vendredi 26 novembre 2010

Bolivia, mi Pacha Mama

Encore une fois on a trouvé un titre pourri au post bilan du pays, j'espère qu'on va tenir le challenge jusqu'à la fin du voyage.


Impression globale


Aaaah la Bolivie. Dans l’ensemble, elle nous a offert des lieux absolument extraordinaires (lac Titicaca, Sud Lipez et salar d’Uyuni…) et deux villes qui nous ont beaucoup plu (Sucre et Potosi). D’autres endroits ont été moins enthousiasmants, mais rien de bien méchant. En revanche, la Bolivie c’est aussi le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud et cela ne va pas sans conséquences pour nos sensibilités de touristes, avec des conditions de voyage et des infrastructures vraiment basiques : bus cradingues, pistes plutôt que routes, conditions d’hygiène parfois très limites etc. Le tout avec une gastronomie dont nous ne sommes pas tombés amoureux.
Donc disons que le contraste entre ce que l’on a vu et la façon dont on l’a vécu fait que le bilan est mitigé sur l’impression d’ensemble alors que nous avons réellement adoré la plupart des endroits.

Ce qu’on a aimé
  • Le beau temps
C’est évidemment un vrai bonheur de voyager sous le soleil. On l’a cherché en essayant d’organiser notre parcours en fonction des saisons des pays traversés, et pour l’instant ça ne fonctionne pas trop mal. En gros, un seul jour de pluie pendant tout le séjour en Bolivie. Ensuite ça ne veut pas dire qu’il fait chaud, car nous étions à des altitudes très élevées mais nous avons eu droit au ciel bleu la plupart du temps. Miam. Et puis ça fait de plus jolies photos !
Allez, je sais que pas mal d'entre vous sont sous la grisaille et dans le froid en ce moment, donc je vous remets une dose de ciel bleu...











  • L’espagnol bolivien
Les Boliviens parlent lentement et distinctement, ce qui nous a permis de comprendre à peu près correctement ce qu'on nous racontait. Enfin sur le coup nous ne nous en sommes pas forcément réellement rendu compte, c'est en arrivant au Chili et en Argentine que l'on a eu très mal... Donc merci à l'espagnol bolivien qui nous a permis d'améliorer en douceur notre niveau!
  • Los Kjarkas
Metallica n’est plus, Nico a changé de religion, c’est désormais à Los Kjarkas qu’il voue un culte, c’est dire la qualité musicale de la chose. Comme on le disait dans un autre post, il ne mange plus que dans les restaurants qui passent le best-of de leurs clips.
Ce groupe qui existe depuis les années 60 fait partie du patrimoine culturel bolivien, tout le monde le connait, on entend ses chansons partout, tout le temps. C’est la Rolls Royce de la musique folklorique.
Donc à force de les entendre, pas seulement en Bolivie mais ça a commencé au Pérou et même un peu en Equateur, on a commencé à reconnaitre les chansons et à tripper dessus.
Notre petite chouchoute s’appelle « T’una Papita », un de leurs tubes. Les paroles ne sont pas bien compliquées, mais on s’est posés beaucoup de questions sur le titre puisque « thon + petite pomme de terre », ça fait réfléchir. Mais après enquête ce serait en langue quechua. Si vous êtes parfaitement bilingue quechua, ça nous intéresse.
Il est bien évident que nous allons vous faire partager ce grand moment artistique, voici le clip.


Pour info, la danse que l’on voit dans le clip est une forme stylisée de « tinku », un combat traditionnel de certaines régions de Bolivie permettant de régler certains différents entre communautés. Le seul souci est que normalement le combat doit aller jusqu’à la mort de l’un des adversaires, le sang versé étant une offrande à la Pachamama, qui en retour offrira de bonnes récoltes. Sympa non ? La police essaie aujourd’hui d’éviter les drames mais certains combats ont encore lieu. Il y a des tours organisés pour voir ça si ça vous intéresse, pas du tout morbide…
Mais là c’est un tinku chorégraphié, qui simule des combats mais surtout des danses de séduction entre jeunes hommes et jeunes femmes.
  • Les chapeaux melon pour femmes
C’est une nouveauté bolivienne réjouissante en matière de costumes traditionnels dont nous avons pourtant vu de nombreuses variantes depuis trois mois. Les femmes aymara et leur petit chapeau melon posé sur le sommet du crâne, c’est un régal pour les yeux à chaque fois, on ne s’en lasse pas. C’est quand même le comble de l’esthétique car il ne sert à rien du tout ! Il manque de tomber régulièrement (enfin on a quand même vu des femmes hyperactives qui réussissaient à le garder on ne sait pas comment), il ne couvre pas toute la tête, c’est juste un petit appendice bombé. Avec les deux énormes tresses qui dépassent en dessous, le corps bien enrobé (c’est gentil, en général elles sont franchement grosses ces dames), la jupe bouffante aux motifs bariolés d’une longueur atroce et les chaussettes qui montent jusqu’au genou, c’est un vrai spectacle.
Pour info, certains attributs des femmes quechua et aymara comme la coiffure tressés ou les jupes volumineuses ne sont absolument pas liés à la culture indienne mais ont été soit imposés par les Espagnols pour certains soit sont nés d’une volonté d’imiter leur mode occidentale pour d’autres.

  • Jus de fruits frais
C’est un petit plaisir qu’on se fait dès qu’on en a l’occasion, soit dans la rue où des vendeurs les préparent dans des espèces de charrettes mobiles (c’est souvent uniquement des oranges pressées) ou au marché où des stands fixes proposent tous les fruits possibles et imaginables, « con agua », « con leche » ou d’autres variantes étranges. C’est frais, c’est délicieux, c’est bon marché.





Ce qu’on a moins aimé
  • Moins fiable, moins bien organisé, moins propre…
Dans l’ensemble, la Bolivie est un pays plus pauvre,  donc moins cher mais aussi aux infrastructures moins fiables.
Comme je le disais plus haut, la plupart des routes ne sont non seulement pas bitumées mais elles ne sont pas plates, ce sont plus ou moins des pistes irrégulières, ce qui a donné lieu à des trajets en bus légèrement désagréables. Les bus sont également plus vieux, moins bien entretenus, voire carrément hors d’usage. Ils partent en retard, arrivent quand ils veulent, et entre les deux c’est n’importe quoi.
De façon générale, les sites sont moins entretenus, moins propres, moins bien organisés. Ca peut être mieux dans certains cas car c’est certes moins aseptisé, mais ça la plupart du temps c’est tout simplement cradingue.
Un point de détail mais qui n’en est pas un peut-être : les toilettes. Ca prête à sourire, mais parlez-en à n’importe quelle touriste qui passe de la Bolivie au Chili ou à l’Argentine, il va s’enflammer sur la question ! Car 2 mois de toilettes sans papier, sans savon et surtout sans eau, on s’habitue d’un côté, mais de l’autre on est bien contents quand ça s’arrête !
Mais bon, c’est loin d’être dramatique non plus il ne faut pas exagérer. On l’a fait et bien fait, nous n’avons jamais été en situation qui soit sérieusement rédhibitoire (après, il faut avouer que quand il  me pleuvait dessus dans le bus de nuit, quand les fenêtres ne fermaient pas sur un trajet glacial ou que l’hôtel où on avait une chambre réservée ne nous a pas ouvert lorsque nous sommes arrivés de nuit, je rigolais moins), et pour tout le reste on fait avec. Donc ce n’est absolument pas une raison suffisante pour ne pas venir visiter la Bolivie, simplement c’est à prendre en considération dans les conditions de voyage !

Fun facts

C’est la catégorie un peu fourre-tout, mais cette fois encore plus.
  • Evo Morales
Ce n’est pas un fait spécialement « fun », c’est simplement étonnant. Evo Morales est donc le premier président de Bolivie issu de la communauté indienne. Son élection l’a donc fait entrer directement dans l’Histoire du pays. Depuis, il mène une politique qui tient bien évidemment plus compte de la question indienne que ses prédécesseurs, mais plus généralement se veut proche du peuple etc.
Le fait qui est étonnant dans tout ça pour les simples passants que nous sommes c’est le culte dont il bénéficie, avec des affiches et des slogans qui prêtent à sourire. J’ai entre autres vu : « Evo Morales,
Défenseur de la Pacha Mama » ou « Evo Morales, Défenseur de la Madre Tierra ».  Ca me rappelle des slogans de candidats vus au Japon comme« J’aime les enfants » ou « J’aime la nature ». Politiquement risqué comme programme…
  • Boutiques sous barreaux
Dans un tout autre genre, les « boutiques-prison »… Non, rien à voir, mais c’est simplement que certains épiceries sont installées au rez-de-chaussée d’immeubles d’habitation, dans une des pièces de l’appartement de leur propriétaire. Pour ne pas faire entrer les clients chez eux, ils ont donc des grilles au travers desquelles ils font leurs affaires. Malin !

  • Msnm
Ca nous fait désormais pouffer à chaque fois qu’on l’entend : « metros sobre el nivel del mar », surtout quand ça arrive après un chiffre énorme. Donc au lieu de dire « mètres d’altitude » (« altitud » existe, pourquoi ne pas l’utiliser), on parle de « mètres au-dessus du niveau de la mer ». Il n’y a rien de mal à ça, mais ça donne des phrases à rallonge pendant lesquelles on retient son souffle. Sachant que nous venons de passer plus de deux mois à des altitudes en général supérieures à 3000m, au bout d’un moment nous avons commencé à sourire dès que l’on sentait le truc arriver. Le pauvre guide qui répète toutes les deux minutes « Tres mil cuatrocientos treinta y tres metros sobre el nivel del mar » ou équivalent ne récolte plus que gloussements de notre part. On sait, c’est totalement nul, mais on n’a jamais prétendu être bien malins !

Sur cette note culturelle de haut niveau, voici qui conclut de bien belles semaines en Bolivie, et plus généralement un trio Equateur-Pérou-Bolivie qui forme un ensemble géographique et culturel plus homogène qu’avec l’Argentine et le Chili qui suivent.
Nous avons adoré ce que nous y avons vu, nous avons adoré ce que nous y avons appris de la culture, des traditions, de l’histoire, nous avons adoré découvrir l’Amérique du Sud que l’on ne connaissait pas auparavant. Bémol sur certains aspects plus matériels, avec des conditions pas toujours top et surtout une gastronomie qui ne nous a pas enthousiasmés,  mais cela ne suffit pas à gâcher notre plaisir, ça a été une première partie de voyage excellente !

Budget

On termine sur les questions d’argent comme d’habitude.

Nous sommes toujours dans les clous des dépenses prévisionnelles, grâce aux bonnes estimations globales de Nico, même si comme pour les autres pays la répartition entre les postes est en revanche très différente de celle prévue.
On mange toujours pour moins cher, mais comme je le disais pour le Pérou c’est surtout lié au fait qu’il nous arrive régulièrement de ne pas pouvoir ou vouloir faire un vrai repas.
En revanche, les tours organisés sont plus importants que prévus. Les quatre jours au Sud Lipez et au Salar d’Uyuni pèsent lourd bien sûr mais c’était anticipé, alors que par ailleurs nous avons décidé plusieurs fois de passer par un tour plutôt que de faire certaines visites nous-mêmes. Disons qu’on essaie de le faire le moins possible mais on n’hésite pas quand par exemple les transports pour se rendre à un site sont la porte ouverte à toutes les galères alors qu’un moyen de transport privé, par exemple par une agence, permet d’y aller directement et facilement en gagnant un temps fou. On alterne.
Sans compter que nous avons pris une semaine de cours d'espagnol à Sucre, que nous avons du racheter des habits, un guide d'Argentine etc, autant de dépenses qui ne sont pas spécifiques à la Bolivie mais qui comptent quand même dans son budget, tant pis pour elle!
Donc au final à peu près le même total que pour l’Equateur avec quelques jours en plus mais dans un pays censé  être moins cher donc nous avons été un peu plus dépensiers ici. Espérons que l’on ne suive pas cette tendance, car c’est loin d’être terminé !


Toutes les photos de la Bolivie sont réunies dans un même album, il est ICI !

A venir: court passage, mais de qualité, au Chili, puis l'Argentine!

2 commentaires:

  1. Le clip de Los Kjarkas est énorme !

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  2. Je ris rien qu'en imaginant Nico écoutant cette musique!! J'ai un peu de retard sur vos destinations mais j'adore te lire! ça fait voyager et découvrir plein de choses! bonne continuation à vous deux!! Grosses bises Nantaises

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