vendredi 15 avril 2011

Polynésie: Tahiti, Moorea

Mercredi 19 janvier – Tahiti

Nous quittons l’Ile de Pâques sur notre petit nuage, on vient de passer plusieurs jours extraordinaires. Mais on a bien hâte de découvrir la Polynésie Française !
Pour tous les deux, ce n’était pas une destination qui nous faisait fantasmer plus que d’autres. Nico n’est a priori pas vraiment attiré par la combo classique sable blanc/palmiers/eau turquoise. Moi en revanche l’idée me séduit beaucoup plus mais, peut-être parce que je ne pensais pas avoir l’occasion d’y aller un jour, je pensais profiter de tout cela ailleurs dans le monde. En revanche, à partir du moment où l’on passait dessus en nous rendant d’Amérique du Sud à la Nouvelle-Zélande, il était difficile de résister à la tentation de s’y arrêter, de même qu’à Rapa Nui. Et une fois les billets pris, alors l’excitation est montée et on était bien contents d’avoir la chance de découvrir l’archipel. Cerise sur le gâteau pour moi, le séjour s’est transformé en cadeau d’anniversaire de la part de Nico pour mes 30 ans. J’ai donc la chance de pouvoir choisir tout le programme selon mes envies, dans le cadre du budget bien évidemment. Grand luxe.

5 heures de vol pour 5 heures de décalage horaire, un record. Au sein du Chili ils ont essayé de limiter la casse mais là on rattrape le retard et on s’en prend plein les dents.

Arrivée vers 23h à Papeete, terre française.
On est accueillis à l’aéroport par Sara. Grande chance pour nous : Sara, la fille d’amis de mes parents, son… comment on dit en fait ? copain, partenaire, mec, conjoint ? Raphaël, et leur fiston Yuzu, habitent à Tahiti depuis un an et demi et ont accepté de nous loger le temps de notre passage sur l’île, super sympa. Et je suis vraiment contente de revoir Sara.
Elle nous passe des colliers de fleurs autour du cou, la tradition, très très respectée, en Polynésie. C’est collier de coquillages quand on repart. Ce n’est pas simplement pour les touristes, les locaux le font pratiquement tous. Premiers plaisirs tahitiens, l’odeur des fleurs de tiaré, mmmmh.
Une rapide traversée de Papeete de nuit pour nous apercevoir d’abord que c’est une vraie ville, tout ce qu’il y a de moins charmant, ou en tous cas très normal, et que c’est totalement mort à cette heure-ci.

On arrive chez eux, dans un quartier résidentiel sur les hauteurs. Ils habitent une maison très agréable. On rencontre celui-ci en arrivant et on papote un peu mais la journée tire à sa fin donc on ne tarde pas trop.

Jeudi 20 janvier et vendredi 21 janvier – Papeete

Temps totalement catastrophique à Tahiti avec des trombes d’eau tombant du ciel, pas très motivant. Sans compter que nous ne sommes pas autonomes puisque nous n’avons pas de voiture. Or à Papeete on ne peut pas compter sur les bus, trop irréguliers, quand ils veulent bien passer, et sur des parcours limités. Taxi ? il n’y a pas d’adresses dans beaucoup de quartiers, dont celui où on loge, donc difficile. A pied, oui mais on est assez loin du centre. Et puis je dois organiser la suite donc on prend le parti de ne pas en faire trop.
Notre seule sortie à deux, ce qu’on pouvait faire de plus sexy en étant dans un lieu qui fait autant rêver que Tahiti : l’Hyper U en bas de la rue ! Ca n’a l’air de rien c’est sûr, mais après plus de quatre mois à l’étranger, retrouver des repères dans un supermarché c’est relativement agréable. Ca induit un comportement totalement ri-di-cu-le face à des produits totalement banals que l'on n’achète jamais d’habitude : « Oooh ya des Kango ! Oooh ya du Caprice des Dieux ! Oooh ya des petits pois Daucy ! » Il fallait nous voir, ri-di-cu-les. A part ça, ce n’est pas un mythe, c’est très très cher, mais très variable selon les produits bizarrement. Certaines choses ont un prix « normal », en tous cas pour des personnes vivant à Paris, et d’autres crèvent les plafonds. On pense au fromage bien sûr par exemple.
Malgré le temps, on passe de très bons moments avec Yuzu, Sara et Rapahël, avec de très bons repas à la maison (aie aie aie, la saucisson et les fromages !!!) ou au restaurant japonais, balades en centre-ville, conversations sympas et en français, et la rencontre avec Yuzu, tout chou, intelligent, vif, et très drôle comme les enfants de son âge, du pur bonheur.

La belle vie à Tahiti
Yuzu et son petit caractère quand il perd...

Samedi 22 janvier – Moorea

J’ai hésité longtemps sur la stratégie à adopter. La Polynésie Française ce sont 118 îles, plus ou moins grandes, plus ou moins habitées, plus ou moins touristiques, réunies en 5 archipels  qui s’étendent sur une surface grande comme l’Europe. Si Tahiti était à Paris, Bora Bora serait en Bretagne, les Marquises en Suède, les Gambier en Bulgarie, les Tuamotu s’étendraient de la Belgique à l’Ukraine et les Australes des Pyrénées à la Tunisie.
Autant d’environnements différents à découvrir. D’autant que Raphaël nous met cruellement l’eau à la bouche. Il travaille pour TDF et s’occupe des installations techniques dans les îles dans le cadre de la mise en place de la TNT. Service public oblige, tous les habitants doivent y avoir accès. Pour cela, il voyage donc partout, sur les îles les plus magnifiques de la région, il a des contacts privilégiés avec les habitants locaux etc. Ses descriptions font totalement rêver. Mais en 8 ou 9 jours, il faut se rendre à l’évidence, on ne pourra pas voir tout ce qu’on voudrait voir, sans compter qu’on ne bénéficie pas des transports et tarifs à la TDF et qu’on devra se contenter des services grand public.
Je choisis donc de me limiter à l’archipel de la Société, celui qui contient Tahiti. C’est le plus touristique, mais par conséquent le plus accessible, et ce qu’on gagne en budget transport on le gagne en activités sur place. On ne va pas faire nos fines bouches, tout ce qu’on pourra faire en Polynésie est un privilège donc soyons modestes.
Nous achetons des Pass Inter-îles, chers mais c’est difficile comme question: d’une part Air Tahiti possède un monopole qui permet des tarifs parfois exorbitants, mais d’autre part elle a une mission de service public et des îles vraiment perdues sont desservies pour trois habitants et demi, pas très rentable.
Ironie de notre achat : on peut utiliser le bateau pour remplacer un des trajets inclus dans le Pass, mais pas celui qui quitte et celui qui revient à Tahiti. Donc notre premier vol sera l’étrange Papeete – Moorea, l’île qui se situe à 20 km juste en face, que l’on voit très clairement de la ville. Ce vol détient le record de la plus petite ligne empruntée par des ATR, des bimoteurs à hélices qui constituent l’essentiel de la flotte.


On nous annonce 15 minutes de vol, en réalité c’est à peine 10. Je pense qu’il n’y a même pas de phase de vol, seulement décollage et atterrissage. Aéroport à la Rapa Nui, limite une cabane en bord de piste.

La pension où nous avons réservé, sur les conseils de Raphaël et avec un prix d’ami, vient nous chercher.  On se retrouve dans notre superbe chambre, un bungalow surclassé puisqu’avec balcon. La pension est pratiquement vide car nous sommes hors saison donc ce n’était pas un gros sacrifice pour eux mais c’est sympa.

Problème : Nico est malade… Hier soir c’était Raphaël qui avait écourté la soirée car il était patraque. Moi je m’étais réveillée dans la nuit pas bien du tout, et ce matin c’est Nico. Il a vomi à l’aéroport de Papeete, mais ça ne s’arrange pas et là il est franchement blanc avec des nausées sévères… Une nouvelle intoxication ? Nous n’avons qu’une seule journée pour explorer la petite île de Moorea mais je le sens très mal. Nico se couche, il n’est vraiment pas en état de faire quoi que ce soit. Il passe finalement la journée au lit, enfin à moitié au lit et à moitié dans la salle de bains… Pendant ce temps, il pleut des cordes, un vrai déluge. Le balcon n’est pas très utile. Bienvenue au paradis…






Je passe donc la journée à errer dans la pension, qui possède malgré tout un magnifique ponton qui s’avance dans l’entrée de la Baie de Cook. Moorea a la forme d’un triangle inversé quasi-parfait, avec deux baies rectilignes bien symétriques qui viennent creuser deux sillons du côté Nord. Nous sommes dans l’une d’elles. Les paquebots de croisière viennent y faire un tour.





Le potentiel des lieux est énorme mais avec ce temps gris et un malade dans la chambre, ça perd de son charme. Heureusement, le personnel de la pension est très sympa et je squatte dans le restaurant avec vue sur le lagon. Je m’occupe du blog, je réserve la suite, je me balade, la journée passe vite.
Pendant le déjeuner, je discute un peu avec Yvon, un Tahitien expatrié à Las Vegas et revenu à Papeete pour ses vieux jours. Il me raconte qu’il a fait des petits rôles de Chinois au cinéma (dont « avec Jugnot en Nouvelle-Zélande »… ?). C’est l’oncle de Lorenzo Lamas, vous savez le chevelu décérébré de la série intellectuelle Le Rebelle ! Une star, pas de doute. Non je rigole mais adorable mon cher Yvon.
En soirée, j’hésite à dîner dans la chambre pour tenir compagnie à Nico mais ce serait vraiment trop glauque pour terminer cette journée déjà pas très drôle et  je suis autorisée à dîner toute seule au resto de la pension. Les quelques autres clients se demandent bien ce que je fais là toute seule… On est samedi donc un groupe local est censé jouer de la musique traditionnelle. Etant donné le peu de monde, seuls deux vieux musiciens ont fait le déplacement. Ce n’est finalement pas du tout désagréable mais quand même pas suffisamment passionnant pour traîner des heures.

Bon, voilà notre expérience de Moorea. Pour Nico, l’aéroport, un vingtième de la côte de l’île en voiture et une chambre. Pour moi, idem avec le reste de la pension en plus. Et la pluie. Hum… On croise les doigts pour la suite.

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