Lundi 4 avril – Luang Prabang / Vientiane
C’est aujourd’hui que l’on teste les transports laotiens pour la première fois, puisque nous étions arrivés à Luang Prabang par bateau. C’est important car avec le changement de programme, on va se coltiner des dizaines d’heures de bus dans les semaines à venir. Gros test donc.
C’est aujourd’hui que l’on teste les transports laotiens pour la première fois, puisque nous étions arrivés à Luang Prabang par bateau. C’est important car avec le changement de programme, on va se coltiner des dizaines d’heures de bus dans les semaines à venir. Gros test donc.
Tuktuk jusqu’à la gare où nous attend un bus à peu près correct mais pas top. Je vais au guichet pour récupérer nos billets et devant moi se trouvent quatre boulets de Français : « C’est combien le billet ? On peut payer en bahts thailandais ? Heee Christian, vas-y, demande leur si on peut avoir un prix si on prend quatre billets ! Non ? Ah bah tant pis, ça valait le coup de demander. » Tssss.
On embarque et à 8h pile le bus quitte la gare, miracle, on se dit que cela cache quelque chose. Evidemment, 100m après la sortie de la gare, le bus s’arrête sur le bord de la route et attend là 1/4h, va savoir pourquoi. Ce genre d'histoire est révélateur car on ne peut pas s'empêcher alors de commencer à s'agiter et à grogner. Or il n'y a rien de vraiment grave et les locaux prennent leur mal en patience sans même se poser de questions. Nous réalisons que malgré des mois de voyage nous avons gardé ce côté un peu speed occidental qui a du mal à totalement se relâcher. On est clairement plus détendus sur certains plans, mais l'inertie inexplicable, on a encore du mal. C'est la même chose aux caisses de supermarché, quel que soit le pays où on se trouvait. La caissière ou le client qui a 2 de tension et on trépigne. Il faudrait un autre tour du monde pour se soigner, et encore.
Bref, une fois repartis, ce n'est pas terminé, cette fois c’est la station essence. D’abord il faut faire la queue, et on comprend ensuite pourquoi, la pompe doit débiter à peu près 1 litre à l’heure. Il faut 10mn pour faire le plein d’un scooter, alors un bus… Au final on quitte Luang Prabang vers 9h. Quand on sait que l’on a 8h de bus à venir sur des routes à venir, c’est vraiment rageant.
La route entre Luang Prabang et Vientiane est connue pour être sinueuse et difficile. Ce n’est pas pour rien que l’on met 8h pour avaler les 300 petits kilomètres. Elle ne faillit pas à sa réputation et ca tourne dans tous les sens. Pour une fois, j’étais motivée pour ne pas dormir tout de suite et profiter un peu des paysages magnifiques de montagnes mais là c’est trop pour moi, je sombre pour ne pas être malade. Tout le monde n’a pas pris cette précaution et les odeurs de vomi le prouvent.
Il faut savoir que cette route est l’axe principal du Laos et relie les deux plus grandes villes du pays. On ne peut pas grand-chose au relief qui oblige la route à serpenter, mais en termes de volume c’est quand même impressionnant : c’est une deux fois une voie, l’équivalent d’une petite départementale française. Et sans la qualité. Donc le moindre camion et soit c’est la file indienne soit on la joue à la locale avec dépassements dans les virages au-dessus du vide. Non, sérieusement, c’est n’importe quoi.
On s’arrête enfin pour la pause déjeuner dans un restaurant de bord de route classique : basique voire limite niveau hygiène, chaises en plastique, menu réduit, en général pas mauvais mais oubliable. Cette fois notre ticket inclut le repas qui consiste en une soupe de nouilles. Elle est servie à une table devant le restaurant, dans des conditions d'hygiène bien locales. C’est l’usine, deux minettes font des bols à la chaîne. Au final, plutôt bonne surprise, ce n’est pas très parfumé mais c’est bon.
Une fois le repas expédié et les toilettes cradingues visitées (le pire avec les toilettes de ce genre d’endroit ce ne sont pas les toilettes elles-mêmes, qui sont pourtant vraiment décourageantes, mais le fait que pour y accéder on passe en général derrière le bâtiment, ce qui permet d’apercevoir les cuisines, et ça c’est flippant), tout le monde patiente devant le restaurant où une femme tient une petite « épicerie » (une table, un frigo). Un des boulets de Français susmentionnés a envie d’un Coca, fort bien. Il tend à la femme des bahts thailandais, qu’elle refuse fermement, non elle ne prend que les kips. « I don’t have kips, why you don’t accept bahts ? » Heu…parce qu’elle a une table qui fait office d’épicerie au fin fond du Laos espèce de débile? Il revient tout dépité vers ses amis et leur explique la situation. Sa femme a alors une idée lumineuse : « Heee Christian, pourquoi tu paies pas en dollars ? » Et voilà notre Christian aller tenter sa chance en dollars…
La route entre Luang Prabang et Vientiane est connue pour être sinueuse et difficile. Ce n’est pas pour rien que l’on met 8h pour avaler les 300 petits kilomètres. Elle ne faillit pas à sa réputation et ca tourne dans tous les sens. Pour une fois, j’étais motivée pour ne pas dormir tout de suite et profiter un peu des paysages magnifiques de montagnes mais là c’est trop pour moi, je sombre pour ne pas être malade. Tout le monde n’a pas pris cette précaution et les odeurs de vomi le prouvent.
Il faut savoir que cette route est l’axe principal du Laos et relie les deux plus grandes villes du pays. On ne peut pas grand-chose au relief qui oblige la route à serpenter, mais en termes de volume c’est quand même impressionnant : c’est une deux fois une voie, l’équivalent d’une petite départementale française. Et sans la qualité. Donc le moindre camion et soit c’est la file indienne soit on la joue à la locale avec dépassements dans les virages au-dessus du vide. Non, sérieusement, c’est n’importe quoi.
On s’arrête enfin pour la pause déjeuner dans un restaurant de bord de route classique : basique voire limite niveau hygiène, chaises en plastique, menu réduit, en général pas mauvais mais oubliable. Cette fois notre ticket inclut le repas qui consiste en une soupe de nouilles. Elle est servie à une table devant le restaurant, dans des conditions d'hygiène bien locales. C’est l’usine, deux minettes font des bols à la chaîne. Au final, plutôt bonne surprise, ce n’est pas très parfumé mais c’est bon.
Une fois le repas expédié et les toilettes cradingues visitées (le pire avec les toilettes de ce genre d’endroit ce ne sont pas les toilettes elles-mêmes, qui sont pourtant vraiment décourageantes, mais le fait que pour y accéder on passe en général derrière le bâtiment, ce qui permet d’apercevoir les cuisines, et ça c’est flippant), tout le monde patiente devant le restaurant où une femme tient une petite « épicerie » (une table, un frigo). Un des boulets de Français susmentionnés a envie d’un Coca, fort bien. Il tend à la femme des bahts thailandais, qu’elle refuse fermement, non elle ne prend que les kips. « I don’t have kips, why you don’t accept bahts ? » Heu…parce qu’elle a une table qui fait office d’épicerie au fin fond du Laos espèce de débile? Il revient tout dépité vers ses amis et leur explique la situation. Sa femme a alors une idée lumineuse : « Heee Christian, pourquoi tu paies pas en dollars ? » Et voilà notre Christian aller tenter sa chance en dollars…
Finalement tout le monde commence à remonter dans le bus. Lorsque je m’approche, l’entrée est obstruée par mon ami Christian, qui n’en a pas fini avec ses conneries de la journée. Celui-ci tente d’expliquer quelque chose au chauffeur ou un de ses amis mais a du mal car personne ne parle anglais. Un type installé au premier rang en haut dans le bus se propose de se lever, de descendre et de traduire, sympa. Mais il aura vite fait de remonter. Car en effet, j’ai eu honte d’être Française. Cricri mobilise la terre entière pour expliquer, fort et avec de grands gestes, à une jeune femme qu’elle devrait installer sa fille, que tout le monde avait remarquée car elle a été très malade pendant le trajet et même depuis que nous sommes arrêtés, sur la banquette derrière le chauffeur, celle qui lui sert à se reposer, et qu’elle serait beaucoup mieux là etc. Et il répète ses conseils à tous les curieux. Ce type est simplement en train d'expliquer à cette femme comment s’occuper de sa propre fille, sur une route et dans des conditions de voyage qu’elle doit connaître par cœur, un milliard de fois mieux que lui, et le tout en public. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec l’Asie, le pire qu’on puisse faire à quelqu’un socialement parlant est de lui faire perdre la face, c’est un comportement extrêmement mal perçu et qui peut théoriquement avoir des conséquences relationnelles graves. Et là ce débile qui croit tout savoir fait la leçon à ces Laotiens sous-développés qui ne savent même pas faire en sorte de soulager leurs enfants quand ils sont malades en bus. Les touristes s’étonnent d’être parfois mal accueillis, on se demande pourquoi ce n’est pas plus. D'ailleurs, ici, les Laotiens ne prennent pas la mouche car ce n'est pas le style de la maison, mais on voit bien à leur tête que tout le monde est gêné et veut mettre fin à la discussion. Christian rejoint ses amis tout content de lui.
Après cet épisode post-colonialiste énervant, on repart pour un tour. La fin du trajet est un peu moins désagréable car ça tourne moins, mais cette impression de voyage qui n’en finit jamais rend totalement dingue. On va à une vitesse ridicule, le retard s’accumule, les passagers ayant une correspondance avec un bus de nuit commencent à stresser de rater leur bus suivant, et nous stressons avec eux car nous serons dans ce cas dans deux semaines sur le même trajet. On a comme l’impression qu’il va falloir que l’on fasse changer nos billets pour prendre plus de marge.
Heureusement j'ai une copine de voyage avec qui je fais mumuse.
Nous arrivons à Vientiane à 18h, soit 10h pour faire 300km. Bonne moyenne.
Sur le parking de la gare routière, harcelés par les taxis et les tuktuk, on propose à un couple de partager le transport. Ils sont déjà venus à Vientiane et donne donc les instructions.
On se fait déposer dans le centre et on part en quête d’une guesthouse avec notre paquetage sur le dos, qui parait vraiment lourd après cette journée de transport difficile. Et c’est ce soir-là bien sûr que l’on a du mal à trouver quelque chose qui nous convienne, alors que d’habitude nous n’avons pas trop de souci. Après plusieurs visites et une bonne demi-heure de marche, on opte pour une chambre confortable. On aurait pu prendre moins cher, mais la perspective de dormir dans un lit qui sente l’humidité ce soir est trop triste.
Ouf, ça y est, on est installés.
Affamés, nous marchons quelques rues pour finalement terminer dans un restaurant coréen bon mais cher. Journée pas très active mais très longue, ne serait-ce que dans le ressenti, on file au lit, qui est, lui, parfait, donc tout est oublié.
Mardi 5 avril – Vientiane
On s’installe dans la salle du petit déjeuner de l’hôtel. Le contenu est prometteur avec entre autres des toasts appétissants. La surprise vient de la confiture, qui parait effectivement d’un rouge un peu trop fluo pour être honnête. Au goût c’est très exactement des fraises Tagada fondues en pâte à tartiner. Pas désagréable sur le principe, plaisir régressif, mais pas au petit déjeuner. Un peu too much.
Notre présence à Vientiane est motivée certes par la perspective de visiter quelques sites intéressants de la capitale mais est aussi technique : nous comptons sur les consulats de Chine et de Mongolie pour être plus calmes que dans les grandes capitales à venir et nous faciliter ainsi l’obtention des visas dont nous avons besoin pour la suite du voyage.
Après un passage à la banque avec un change de Traveler’s Cheques poussif (Nico a changé de signature depuis l’établissement de son passeport et c’est la loterie à tous les coups pour que les guichetiers acceptent le change), on s’approche de l’un des milliards de tuktuk. On montre au chauffeur le nom de l’ambassade de Mongolie que l’on s’est faite écrire en laotien, mais ce n’est pas une demande banale et il est perdu. Heureusement, un de ses collègues, plus âgé, a quelques restes de français et nous aide à repérer où aller et négocier le prix de la course, qui enchainera sur des visites après l’ambassade.
Et nous voilà partis à traverser la ville. On se retrouve dans un quartier résidentiel où se situent la plupart des ambassades. Mais ce sont de petites ruelles sinueuses et le chauffeur n’est pas tout à fait sûr de l’emplacement de l’ambassade. Avec l’aide d’autres chauffeurs ils ont réussi à avoir vaguement une idée mais là c’est la chasse au trésor. On trouve par miracle. C’est une maison d’architecte mais un peu vieillote. On sonne, un type vient nous ouvrir. A sa tête on voit bien qu’il ne doit pas avoir des visiteurs tous les jours. Il nous fait entrer dans un petit bureau. Notre demande est tellement inhabituelle qu’il fait descendre l’ambassadeur lui-même. Un type au ventre énorme et une tête typique de Mongol apparait. Il est très sympathique et est ravi que des touristes aille visiter son pays. Le visa peut être prêt pour demain sans problème, c’est 60$. Oh le salaud, il doit se mettre 30 ou 40$ dans la poche… Mais nous n’hésitons pas une seconde, Vientiane c’est notre marathon des visas, quel que soit le prix. Car nous n’avons a priori pas prévu de passer suffisamment de temps dans une autre capitale à venir pour pouvoir y tenter les visas manquants. Si ça ne fonctionne pas ici, il faut changer tous les plans.
On retrouve notre tuktuk qui nous attendait à l’extérieur et on passe chez le voisin chinois. C’est con, le consulat est fermé exceptionnellement, on ne sait pour quelle raison. Mais la porte est ouverte donc on s’incruste et le type doit avoir besoin de faire sa BA de la journée car il accepte de répondre à nos questions et de nous donner les formulaires. Ca n’a pas l’air impossible mais il va falloir préparer les bons papiers.
Une fois ces formalités expédiées, le tuktuk nous emmène au Pha That Luang, une stupa dorée gigantesque, la plus sacrée et importante du Laos. Il y a énormément de monde, on sent que c’est une attraction touristique majeure, mais surtout des locaux. On me demande à l’entrée de me couvrir les jambes avec un sarong, comme dans tous les sites bouddhistes. J’avais prévu le coup, j’ai mon matériel. Sinon ils en prêtent, mais étant donnée la chaleur, si je peux éviter de récupérer la transpiration des 1736 visiteurs précédents, ce n’est pas plus mal.
On fait assez rapidement le tour, ce n’est pas très grand et une fois que l’on a vu cet édifice phallique doré sous tous les angles, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire. Ce qui est dommage c’est qu’il soit mal entretenu. C’est vraiment le lieu incontournable de toute visite à Vientiane et certains bouddhistes se déplacent même de loin pour le voir et y prier. Pourtant, la peinture est écaillée, le béton apparait parfois, l’ensemble est joli de loin mais triste de près.
Une fois sortis de l’enceinte, on rigole aux pubs peintes sur les bancs, qui contrastent avec leur environnement.
On rentre en centre-ville et on se pose dans un restaurant quelconque pour le déjeuner. Nico me laisse ensuite bosser pour aller faire un tour et quelques emplettes de guides pour la suite. Comme on est des foufous, on change ensuite de bar et on passe la fin d’après-midi dans un truc à touristes de notre rue, qui a l’avantage d’être chaleureux et climatisé. Mais la scène est assez marrante (ou pas) avec 100% des tables occupées par des Blancs avec leur PC ou leur portable.
Dîner dans un restaurant local connu pour ses pho, les soupes de nouilles vietnamiennes, le tout pour 8000 kips soit 0,80€ par personne. Pour la peine, on se lâche en prenant un dessert dans la rue, des beignets de toute sorte, qui nous coûtent au moins 0,50€.
Mercredi 6 avril – Vientiane
Nouveau petit déjeuner aux fraises Tagada et on récupère un tuktuk devant l’hôtel pour retourner à l’ambassade de Mongolie, toujours après qu’il ait questionné tous ses collègues sur son emplacement. Une fois dans le quartier, il commence à tourner en rond, ce qui commence à nous stresser un peu car ça peut durer longtemps. Heureusement, je ne sais pas par quel miracle, je reconnais une rue, qui ressemble pourtant à toutes ses voisines, et on retrouve la maison bleue mongole. Nos visas sont prêts et l’ambassadeur toujours aussi gros. Nico a un chiffre en trop dans son numéro de passeport indiqué sur le visa, qui potentiellement pourrait l’obliger à rester en Chine pendant que j’irai rendre visite aux yourtes, mais bon on n’a pas le temps de se poser trop de questions, on tentera notre chance.
Deuxième visite également à l’ambassade de Chine. Il y a un monde de folie, probablement suite aux deux jours de fermeture. On fait la queue et on dépose notre dossier. Ah merde, il nous manque une réservation d’hôtel. Non mais sérieusement, à quoi ça sert… Mais il nous fait une fleur, on peut lui fournir seulement pour les premiers jours sur le territoire, pas besoin de préparer l’itinéraire complet. Merci Monsieur.
Retour en ville et squatt d’un des bars de la veille pour réservation et impression de réservation. Le consulat n’étant ouvert que le matin, c’est trop tard pour y retourner donc on décide de confier notre dossier à notre hôtel, qui propose des prestations, chères, de demande de visa. On les laisse bosser pendant que nous serons plus au sud pendant quelques jours et nous repasserons récupérer les papiers sur le chemin de retour vers Luang Prabang. En espérant que tout se passe bien car sinon on ne sait vraiment pas quand on aura une autre occasion de demander ce visa.
Le temps de gérer tout ça et on part déjeuner dans un restau pas loin, très simple et très bon.
Il fait une chaleur à crever et je ne suis pas du tout motivée pour aller explorer les autres temples de la ville. Nico me laisse donc à bosser dans un café et part en vadrouille. Je me pose au balcon, avec la rue à observer pendant mes moments de pause, nickel.
Il me récupère en fin de journée. Un petit apéro, puis on décide d’aller chez le voisin japonais pour un bon repas nippon qui fait plaisir. Ce n’est pas de la grande qualité mais les saveurs sont là et c’est du bonheur.
Au final, on aura passé notre séjour à Vientiane dans 2 rues et demi (un chouia plus pour Nico avec quelques visites), c'est honteux. Que Vientiane nous pardonne.
Les autres photos sont LA.






















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