Repus, on s’écroule.

Vendredi 1er avril – Luang Prabang
Je me paie le luxe d’une super grasse matinée pendant que Nico va se balader en ville dans le calme du petit matin, puis paresse tranquillement sur le balcon avec son petit café, ses tableaux Excel et ses guides (ses trois meilleurs amis pendant ce voyage). J’allais oublier lequipe.fr. Le tout avec vue sur la vie monastique.
La fin de matinée se passe en organisation de la suite du périple, car nous devons changer nos plans, pour le mieux car nous avons décidé d’essayer de revenir ici pour le nouvel an lao (bouddhiste), qui a lieu à partir du 13 avril. Il est célébré partout dans le pays mais il est particulièrement apprécié des touristes à Luang Prabang pour l’euphorie particulièrement forte qui se développe dans cette ville pendant ces quelques jours. Alors que Nico avait prévu un parcours Nord-Sud assez logique, et optimal étant donné l’état des routes au Laos, maintenant ça devient plus compliqué car on doit revenir dans le Nord alors qu’on prévoit de ressortir du pays par le Sud pour aller au Cambodge.
On part vers l’est de la ville pour la visite d’autres temples connus, mais avant c’est la pause déjeuner dans un petit restaurant tout calme et ombragé, tenu par des jeunes femmes adorables et charmantes. On a envie d’y traîner un peu plus longtemps mais la journée n’a même pas réellement commencé donc on se force à repartir.

Le Wat Xieng Thong est le temple le plus grand et le plus connu de Luang Prabang. Il est considéré comme l'un des joyaux de l'architecture laotienne, et il fait partie de ces temples qui ont été épargnés par les "Pavillons noirs", des mercenaires utilisés par la Chine pour lutter contre la présence française. Leur chef, Deo Van Tri, a ordonné de ne pas toucher au temple car il y avait été bonze lorsqu'il était plus jeune.
On en profite pour faire une petite photo hommage à la couverture de notre guide, même si je doute de la spiritualité du sujet du jour comparé à notre ami moine.
Après cette visite marathon d’au moins… pfiu… une bonne heure, on est épuisés et on se dit que la journée à été suffisamment productive, faut pas non plus trop forcer. On passe donc directement à l’apéro, dans un des multiples bars à terrasses posés sur les rives du Mekong. La rivière est en contrebas, ce qui nous permet d’avoir une vue plongeante dessus. Grande classe.
Décidément très flemmards, on bouge d’au moins dix mètres quelques heures après pour le dîner, pas particulièrement mémorable mais tout à fait honnête.
A 6h40, alors que tout est terminé mais que l’on s’attarde un peu à regarder les moines reprendre leurs activités (enfin pas tous, on aura remarqué quand même que la vie de bonze n’a pas l’air hyperactive), une nana sort de la guesthouse, la tête des mauvais jours, à moitié à poil, enfin en débardeur et culotte. Elle sort du lit. Elle regarde la rue, à droite, à gauche, et nous demande quand commence la procession. Heu… c’est à 6h, là c’est presque terminé. Peut-être qu’en se bougeant les fesses elle pourra en voir quelques-uns de l’autre côté, rentrant à leurs temples plus éloignés. Quoi, déjà !!! Elle rentre donc précipitamment pour se changer. Oui merci, elle y a pensé toute seule, on ne se balade pas dans cette tenue au Laos, encore moins devant des bonzes. Elle ressort pratiquement dans la même tenue… Voyant qu’il ne se passe vraiment plus grand-chose, elle rentre se recoucher. Certaines personnes sont vraiment à la ramasse.
On profite un peu du calme puis on remonte terminer nos sacs, ce matin nous partons pour Vientiane.
Les autres photos sont LA.
Les moines ont cette tenue caractéristique, une sorte de toge orange (on dit "safran" et en Asie ils ont tendance à dire jaune mais bon, ou rouge), dont les plis paraissent très complexes, et rien de plus pour se couvrir même quand il fait froid. Avec leurs cheveux rasés et ces couleurs vives, ils sont des sujets de photo adorés des touristes, forcément.
Je disais qu’ils avaient un statut particulier car en effet ils sont extrêmement respectés. Il n’y a pas d’Eglise dans le bouddhisme et même s’il y a des maîtres et des responsables locaux ou plus importants encore, il me semble qu’il n’y a pas de hiérarchie aussi marquée que dans d’autres religions. Donc au quotidien tous les moines sont regardés comme étant sacrés. Il y a un certain nombre de règles à suivre en ce qui les concerne, la plupart dont nous n’avons pas besoin, mais plusieurs sont à connaître même pour un simple touriste : ne pas les regarder dans les yeux, ne pas les toucher directement etc. Les rapports avec les femmes sont encore plus stricts : il est interdit d’être dans une même pièce seule avec un moine, et il ne faut avoir aucun contact physique. Concrètement par exemple, une femme ne peut pas s’asseoir à côté d’un moine dans un bus, ce que l’on a constaté plusieurs fois lors de nos trajets. De toute façon on ne verra jamais un moine rester debout dans un bus, tout le monde se lèvera pour le laisser s’asseoir, et les femmes se déplaceront si nécessaire. Ou encore on ne peut pas leur donner quoi que ce soit directement pour éviter le contact des mains, les femmes doivent donc poser l’objet par terre, ou mieux sur un tissu, que le moine récupère ensuite.
Outre cet aspect relationnel avec le commun des mortels, les moines ont bien sûr des règles de vie propres à leur statut. En particulier, ils n’ont pas le droit de cuisiner ou de s’acheter de la nourriture. Or, ils ont beau avoir une spiritualité certainement très nourrissante pour leur esprit, ils n’en restent pas moins des hommes et ont besoin de manger. D’où l’aumône. Tous les matins, tous les moines bouddhistes du monde (enfin je dis ça pour la formule mais je me demande comment font ceux qui vivent dans des temples reculés au milieu de nulle part) partent à pied dans les environs de leur temple pour quêter leur nourriture de la journée, qu’ils reçoivent de la part de fidèles dans des sortes d’urnes. S’ils en reçoivent plus que nécessaire alors ils en redonnent une partie aux nécessiteux.
A Siem Reap par exemple, j’ai vu un moine attendre devant l’hôtel et les employés aller lui donner quelque chose. Mais à Luang Prabang, cette quête à un côté spectaculaire car de nombreux temples sont situés les unes à côtés des autres et tous les moines partent à heure fixe en procession sur un parcours déterminé, le long duquel les fidèles ne se contentent pas de les approcher mais s’agenouillent et attendent le passage des religieux. Le tout se fait dans un silence absolu, donc c’est très joli à observer.
Nous avons choisi notre guesthouse pour pouvoir assister à la procession de façon privilégiée. Lever de dernière minute à 6h et on se glisse discrètement sur le balcon. Notre fenêtre donne directement sur deux temples, on ne pourrait pas faire mieux. On voit les moines sortir des bâtiments et se rassembler en formant des lignes de plus en plus denses. Il n’y a pas de circulation, pas de paroles, aucun bruit. Quelques personnes sont assises avec de paniers de riz et d’autres aliments difficiles à distinguer. Les moines se placent en une file indienne immobile le temps que tout le monde soit prêt puis la procession se met en marche et la distribution commence. Chaque moine s’arrête devant chaque fidèle, ouvre son urne, se penche et reçoit une poignée de nourriture.
C’est vraiment un spectacle magnifique à voir, très graphique, et même sans que l’on soit croyant, assez touchant.


Le seul souci, c’est la discrétion bien sûr. Nous l’avons lu dans le guide et c’est affiché partout en ville : la procession est devenue sans le vouloir une attraction touristique et certains curieux font preuve d’un manque de respect total. Il est donc demandé aux gens de ne pas s’approcher de trop près, de s’habiller de façon décente, de ne pas parler aux moines, de ne participer aux offrandes que si l’on est spirituellement impliqué etc. Pour des personnes normales, ce sont des recommandations qui paraissent presque évidentes et autant de précautions nous semblait un peu exagéré. Notre réaction naturelle dans ce genre de circonstances est la discrétion la plus totale. Par exemple, de notre observatoire, nous sommes de l’autre côté de la rue et en hauteur mais le silence est tel que le clic de mon appareil photo me gêne. Certains moines perçoivent notre présence et le bruit et nous regardent. Peut-être sans aucune pensée négative de leur part mais malgré tout on se demande si ce n’est pas déjà trop. En revanche, on comprend les mises en garde quand on voit certains touristes mettre leur flash sous le nez des moines. Une bande d’Espagnols d’une guesthouse voisine, d’un certain âge, pas des jeunes, se collent à la procession et prennent des gros plans de jeunes bonzes...
Bref, on se dit qu’il faudra qu’on se motive pour une deuxième session, cette fois en descendant peut être dans la rue pour voir les événements d’un autre angle.
En attendant, les moines c’est sympa mais ils ont la fâcheuse manie de commencer leurs journées très tôt. Il est 6h40, on est crevés, et comme on n’est pas bouddhistes et particulièrement contents de ne pas l’être ce matin, on retourne se coucher pour une grasse mat bien méritée.
On se bouge seulement pour le déjeuner. On craque pour un restaurant japonais, d’une part parce qu’il est japonais et ça c’est un argument de poids, mais aussi parce qu’il est vide. Finalement pas si terrible mais correct. Et puis il nous permet d’observer les passants.
Malgré la chaleur, nous partons ensuite à la découverte de la richesse culturelle de la ville.
Luang Prabang était la capitale du Laos jusqu'en 1946, même si tout se passait plutôt à Vientiane. C’était également la ville préférée de l’administration coloniale française, qui a laissé des traces architecturales fort jolies. Elle est donc classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco depuis 1995.

La ville est très religieuse, et est connue pour ses temples, nombreux, beaux et bien conservés. Son nom vient d'ailleurs de Phra Bang, la statue de Bouddha conservée au Wat Mai. Elle a été saccagée plusieurs fois par des pillards, birmans et chinois, mais les méchants n’étaient pas si méchants, ou du moins avait des principes car ils ont évité de détruire les temples. Merci les pillards.
Aujourd’hui nous commençons par le Wat Mai, la maison du Phra Bang donc, que l'on ne peut pas voir, c'est bien dommage. C'est un des lieux importants du bouddhisme. Ce n'est ni le plus grand ni le plus impressionnant, mais on a la chance de le visiter au grand calme donc c'est agréable.

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| Le plus bel exemple de Mullet vu depuis longtemps... |
On visite ensuite la bâtisse voisine, le Haw Kham, c'est-à-dire le palais royal, devenu musée national. Le dernier roi était Savang Vatthana qui a régné jusqu'en 1975, année où le royaume a été aboli par le régime communiste. Le palais a été construit à l'époque de son père Sisavang Vong, à l'époque du protectorat français.
On se balade ensuite dans les petites ruelles du centre, en profitant de leur relatif calme. Ce quartier étant protégé par le statut de Patrimoine Mondial, les maisons sont bien entretenues ou rénovées et on voit de jolis spécimens en bois.


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| Le genre de photos que Nico me demande parfois de prendre en nous baladant... Déformation professionnelle. |
On s’arrête au Centre Culturel Français, qui est une maison coloniale jaune un peu triste. La porte est ouverte, on entre timidement. Au rez-de-chaussée de petites pièces vides sauf sur les murs quelques affichettes d’événements du Centre, des dessins d’enfants. Un panneau indique la bibliothèque au premier étage. On va jeter un œil, très bonne initiative car on y restera deux heures à lire les multiples magazines français mis à disposition, avec fauteuils confortables. Du sérieux et du plus futile, tout y passe. Nico me traîne dehors sinon j’aurais pu encore y rester un bon moment. De petites doses de France de temps en temps ça fait un bien fou.
Un petit passage à la maison pour se rafraichir et nous ressortons dîner. Intéressée par un cours de cuisine traditionnelle laotienne proposé par un des restaurants élégants de la rue principale, le Tamnak Lao, nous décidons de le tester d’abord en tant que clients. Convaincant, c’est délicieux.
La cuisine lao ne se distingue pas de façon flagrante de ses voisines pour nos papilles novices : pâtes de riz et riz, légumes verts, poivrons, aubergines, beaucoup d’ail, porc, poulet, bœuf, lait de coco, citronnelle, galangal, coriandre etc. Mais elle parait plus délicate quand même. On aime beaucoup.
Repus, on s’écroule.

Vendredi 1er avril – Luang Prabang
Je me paie le luxe d’une super grasse matinée pendant que Nico va se balader en ville dans le calme du petit matin, puis paresse tranquillement sur le balcon avec son petit café, ses tableaux Excel et ses guides (ses trois meilleurs amis pendant ce voyage). J’allais oublier lequipe.fr. Le tout avec vue sur la vie monastique.
La fin de matinée se passe en organisation de la suite du périple, car nous devons changer nos plans, pour le mieux car nous avons décidé d’essayer de revenir ici pour le nouvel an lao (bouddhiste), qui a lieu à partir du 13 avril. Il est célébré partout dans le pays mais il est particulièrement apprécié des touristes à Luang Prabang pour l’euphorie particulièrement forte qui se développe dans cette ville pendant ces quelques jours. Alors que Nico avait prévu un parcours Nord-Sud assez logique, et optimal étant donné l’état des routes au Laos, maintenant ça devient plus compliqué car on doit revenir dans le Nord alors qu’on prévoit de ressortir du pays par le Sud pour aller au Cambodge.
On part vers l’est de la ville pour la visite d’autres temples connus, mais avant c’est la pause déjeuner dans un petit restaurant tout calme et ombragé, tenu par des jeunes femmes adorables et charmantes. On a envie d’y traîner un peu plus longtemps mais la journée n’a même pas réellement commencé donc on se force à repartir.

Le Wat Xieng Thong est le temple le plus grand et le plus connu de Luang Prabang. Il est considéré comme l'un des joyaux de l'architecture laotienne, et il fait partie de ces temples qui ont été épargnés par les "Pavillons noirs", des mercenaires utilisés par la Chine pour lutter contre la présence française. Leur chef, Deo Van Tri, a ordonné de ne pas toucher au temple car il y avait été bonze lorsqu'il était plus jeune.
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| Offrande traditionnelle |
On en profite pour faire une petite photo hommage à la couverture de notre guide, même si je doute de la spiritualité du sujet du jour comparé à notre ami moine.
Après cette visite marathon d’au moins… pfiu… une bonne heure, on est épuisés et on se dit que la journée à été suffisamment productive, faut pas non plus trop forcer. On passe donc directement à l’apéro, dans un des multiples bars à terrasses posés sur les rives du Mekong. La rivière est en contrebas, ce qui nous permet d’avoir une vue plongeante dessus. Grande classe.
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| "Welcome to downstairs"... |
Décidément très flemmards, on bouge d’au moins dix mètres quelques heures après pour le dîner, pas particulièrement mémorable mais tout à fait honnête.
Samedi 2 avril – Luang Prabang
C’est journée cuisine pour moi. On se rend au Tamnak Lao à 10h pour mon rendez-vous. On convient que Nico viendra me chercher pour le déjeuner, et on dégustera mes œuvres.
Phia Yang me présente le programme : marché, deux plats pour mon déjeuner à moi puis cinq plats pour Nico et re-moi (heu… ça va faire beaucoup, j’ai intérêt à avoir faim).
Il me fait patienter quelques minutes avec un bon thé et le livret de recettes que je pourrai garder, puis nous partons pour le marché en tuktuk. Il me montre les produits et fait quelques emplettes.
Une fois rentrés à la cuisine, j’ai droit à une nouvelle pause pendant qu’il prépare les ingrédients. Au final le cours de cuisine sera ultra-simple, je n’aurais qu’à mettre les produits déjà préparés dans le wok. Quelques petits trucs à découper mais juste pour le principe. Dans l’ensemble, l’idée est plutôt de me montrer les techniques et le coup de main pour que je puisse les reproduire à la maison, avec les recettes sous les yeux.
Comme prévu, on commence par deux plats : la salade de Luang Prabang, qui est toute simple avec verdure, tomates, concombres, œuf dur et du porc sauté émietté, et le Feu Khua, un plat tout simple de poulet revenu avec des œufs, des sortes d’épinards et divers condiments et épices. Une fois terminés, je suis invitée à les déguster sur la table dressée sur la petite terrasse. J’attaque la première bouchée de la salade en me disant qu’il ne peut rien se passer d’extraordinaire avec des ingrédients aussi classique, et bien que nenni, elle est à mourir. Idem pour le plat chaud, succulent. Je me gave, tout en essayant de résister à la tentation de tout finir car il y a encore du volume à venir. A mon grand regret, alors que je pensais pouvoir emporter les restes, la femme du chef jette tout à la poubelle avant que je puisse dire quoi que ce soit.
On continue avec le programme principal : Chicken Larp, Kheu Sen Lon, Oh Paedak, Kheu Muk Kheua Gup Moo (porc et aubergines, à mourir), Gheng Phet, sans compter l'incontournable riz gluant et la pâte de piment maison.
Pendant qu’on cuisine, le petit garçon de Phia Yang squatte la cuisine avec sa bouille à l’air ébahi en permanence. Il réclame à manger, sa mère lui sert du riz gluant et un peu de porc. On savait que le riz gluant était l’aliment de base de tout repas au Laos mais nous n’avions pas encore eu l’occasion de voir quelqu’un en manger. Non pas qu’on ne sache pas ce que c’est, on en mange souvent, mais au Laos il se déguste avec la main, en en faisant une boulette. On y ajoute ensuite une petite portion d’un des plats d’accompagnement, qu’on agglutine aux riz avec les doigts, et on met le tout à la bouche. Le garçon fait encore plus simple : il a une énorme part de riz dans la main, qu’il croque au fur et à mesure après avoir collé quelques miettes de viande sur un bout de riz. Il a tellement l’air content de manger, c’est un vrai bonheur à voir. Avoir un papa cuistot donne de l’appétit apparemment.
Nico arrive juste après que nous ayons terminé et on s’attable autour du festin. Il est affamé, moi moins, mais on est tous les deux pressés de goûter. Résultat : miam.
On mange tellement qu’on se sent ensuite incapables de faire quoi que ce soit. Le moindre effort nous ferait vomir notre repas. Nous prenons donc une sage décision : sieste. Et pas petite, tout l’après-midi y passe.
On s’extirpe de la chambre en fin de journée pour aller prendre un verre en bord de rivière, pas côté Mekong cette fois mais sur la Nam Khan. Luang Prabang se situe à l’extrémité d’une presqu’île entre les deux fleuves et dans cette partie de la ville, tout au bout, on peut passer d’un fleuve à l’autre en quelques minutes de marche.
En se promenant pour choisir notre terrasse, nous apercevons… Caroline, encore et toujours la Française de l’ENP ! Enième fois que l’on se croise. Comme d’habitude, je ne peux pas m’empêcher d’être étonnée de ce phénomène. Car bien sûr que l’on voyage dans les mêmes coins et avec à peu près le même rythme, mais quand même, pourquoi est-ce que l’on se retrouve à la même minute au même endroit ? Pourquoi est-ce qu’elle n’aurait pas décidé d’aller prendre un verre côté Mekong plutôt qu’ici ? C’est marrant. On se pose donc avec elle et on passe un très agréable apéro français.
Le déjeuner aura été tellement copieux, nous n’avons pas faim donc on zappe le dîner et on se contentera d’un repas liquide.
Dimanche 3 avril – Luang Prabang
Cela fait deux matins que l’on est censés se lever pour assister une nouvelle fois à la procession des moines mais impossible d’arriver à se motiver suffisamment, le lit est trop confortable pour le quitter aussi tôt. On traine donc une nouvelle fois pour ne décoller qu’en fin de matinée.
On se dirige vers le Phu Si, une colline en face du palais royal, particulièrement sacrée. Des dizaines de statues de Bouddhas sont dispersées sur les pentes. Les escaliers sont raides sous cette chaleur mais on sent que cela vaut la peine de grimper pour la vue.
Une fois au sommet, le site en lui-même n’est pas passionnant mais on profite de la vue, malgré la brume de chaleur qui écrase les couleurs.
On redescend et on tente de trouver les autres temples situés de l’autre côté de la colline mais au final rien de très intéressant. Et la température ne motive pas trop à traîner dehors. La balade ne dure donc pas beaucoup plus longtemps et on rentre à la guesthouse. Après tout, pour découvrir et comprendre une ville, observer les gens des terrasses de cafés et du balcon de la guesthouse ça marche aussi non ?
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| Un peu de "comfort food"... |
A 18h, comme tous les jours, dans chaque temple les tambours se font entendre. C’est une sorte d’appel à la prière. Je décide de traverser la rue pour aller jeter un œil à tout cela, car les temples sont ouverts. Je ne suis pas la seule à avoir l’idée et d’autres touristes se sont arrêtés. Rien de bien méchant mais un type me gêne tellement que je me sens obligée de partir. Je lui avais parlé quelques jours auparavant lorsqu’il cherchait une guesthouse avec sa femme, et je savais qu’ils s’étaient installés juste à côté de chez nous. Ici, au lieu d’écouter et de regarder en prenant éventuellement quelques photos, il tape dans ses mains en rythme et se dandine, comme à un concert. Quel con. Les moines le regardent bizarrement, mais il s’en fout, il continue de plus belle. Bref, je repars.
Nous passons ensuite une petite heure à arpenter les ruelles de la ville et à visiter une dizaine de guesthouses pour trouver une chambre pour notre deuxième passage à Luang Prabang dans dix jours. Pour le nouvel an, les établissements sont souvent pleins ou trop chers (car ils appliquent un tarif spécial). On trouve finalement notre bonheur, malgré une petite hésitation devant le comportement de la propriétaire et de sa fille, qui se hurlent dessus au lieu de se parler. Avec nous ça va mais on se dit que si elles ne communiquent que comme ça on ne risque pas de dormir beaucoup. Dans le doute, on lui propose de ne payer qu’une nuit d’avance, et qu’on paiera les deux autres à notre arrivée. Mais ni dans le registre que nous remplissons ni sur le reçu il n’y a trace de notre réservation pour trois nuits, il n’y a même pas de date précise. Ca sent super mauvais. Elle nous assure qu’il n’y a aucun problème, que tout est ok. Nous, on a comme l’impression qu’on vient de payer une nuit qu’on ne pourra pas passer ici et qu’il faudra galérer pour trouver une autre chambre en plein Pimai Lao, quelle merde. Mais bon, pas le choix, et puis on est en Asie, et comme tout le monde sait, en Asie ça a l’air d’être n’importe quoi, c’est souvent n’importe quoi, mais ça se finit toujours bien.
Petit apéro en bord de Nam Khan.
On retourne dîner dans le restaurant familial du premier soir, et on se fait plaisir avec de la nourriture simple mais délicieuse. Décidément, ce séjour à Luang Prabang a été parfait. Visites intéressantes mais pas trop chargées, ville vraiment charmante, bars et cafés absolument parfaits pour l’apéro, restaurants de très bonne qualité, guesthouse canon, on a hâte de revenir.
Lundi 4 avril – Luang Prabang / Vientiane
Cette fois c’est la bonne, on réussit à se lever pour la procession. Nous descendons au rez-de-chaussée et nous asseyons sur le trottoir pour observer et prendre quelques photos. C’est toujours aussi joli.
Cette fois c’est la bonne, on réussit à se lever pour la procession. Nous descendons au rez-de-chaussée et nous asseyons sur le trottoir pour observer et prendre quelques photos. C’est toujours aussi joli.
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| On sent tout de suite la sincérité bouddhiste |
On profite un peu du calme puis on remonte terminer nos sacs, ce matin nous partons pour Vientiane.
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| Le tuk tuk comme si vous y étiez |
Les autres photos sont LA.













































































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