Mardi 25 janvier – Huahine
Un micro-vol plus tard (une vingtaine de minutes, ce qui laisse le temps au stewart de nous servir un jus de fruits pendant la petite minute de vol pur), nous arrivons à Huahine.
Nous prenons un taxi pour nous rendre à la pension Mauarii, où Raphaël est un habitué lors de ses séjours sur l’île. On a tenté le prix d’amis mais sans succès. Pourtant ce n’est pas le rush : nous sommes trois clients en tout et pour tout.
La pension est grande, plus modeste que notre demeure précédente mais la chambre est vraiment immense, 40m², donc toujours à peu près la surface de notre ex-appart parisien, dont la salle de bains d’une taille que bon nombre d’étudiants en studio envieraient.
Le temps de prendre nos repères dans cet espace et on se pose les fesses dans le sable face à la mer, la meilleure activité qui soit sur une île.
Est posée sur une autre chaise longue l’autre cliente de l’hôtel, une jeune femme asiatique. On tente les paris sur ses origines. Quand elle commence sa session de plongée sous nos yeux avec le type de l’agence installée dans la pension, son anglais ne nous donne pas plus d’indices. En tous cas nous sommes intéressés par leur conversation car Raphaël nous avait précisé que le type en question était très sympa et que ce serait la bonne occasion de faire notre baptême de plongée. Vu les deux boulets que nous sommes et nos tares que j’ai mentionnées précédemment, nous avons besoin de quelqu’un de bien accroché et motivé. Il semble parfait et rien qu’à le regarder parler nous sommes convaincus qu’il faut nous lancer avec lui.
Les restes du petit déjeuner suffisent à faire un bon déjeuner, et dans l’après-midi, nous partons nous balader le long de la plage. On nous a dit qu’il y avait du snorkelling sympa à faire autour des nombreuses patates près des digues au bout de la plage. Celle-ci est très très étroite, à un endroit la maison qui la surplombe a même construit un mur qui nous oblige à passer dans l’eau, mais les paysages sont magnifiques.
Arrivés aux digues, on s’équipe et on met la tête sous l’eau. Waaaaaaaaaaaaa. Ah oui, ok. Effectivement, c’est un peu comme le Jardin de Corail de Tahaa mais à peine de courant donc on peut y passer autant de temps que l’on veut, aller titiller les anémones, poursuivre les poissons. Un vrai parc d’attractions. Nous sommes novices en la matière et faire nos débuts ici c’est du grand luxe. Il va falloir choisir soigneusement les prochains spots si nous sommes amenés à refaire de la plongée car on a commencé avec du haut niveau. Nico n’est pas encore au top au niveau requins mais il fait un effort pour profiter du spectacle. Pour moi ça va car l’eau est peu profonde.
On passe un très long moment à tourner autour des patates, à observer toutes les sortes de poissons, à se désigner les nouvelles encore jamais vues, à changer d’avis toutes les dix secondes sur quelle espèce est notre préférée. Il y a également des anémones dans lesquelles se cachent des poissons clowns, vous savez Nemo. Et ben tout pareil, comme à la télé.
Bon et il y a aussi d’énormes étrons. Je suis désolée, j’ai essayé d’éviter la comparaison mais il n’y a vraiment rien de mieux. C’est de la famille des étoiles de mer mais en forme d’étron et avec la même couleur. Un peu comme le frère tout moche d’une bombasse. Ce n’est quand même pas de bol d’être aussi laid quand on aurait pu ressembler à une mignonne petite étoile de mer non ? Et pour avoir marché dessus par mégarde et bien je peux vous dire que ça explose tout à fait correctement, dans une « gerbe de gerbe » comme dirait Nico. Conclusion : sous la mer comme en surface, la vie est injuste.
On ressort de l’eau un peu comme la veille à Tahaa, tout contents. Ce qu’on a perdu en limpidité de l’eau on l’a gagné en surface de jeu et en tranquillité d’exploration.
En rentrant à la pension, on retrouve Meng Meng. On engage la conversation avec elle. Une des premières questions qui nous brûle les lèvres : « Tu viens d’où ? » Corée ? Chine ? Hong-Kong ? Singapour ? « D’Allemagne, j’habite à Düsseldorf. » Vous auriez dû voir nos têtes. Et on se prend à se faire la réflexion qu’on exècre d’habitude : ok Düsseldorf, c’est bien gentil, mais sinon ? Pour de vrai ? Parce que tu n’as pas une tête d'Allemande hein, tu ne peux pas dire le contraire. Dieu sait que je me prends des remarques de ce genre alors que je suis née dans le Cantal, et pourtant on a la même réaction. Donc Meng Meng est Allemande, soit, avec une famille originaire de Chine, soit. Et vu son caractère bien trempé, on sent bien le mélange. Oui je sais, encore du cliché. Enfin peu importe, elle est très très sympa.
On passera donc le dîner ensemble à la pension, à se délecter entre autres de poisson à la tahitienne, qui est la variante locale du ceviche adoré au Pérou, c’est-à-dire du poisson cru mariné dans du citron vert et des herbes, auxquels est ajouté ici du lait de coco. Un pur régal, je m’en suis gavée pendant toute la semaine, peut-être même à l’excès.
Meng Meng nous prévient que risque de débarquer un type qu’elle a rencontré sur le spot de snorkelling. C’est le plongeur que nous avons nous aussi aperçu au large quand nous y étions plus tôt. Comme il le confirmera plus tard dans la soirée, alors que tout le monde se contente de le regarder de loin comme nous l’avons fait, et les plus téméraires de s’approcher un peu plus pour voir ce qu’il fabrique, Meng Meng, avec son caractère, s’est dirigée droit sur lui.
C’est un militaire à la retraite (il doit avoir une petite quarantaine), s’est installé sur l’île depuis trois ans, et vient tous les jours pêcher au fusil dans le coin. Il nous raconte que malgré sa pension modeste, une fois achetée la toute petite maison en bois où il habite, il est très facile d’être autosuffisant ici. Un jardin où tout pousse bien, tellement de poisson qu’il en donne, quelques shorts et quelques t-shirts, des courses une fois par mois et c’est bon. Raconté comme ça, ça donne presque envie.
Il repart mais il est remplacé par le fils de la propriétaire de l’hôtel, bien haut en couleurs. Parfois c’est drôle, parfois beaucoup moins. « Ah ben mon fils il n’a que 2 ans mais il court déjà les filles, c’est pas un PD c’est sûr, on ne l’a pas raté ». Ok, nous on va se coucher hein, sinon je risque de m’énerver…
Mercredi 26 janvier – Huahine
Aujourd’hui nous avons loué un scooter pour faire le tour de Huahine.
Comme dans la plupart des îles les plus développées de Polynésie, une route goudronnée « deux fois une voie » fait le tour de l’île en longeant la côte. Raphaël nous a raconté que sur celles plus désertes, c’est un autre trip, seulement des pistes. Par exemple, sur l’une des îles des Marquises où il était, si un habitant veut passer son permis de conduire il doit attendre que les gendarmes organisent une session, soit très rarement, et l’examen consiste en un trajet de quelques centaines de mètres toutes droites, sur la seule partie goudronnée de route le long de la plage. A noter que ce permis est valable dans toute la France et qu’il bénéficie d’un statut particulier, pas de système de points! Mais bon ça doit concerner 18 personnes max je pense et il n’y a pas besoin de ça pour faire des chauffards, il n’y a qu’à passer un peu de temps en voiture à Paris… Apparemment aussi, la plupart des gens ne se prennent même pas la tête et roulent sans permis. Mais c’est de plus en plus difficile car s’il y a bien une population omniprésente en Polynésie, et on en a été témoins, ce sont les gendarmes. Il y en a partout. Sur les quelques restos où on est allés, presque à chaque fois il y avait une tablée d’entre eux. Surtout des jeunes, qui doivent certainement avoir demandé une mutation pour quelques années, tant qu’ils n’ont pas trop de contraintes familiales etc. Ca doit être tranquilou… Sara nous avait également dit qu’effectivement quand on essayait de se faire des amis « expat » à Tahiti, il y avait forcément des gendarmes dans le lot, il n’y a que ça.
Breeeef, je m’égare encore, ce qui m’arrive encore plus que d’habitude sur la Polynésie j’ai l’impression.
Je disais donc, nous louons un scooter. Contrairement à celui de l’Ile de Pâques, c’est un truc sans permis sans aucune pêche mais au moins il est léger et super facile à conduire.
On commence notre balade par de magnifiques vues sur le lagon aux dégradés de bleus. Il parait que celui de Bora Bora en compte douze différents, on vérifiera. Mais déjà celui-ci n’est pas mal du tout.
On continue tranquillement. C’est plus ou moins la cinquième île sur laquelle nous posons le pied mais la première que nous explorons, c’est un peu étrange. Mais on constate en tous cas que le peuplement de l’île est très simple : une rangée de maisons le long de la route, sauf exceptions des petits villages mais qui sont à plat et pas construits sur les pentes, et au-dessus quasiment plus rien, la verdure, plus ou moins dense. Je pense que c’est à peu près la même chose sur toutes les îles, la différence se faisant sur la densité de maisons sur cet anneau. A Huahine on constate qu’il y a encore des portions de route sans constructions, on est vraiment tranquilles. On passe par de petits hameaux où les gens nous regardent passer. C’est le syndrome des petites communautés, on regarde toujours qui circule, qui fait quoi. Ce qui est sympa et qu’on retrouvera partout c’est que tout le monde se salue, d’un geste de la main ou de la tête, entre piétons, entre voitures, ou entre les deux. Pas systématiquement mais bien la moitié du temps. Ca fait bizarre au début et puis finalement on trouve ça plutôt agréable.
Le tour est assez vite fait, seulement une vingtaine de kilomètres, et on se retrouve rapidement à la vanilleraie, qui n’est finalement pas très loin de chez nous. C’est l’occasion d’en visiter une, puisque nous n’avons pas pu à Tahaa, même si celle de là-bas est plus réputée.
Ca ressemble à un jardin / verger et il ne semble y avoir personne. Pourtant notre arrivée n’était pas très discrète avec notre bécane. Finalement, en explorant, je trouve un type très sec torse nu qui bosse dans un coin. Il nous avait forcément vus et ne semble donc pas très pressés de s’occuper de nous. Confirmation quand on lui dit qu’on voudrait visiter, mais de façon un peu étrange. Sa toute première phrase, prononcée très près de mon visage : « Vous savez, la vanille c’est très difficile, un travail vraiment très difficile, il faut s’en occuper tout le temps ». Okkkk… Donc…. ? Finalement il se résigne à nous montrer.
On commence par les enclos grillagés de vanille, les "ombrières" puisque cette fleur a besoin d'ombre pour se développer. Les gousses sont encore vertes à cette période. Je n’avais aucune idée de ce à quoi ça pouvait ressembler sur pied. Ce sont donc des sortes de lianes que les cultivateurs organisent le long de poteaux en bois. Les gousses poussent en grappes. Tout est très propre, avec au pied des poteaux des tas d’écorces de noix de coco, pour garder l’humidité.
François, puisque c’est son nom, un Marquisien d’origine, est totalement passionné, il s’excite tout seul en nous montrant toutes les étapes. Il nous précise donc que ces pieds demandent un entretien permanent. La vanille est une orchidée, plante très fragile. Il faut l’ « aimer » et la « chouchouter ». Une fois les fleurs épanouies, un travail colossal, qu’il nous montre sur une des quelques fleurs ouvertes, de pollinisation commence : difficile à expliquer mais en gros il prend un tout petit bâton en bois avec lequel il récupère le pollen dans l'étamine, un endroit minuscule de la fleur, puis avec une main ouvre puis maintient le stigmate, ce qui est vraiment délicat car c'est également tout petit, et place le pollen. Fleur par fleur, chacune produisant, si le travail est bien fait, une seule gousse. Ensuite il faut encore entretenir parfaitement tout ça pour qu’elles se développent au maximum, on les cueille, les passe dans l'eau chaude, les étuve, les sèchent pendant des semaines, et voilà. Pfiu, c’est bon je comprends maintenant pourquoi la vanille naturelle est si chère. Même dans la vanilleraie ce n’est pas donné, 1000 francs Pacifique (c’est classe non de payer en francs !) soit 8,50€ pour un petit sachet de 7 ou 8 gousses.
On continue la balade derrière avec les arbres fruitiers. Il y a de tout : ananas, pamplemousses, mangues etc. A chaque fois il nous demande si on aime tel fruit, moi je réponds oui systématiquement puisque je suis une fan furieuse de tous les fruits, et il nous en cueille directement sur l’arbre, et les fourre dans le sac à dos en disant que sa patronne ne doit pas les voir. Trop bien. Et puis c’est intéressant de voir comment tout ça pousse.
Franchement, je n’avais jamais imaginé un ananas indigène, dans son environnement naturel, hors étalage de primeur. Première surprise, pas d’arbre mais une espère de tête d’ananas géante plantée au sol et au beau milieu, un ananas qui pousse à la verticale. Il nous explique que c’est très facile : quand on en mange un, on peut planter tout bêtement la tête qu’on a coupée, elle se développe et au milieu poussera un fruit quelques mois plus tard. Vous savez ce qu’il vous reste à faire sur votre balcon, ça changera des tomates cerises bande de bobos. Servir à vos convives un ananas produit maison c’est autrement plus snob.
François court partout et parle vite, et il termine la visite en nous montrant les dizaines et dizaines de photos imprimées en A4 de tous les gens qui sont passés et avec qui il s’est fait prendre en photo. Sur le petit comptoir de vente pourquoi pas mais quand il nous montre que sa chambre, dans une cabane à côté, en a un ou deux murs couverts, ça met limite mal à l’aise… Je n’ai pas échappé à la tradition et il m’a effectivement demandé de poser avec lui lorsqu’on était dans la vanilleraie.
Il insiste maintenant pour que je prenne son adresse pour lui envoyer la photo imprimée pour sa collection. Heu… Un peu spécial François mais bien sympa quand même, avec toutes ses explications enflammées et ses cadeaux. Je pense qu’il a apprécié qu’on comprenne la difficulté de son boulot, c’est ce sur quoi il avait insisté dès le début et peut être que certains visiteurs ne sont pas très délicats.
Chargés comme des mules, on fait un aller-retour à la pension pour déposer nos réserves de fruits et on repart, direction cette fois Huahine Nui. En effet, Huahine est en réalité composée de deux îles distinctes, Huahine Iti, la petite sur laquelle nous logeons, et Huahine Nui, la plus grande et la plus développée. Elles sont reliées par un unique pont.
Après avoir passé celui-ci, la gérante de la pension nous avait prévenus, il y a une côte très pentue et le scooter risque d’avoir du mal avec deux personnes dessus, il faudra peut-être que l’un se sacrifie à pied. Effectivement, le bruit est ridicule, un peu comme une tondeuse à gazon poussée à fond, le tout pour aller à 5km/h. On irait plus vite à pied, mais on est bien trop flemmards. Le scooter tient le choc et on arrive au Belvédère.
Suite du tour et petit arrêt pour voir les anguilles sacrées. Pour les Polynésiens, c’est un animal qui a une forte importance religieuse traditionnellement et dans un des villages elles se concentrent dans un minuscule cours d’eau qui le traverse, et particulièrement sous un minuscule pont, pas naturellement mais parce qu’elles savent qu’elles seront nourries. La petite échoppe à côté vend des maquereaux en boîte, une fortune, pour leur jeter. On se contente de regarder, elles sont vraiment énormes. C’est quand même assez moches, des serpents qui nagent. Ca ne donne pas envie de mettre les pieds au milieu…
On en profite pour acheter de quoi grignoter à midi et lorsqu’on dit à la vieille dame qui tient le magasin qu’on compte aller pique-niquer à l’ancien Sofitel, un site superbement localisé mais désormais fermé, elle nous prévient d’un mystérieux : « Très bien, mais faites attention. » On nous avait déjà un peu prévenus à la pension, apparemment plein de jeunes désoeuvrés passent leur temps là-bas et il faut surveiller ses affaires et son scooter. Super.
On va quand même y faire un tour mais effectivement il y a pas mal d’ados qui trainent. Le site est superbe en bord de lagon, Sofitel avait bon goût, mais si c’est pour stresser en permanence pour le scooter et ne pas pouvoir se baigner en même temps car il faut garder les affaires, pas la peine.
On passe donc et on arrive au village principal de Huahine, Fare. Quelques milliers d'habitants et vraiment le strict minimum.
On refait une provision de Biafine en tube méga énorme, car les journées à scooter sur l’Ile de Pâques et le snorkelling des derniers jours ont laissé des traces. Personnellement je découvre les joies du coup de soleil qui fait très mal. J’avais eu des échantillons mais là c’est une autre catégorie. Mon T-shirt était un peu léger lors de notre grand tour de Rapa Nui et le soleil a tapé méchamment. Au final, je perdrai une grande bande de peau en haut du dos, du jamais vu pour moi. Côté snorkelling, les heures passées dos au soleil à la surface de l’eau ce n’est pas top non plus, en tous cas pour les jambes car sinon j’ai choisi l’option t-shirt. Nico est moins affecté contrairement à d’habitude mais il y a quelques coins où la crème indice 173 a été oubliée, ou une fois où c’est le t-shirt, or en Polynésie ce genre d’erreur se paie cher. En effet, il parait que l’air est peu ou pas iodé, ce qui rend le soleil plus agressif pour la peau. Ne me demandez pas ni pourquoi ni comment, mais en tous cas l’expérimentation est concluante en ce qui nous concerne.
On se pose pour un déjeuner léger et tardif face au lagon, avant de rentrer à la pension pour une petite sieste.
Une fois requinqués, on repart faire un tour du côté du spot de snorkelling pour un petit shoot de couleurs. Nico surmonte l’angoisse car la veille au soir, Meng Meng nous a dit qu’elle s’était retrouvée face à un requin à cet endroit lors de sa visite…
On adore toujours et on passe un long moment à profiter du show.
Soirée tranquille à la pension en compagnie de Meng Meng. On déguste en dessert l’ananas frais de la vanilleraie, succulent. Pour ce qui est des pamplemousses, moi qui adore déjà ça d’habitude, là j’ai redécouvert ce fruit. Doux, sucré, parfumé, ferme, parfait. Pourquoi on ne peut pas en avoir de comme ça en métropole ? Tsss, nul.
Jeudi 27 janvier – Huahine / Bora Bora
Nous avons convenu la veille que notre baptême de plongée aurait lieu ce matin. Nous avons bien discuté avec Morgan, l’instructeur, de nos phobies etc, et il nous a beaucoup rassurés en nous expliquant toutes les étapes et en disant qu’il avait l’habitude et qu’il n’avait jamais encore raté un baptême. Nico était décidé depuis le début, moi moins, mais en fin de conversation j’étais tout à fait partante.
On retrouve Morgan à 8h. Session d’information sur le bateau avec petite formation sur le matériel, les procédures etc.
Puis on part en direction d’un coin assez proche de l’île. Meng Meng est avec nous sur le bateau. Pendant que l’un d’entre nous sera en plongée, l’autre pourra faire du snorkelling avec elle.
Nico se lance. Il a oublié de préciser à Morgan qu’il avait déjà fait 4 ou 5 sessions en piscine il y a quelques années ce tricheur, donc Morgan est spécialement impressionné par la facilité de Nico, forcément…
En tous cas tout se passe bien et Nico remonte tout content.
Pendant son absence, nous explorons la zone avec Meng Meng. L’eau est plus profonde, c’est donc un autre style d’aquarium avec des patates immenses et parfois moins de facilités à s’approcher aussi près, mais toujours autant de poissons, top.
C’est mon tour. Ah oui, vous n’aurez pas de photo car mon cher et tendre, tout content de sa session de plongée à lui, m’a donc totalement zappée et il ne lui a pas traversé une seconde l’esprit d’en prendre…
J’ai déjà eu un aperçu au tuba et j’ai un peu d’appréhension sur la profondeur où nous allons plonger. Pour préciser, je n’ai pas du tout peur de l’eau, je nage bien, je peux descendre raisonnablement en apnée etc. Simplement j’ai une crise d’angoisse inexplicable quand je suis face à l’immensité du volume d’eau, quand le sol est relativement éloigné et/ou que je regarde au loin dans l’eau. Même dans une piscine, si je fais des longueurs avec des lunettes, je ferme les yeux quand la tête passe sous l’eau sinon grosse angoisse. Phobie donc.
Morgan me fait tester la respiration au détendeur. L’air est très sec, il m’avait prévenue mais je suis quand même surprise. Dans l’eau ensuite, je m’aperçois qu’il faut inspirer beaucoup plus fort que dans l’air car il y a une résistance du mécanisme, ce n’est pas du tout naturel quand on commence. J’ai l’impression d’hyperventiler donc j’essaie de ne pas forcer, mais ensuite je manque d’air donc la respiration devient plus courte et je suis mal à l’aise. Il faut donc bien se concentrer et appliquer ce qu’on m’a expliqué : de grandes respirations très profondes et très calmes. Effectivement, ça marche mieux. Ensuite il faut régler le problème des oreilles. Or là c’est un peu plus difficile pour moi, malgré plusieurs tentatives mes oreilles continuent de faire mal. J’ai beau souffler fort en me pinçant le nez, la pression est vraiment douloureuse. Ce problème me gâchera un peu tout le début de la session, mais ensuite, d’un coup sans que je ne fasse rien, la pressurisation redevient normale et je retrouve un vrai confort.
Une fois ces considérations techniques évacuées, il ne reste plus qu’à profiter. Et c’est vrai que la plongée a quand même cet avantage évident sur le snorkelling, c’est de pouvoir passer du temps au plus près de l’action. On longe les patates, on va à la quête des poissons planqués dans les recoins du corail etc. Morgan a expliqué que la pêche au fusil étaient interdite en plongée en bouteille ici donc les poissons savent que le danger vient plutôt du snorkelling. Quand on arrive en plongée, ils sont moins craintifs et plus tranquilles. On se retrouve au beau milieu de bancs entiers de milliers de poissons, c’est incroyable. Je suis tellement concentrée sur tout cela que je ne pense même pas à regarder au loin donc pas trop de stress. De toute façon je lâche à peine la main de Morgan, ça me rassure.
Voilà, après 20 minutes sous l’eau et 5 mètres de fond, on remonte.
Je suis assez fière de moi, et surtout totalement ravie de l’expérience. Certainement à renouveler, mais cela nécessitera une personne en qui j’ai autant confiance.
Retour à la pension:
Nous avons juste le temps de prendre une douche car en début d’après-midi nous partons pour Bora Bora, l’île au nom mythique.
Au revoir à Meng Meng, que j’espère avoir l’occasion de recroiser ici ou là et nous quittons Huahine. C’est une île vraiment tranquille et on y a passé de très bons moments.
Les autres photos sont LA.
Un micro-vol plus tard (une vingtaine de minutes, ce qui laisse le temps au stewart de nous servir un jus de fruits pendant la petite minute de vol pur), nous arrivons à Huahine.
Nous prenons un taxi pour nous rendre à la pension Mauarii, où Raphaël est un habitué lors de ses séjours sur l’île. On a tenté le prix d’amis mais sans succès. Pourtant ce n’est pas le rush : nous sommes trois clients en tout et pour tout.
La pension est grande, plus modeste que notre demeure précédente mais la chambre est vraiment immense, 40m², donc toujours à peu près la surface de notre ex-appart parisien, dont la salle de bains d’une taille que bon nombre d’étudiants en studio envieraient.
Le temps de prendre nos repères dans cet espace et on se pose les fesses dans le sable face à la mer, la meilleure activité qui soit sur une île.
Est posée sur une autre chaise longue l’autre cliente de l’hôtel, une jeune femme asiatique. On tente les paris sur ses origines. Quand elle commence sa session de plongée sous nos yeux avec le type de l’agence installée dans la pension, son anglais ne nous donne pas plus d’indices. En tous cas nous sommes intéressés par leur conversation car Raphaël nous avait précisé que le type en question était très sympa et que ce serait la bonne occasion de faire notre baptême de plongée. Vu les deux boulets que nous sommes et nos tares que j’ai mentionnées précédemment, nous avons besoin de quelqu’un de bien accroché et motivé. Il semble parfait et rien qu’à le regarder parler nous sommes convaincus qu’il faut nous lancer avec lui.
Les restes du petit déjeuner suffisent à faire un bon déjeuner, et dans l’après-midi, nous partons nous balader le long de la plage. On nous a dit qu’il y avait du snorkelling sympa à faire autour des nombreuses patates près des digues au bout de la plage. Celle-ci est très très étroite, à un endroit la maison qui la surplombe a même construit un mur qui nous oblige à passer dans l’eau, mais les paysages sont magnifiques.
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| Notre spot de snorkelling |
Arrivés aux digues, on s’équipe et on met la tête sous l’eau. Waaaaaaaaaaaaa. Ah oui, ok. Effectivement, c’est un peu comme le Jardin de Corail de Tahaa mais à peine de courant donc on peut y passer autant de temps que l’on veut, aller titiller les anémones, poursuivre les poissons. Un vrai parc d’attractions. Nous sommes novices en la matière et faire nos débuts ici c’est du grand luxe. Il va falloir choisir soigneusement les prochains spots si nous sommes amenés à refaire de la plongée car on a commencé avec du haut niveau. Nico n’est pas encore au top au niveau requins mais il fait un effort pour profiter du spectacle. Pour moi ça va car l’eau est peu profonde.
On passe un très long moment à tourner autour des patates, à observer toutes les sortes de poissons, à se désigner les nouvelles encore jamais vues, à changer d’avis toutes les dix secondes sur quelle espèce est notre préférée. Il y a également des anémones dans lesquelles se cachent des poissons clowns, vous savez Nemo. Et ben tout pareil, comme à la télé.
Bon et il y a aussi d’énormes étrons. Je suis désolée, j’ai essayé d’éviter la comparaison mais il n’y a vraiment rien de mieux. C’est de la famille des étoiles de mer mais en forme d’étron et avec la même couleur. Un peu comme le frère tout moche d’une bombasse. Ce n’est quand même pas de bol d’être aussi laid quand on aurait pu ressembler à une mignonne petite étoile de mer non ? Et pour avoir marché dessus par mégarde et bien je peux vous dire que ça explose tout à fait correctement, dans une « gerbe de gerbe » comme dirait Nico. Conclusion : sous la mer comme en surface, la vie est injuste.
On ressort de l’eau un peu comme la veille à Tahaa, tout contents. Ce qu’on a perdu en limpidité de l’eau on l’a gagné en surface de jeu et en tranquillité d’exploration.
En rentrant à la pension, on retrouve Meng Meng. On engage la conversation avec elle. Une des premières questions qui nous brûle les lèvres : « Tu viens d’où ? » Corée ? Chine ? Hong-Kong ? Singapour ? « D’Allemagne, j’habite à Düsseldorf. » Vous auriez dû voir nos têtes. Et on se prend à se faire la réflexion qu’on exècre d’habitude : ok Düsseldorf, c’est bien gentil, mais sinon ? Pour de vrai ? Parce que tu n’as pas une tête d'Allemande hein, tu ne peux pas dire le contraire. Dieu sait que je me prends des remarques de ce genre alors que je suis née dans le Cantal, et pourtant on a la même réaction. Donc Meng Meng est Allemande, soit, avec une famille originaire de Chine, soit. Et vu son caractère bien trempé, on sent bien le mélange. Oui je sais, encore du cliché. Enfin peu importe, elle est très très sympa.
On passera donc le dîner ensemble à la pension, à se délecter entre autres de poisson à la tahitienne, qui est la variante locale du ceviche adoré au Pérou, c’est-à-dire du poisson cru mariné dans du citron vert et des herbes, auxquels est ajouté ici du lait de coco. Un pur régal, je m’en suis gavée pendant toute la semaine, peut-être même à l’excès.
Meng Meng nous prévient que risque de débarquer un type qu’elle a rencontré sur le spot de snorkelling. C’est le plongeur que nous avons nous aussi aperçu au large quand nous y étions plus tôt. Comme il le confirmera plus tard dans la soirée, alors que tout le monde se contente de le regarder de loin comme nous l’avons fait, et les plus téméraires de s’approcher un peu plus pour voir ce qu’il fabrique, Meng Meng, avec son caractère, s’est dirigée droit sur lui.
C’est un militaire à la retraite (il doit avoir une petite quarantaine), s’est installé sur l’île depuis trois ans, et vient tous les jours pêcher au fusil dans le coin. Il nous raconte que malgré sa pension modeste, une fois achetée la toute petite maison en bois où il habite, il est très facile d’être autosuffisant ici. Un jardin où tout pousse bien, tellement de poisson qu’il en donne, quelques shorts et quelques t-shirts, des courses une fois par mois et c’est bon. Raconté comme ça, ça donne presque envie.
Il repart mais il est remplacé par le fils de la propriétaire de l’hôtel, bien haut en couleurs. Parfois c’est drôle, parfois beaucoup moins. « Ah ben mon fils il n’a que 2 ans mais il court déjà les filles, c’est pas un PD c’est sûr, on ne l’a pas raté ». Ok, nous on va se coucher hein, sinon je risque de m’énerver…
Mercredi 26 janvier – Huahine
Aujourd’hui nous avons loué un scooter pour faire le tour de Huahine.
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| Vue aérienne, pas de moi |
Breeeef, je m’égare encore, ce qui m’arrive encore plus que d’habitude sur la Polynésie j’ai l’impression.
Je disais donc, nous louons un scooter. Contrairement à celui de l’Ile de Pâques, c’est un truc sans permis sans aucune pêche mais au moins il est léger et super facile à conduire.
On commence notre balade par de magnifiques vues sur le lagon aux dégradés de bleus. Il parait que celui de Bora Bora en compte douze différents, on vérifiera. Mais déjà celui-ci n’est pas mal du tout.
On continue tranquillement. C’est plus ou moins la cinquième île sur laquelle nous posons le pied mais la première que nous explorons, c’est un peu étrange. Mais on constate en tous cas que le peuplement de l’île est très simple : une rangée de maisons le long de la route, sauf exceptions des petits villages mais qui sont à plat et pas construits sur les pentes, et au-dessus quasiment plus rien, la verdure, plus ou moins dense. Je pense que c’est à peu près la même chose sur toutes les îles, la différence se faisant sur la densité de maisons sur cet anneau. A Huahine on constate qu’il y a encore des portions de route sans constructions, on est vraiment tranquilles. On passe par de petits hameaux où les gens nous regardent passer. C’est le syndrome des petites communautés, on regarde toujours qui circule, qui fait quoi. Ce qui est sympa et qu’on retrouvera partout c’est que tout le monde se salue, d’un geste de la main ou de la tête, entre piétons, entre voitures, ou entre les deux. Pas systématiquement mais bien la moitié du temps. Ca fait bizarre au début et puis finalement on trouve ça plutôt agréable.
Le tour est assez vite fait, seulement une vingtaine de kilomètres, et on se retrouve rapidement à la vanilleraie, qui n’est finalement pas très loin de chez nous. C’est l’occasion d’en visiter une, puisque nous n’avons pas pu à Tahaa, même si celle de là-bas est plus réputée.
Ca ressemble à un jardin / verger et il ne semble y avoir personne. Pourtant notre arrivée n’était pas très discrète avec notre bécane. Finalement, en explorant, je trouve un type très sec torse nu qui bosse dans un coin. Il nous avait forcément vus et ne semble donc pas très pressés de s’occuper de nous. Confirmation quand on lui dit qu’on voudrait visiter, mais de façon un peu étrange. Sa toute première phrase, prononcée très près de mon visage : « Vous savez, la vanille c’est très difficile, un travail vraiment très difficile, il faut s’en occuper tout le temps ». Okkkk… Donc…. ? Finalement il se résigne à nous montrer.
On commence par les enclos grillagés de vanille, les "ombrières" puisque cette fleur a besoin d'ombre pour se développer. Les gousses sont encore vertes à cette période. Je n’avais aucune idée de ce à quoi ça pouvait ressembler sur pied. Ce sont donc des sortes de lianes que les cultivateurs organisent le long de poteaux en bois. Les gousses poussent en grappes. Tout est très propre, avec au pied des poteaux des tas d’écorces de noix de coco, pour garder l’humidité.
François, puisque c’est son nom, un Marquisien d’origine, est totalement passionné, il s’excite tout seul en nous montrant toutes les étapes. Il nous précise donc que ces pieds demandent un entretien permanent. La vanille est une orchidée, plante très fragile. Il faut l’ « aimer » et la « chouchouter ». Une fois les fleurs épanouies, un travail colossal, qu’il nous montre sur une des quelques fleurs ouvertes, de pollinisation commence : difficile à expliquer mais en gros il prend un tout petit bâton en bois avec lequel il récupère le pollen dans l'étamine, un endroit minuscule de la fleur, puis avec une main ouvre puis maintient le stigmate, ce qui est vraiment délicat car c'est également tout petit, et place le pollen. Fleur par fleur, chacune produisant, si le travail est bien fait, une seule gousse. Ensuite il faut encore entretenir parfaitement tout ça pour qu’elles se développent au maximum, on les cueille, les passe dans l'eau chaude, les étuve, les sèchent pendant des semaines, et voilà. Pfiu, c’est bon je comprends maintenant pourquoi la vanille naturelle est si chère. Même dans la vanilleraie ce n’est pas donné, 1000 francs Pacifique (c’est classe non de payer en francs !) soit 8,50€ pour un petit sachet de 7 ou 8 gousses.
On continue la balade derrière avec les arbres fruitiers. Il y a de tout : ananas, pamplemousses, mangues etc. A chaque fois il nous demande si on aime tel fruit, moi je réponds oui systématiquement puisque je suis une fan furieuse de tous les fruits, et il nous en cueille directement sur l’arbre, et les fourre dans le sac à dos en disant que sa patronne ne doit pas les voir. Trop bien. Et puis c’est intéressant de voir comment tout ça pousse.
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| Une belle mangue |
François court partout et parle vite, et il termine la visite en nous montrant les dizaines et dizaines de photos imprimées en A4 de tous les gens qui sont passés et avec qui il s’est fait prendre en photo. Sur le petit comptoir de vente pourquoi pas mais quand il nous montre que sa chambre, dans une cabane à côté, en a un ou deux murs couverts, ça met limite mal à l’aise… Je n’ai pas échappé à la tradition et il m’a effectivement demandé de poser avec lui lorsqu’on était dans la vanilleraie.
Il insiste maintenant pour que je prenne son adresse pour lui envoyer la photo imprimée pour sa collection. Heu… Un peu spécial François mais bien sympa quand même, avec toutes ses explications enflammées et ses cadeaux. Je pense qu’il a apprécié qu’on comprenne la difficulté de son boulot, c’est ce sur quoi il avait insisté dès le début et peut être que certains visiteurs ne sont pas très délicats.
Chargés comme des mules, on fait un aller-retour à la pension pour déposer nos réserves de fruits et on repart, direction cette fois Huahine Nui. En effet, Huahine est en réalité composée de deux îles distinctes, Huahine Iti, la petite sur laquelle nous logeons, et Huahine Nui, la plus grande et la plus développée. Elles sont reliées par un unique pont.
Après avoir passé celui-ci, la gérante de la pension nous avait prévenus, il y a une côte très pentue et le scooter risque d’avoir du mal avec deux personnes dessus, il faudra peut-être que l’un se sacrifie à pied. Effectivement, le bruit est ridicule, un peu comme une tondeuse à gazon poussée à fond, le tout pour aller à 5km/h. On irait plus vite à pied, mais on est bien trop flemmards. Le scooter tient le choc et on arrive au Belvédère.
Suite du tour et petit arrêt pour voir les anguilles sacrées. Pour les Polynésiens, c’est un animal qui a une forte importance religieuse traditionnellement et dans un des villages elles se concentrent dans un minuscule cours d’eau qui le traverse, et particulièrement sous un minuscule pont, pas naturellement mais parce qu’elles savent qu’elles seront nourries. La petite échoppe à côté vend des maquereaux en boîte, une fortune, pour leur jeter. On se contente de regarder, elles sont vraiment énormes. C’est quand même assez moches, des serpents qui nagent. Ca ne donne pas envie de mettre les pieds au milieu…
On en profite pour acheter de quoi grignoter à midi et lorsqu’on dit à la vieille dame qui tient le magasin qu’on compte aller pique-niquer à l’ancien Sofitel, un site superbement localisé mais désormais fermé, elle nous prévient d’un mystérieux : « Très bien, mais faites attention. » On nous avait déjà un peu prévenus à la pension, apparemment plein de jeunes désoeuvrés passent leur temps là-bas et il faut surveiller ses affaires et son scooter. Super.
On va quand même y faire un tour mais effectivement il y a pas mal d’ados qui trainent. Le site est superbe en bord de lagon, Sofitel avait bon goût, mais si c’est pour stresser en permanence pour le scooter et ne pas pouvoir se baigner en même temps car il faut garder les affaires, pas la peine.
On passe donc et on arrive au village principal de Huahine, Fare. Quelques milliers d'habitants et vraiment le strict minimum.
On refait une provision de Biafine en tube méga énorme, car les journées à scooter sur l’Ile de Pâques et le snorkelling des derniers jours ont laissé des traces. Personnellement je découvre les joies du coup de soleil qui fait très mal. J’avais eu des échantillons mais là c’est une autre catégorie. Mon T-shirt était un peu léger lors de notre grand tour de Rapa Nui et le soleil a tapé méchamment. Au final, je perdrai une grande bande de peau en haut du dos, du jamais vu pour moi. Côté snorkelling, les heures passées dos au soleil à la surface de l’eau ce n’est pas top non plus, en tous cas pour les jambes car sinon j’ai choisi l’option t-shirt. Nico est moins affecté contrairement à d’habitude mais il y a quelques coins où la crème indice 173 a été oubliée, ou une fois où c’est le t-shirt, or en Polynésie ce genre d’erreur se paie cher. En effet, il parait que l’air est peu ou pas iodé, ce qui rend le soleil plus agressif pour la peau. Ne me demandez pas ni pourquoi ni comment, mais en tous cas l’expérimentation est concluante en ce qui nous concerne.
On se pose pour un déjeuner léger et tardif face au lagon, avant de rentrer à la pension pour une petite sieste.
Une fois requinqués, on repart faire un tour du côté du spot de snorkelling pour un petit shoot de couleurs. Nico surmonte l’angoisse car la veille au soir, Meng Meng nous a dit qu’elle s’était retrouvée face à un requin à cet endroit lors de sa visite…
On adore toujours et on passe un long moment à profiter du show.
Soirée tranquille à la pension en compagnie de Meng Meng. On déguste en dessert l’ananas frais de la vanilleraie, succulent. Pour ce qui est des pamplemousses, moi qui adore déjà ça d’habitude, là j’ai redécouvert ce fruit. Doux, sucré, parfumé, ferme, parfait. Pourquoi on ne peut pas en avoir de comme ça en métropole ? Tsss, nul.
Jeudi 27 janvier – Huahine / Bora Bora
Nous avons convenu la veille que notre baptême de plongée aurait lieu ce matin. Nous avons bien discuté avec Morgan, l’instructeur, de nos phobies etc, et il nous a beaucoup rassurés en nous expliquant toutes les étapes et en disant qu’il avait l’habitude et qu’il n’avait jamais encore raté un baptême. Nico était décidé depuis le début, moi moins, mais en fin de conversation j’étais tout à fait partante.
On retrouve Morgan à 8h. Session d’information sur le bateau avec petite formation sur le matériel, les procédures etc.
Puis on part en direction d’un coin assez proche de l’île. Meng Meng est avec nous sur le bateau. Pendant que l’un d’entre nous sera en plongée, l’autre pourra faire du snorkelling avec elle.
Nico se lance. Il a oublié de préciser à Morgan qu’il avait déjà fait 4 ou 5 sessions en piscine il y a quelques années ce tricheur, donc Morgan est spécialement impressionné par la facilité de Nico, forcément…
En tous cas tout se passe bien et Nico remonte tout content.
Pendant son absence, nous explorons la zone avec Meng Meng. L’eau est plus profonde, c’est donc un autre style d’aquarium avec des patates immenses et parfois moins de facilités à s’approcher aussi près, mais toujours autant de poissons, top.
C’est mon tour. Ah oui, vous n’aurez pas de photo car mon cher et tendre, tout content de sa session de plongée à lui, m’a donc totalement zappée et il ne lui a pas traversé une seconde l’esprit d’en prendre…
J’ai déjà eu un aperçu au tuba et j’ai un peu d’appréhension sur la profondeur où nous allons plonger. Pour préciser, je n’ai pas du tout peur de l’eau, je nage bien, je peux descendre raisonnablement en apnée etc. Simplement j’ai une crise d’angoisse inexplicable quand je suis face à l’immensité du volume d’eau, quand le sol est relativement éloigné et/ou que je regarde au loin dans l’eau. Même dans une piscine, si je fais des longueurs avec des lunettes, je ferme les yeux quand la tête passe sous l’eau sinon grosse angoisse. Phobie donc.
Morgan me fait tester la respiration au détendeur. L’air est très sec, il m’avait prévenue mais je suis quand même surprise. Dans l’eau ensuite, je m’aperçois qu’il faut inspirer beaucoup plus fort que dans l’air car il y a une résistance du mécanisme, ce n’est pas du tout naturel quand on commence. J’ai l’impression d’hyperventiler donc j’essaie de ne pas forcer, mais ensuite je manque d’air donc la respiration devient plus courte et je suis mal à l’aise. Il faut donc bien se concentrer et appliquer ce qu’on m’a expliqué : de grandes respirations très profondes et très calmes. Effectivement, ça marche mieux. Ensuite il faut régler le problème des oreilles. Or là c’est un peu plus difficile pour moi, malgré plusieurs tentatives mes oreilles continuent de faire mal. J’ai beau souffler fort en me pinçant le nez, la pression est vraiment douloureuse. Ce problème me gâchera un peu tout le début de la session, mais ensuite, d’un coup sans que je ne fasse rien, la pressurisation redevient normale et je retrouve un vrai confort.
Une fois ces considérations techniques évacuées, il ne reste plus qu’à profiter. Et c’est vrai que la plongée a quand même cet avantage évident sur le snorkelling, c’est de pouvoir passer du temps au plus près de l’action. On longe les patates, on va à la quête des poissons planqués dans les recoins du corail etc. Morgan a expliqué que la pêche au fusil étaient interdite en plongée en bouteille ici donc les poissons savent que le danger vient plutôt du snorkelling. Quand on arrive en plongée, ils sont moins craintifs et plus tranquilles. On se retrouve au beau milieu de bancs entiers de milliers de poissons, c’est incroyable. Je suis tellement concentrée sur tout cela que je ne pense même pas à regarder au loin donc pas trop de stress. De toute façon je lâche à peine la main de Morgan, ça me rassure.
Voilà, après 20 minutes sous l’eau et 5 mètres de fond, on remonte.
Je suis assez fière de moi, et surtout totalement ravie de l’expérience. Certainement à renouveler, mais cela nécessitera une personne en qui j’ai autant confiance.
Retour à la pension:
Nous avons juste le temps de prendre une douche car en début d’après-midi nous partons pour Bora Bora, l’île au nom mythique.
Au revoir à Meng Meng, que j’espère avoir l’occasion de recroiser ici ou là et nous quittons Huahine. C’est une île vraiment tranquille et on y a passé de très bons moments.
Les autres photos sont LA.






















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