Dimanche 7 novembre – San Pedro de Atacama, Chili
Suite de notre transfert d'Uyuni, Argentine, à San Pedro de Atacama, Chili.
Réveil prévu à 4h00, en réalité 4h15. Alberto est énervé car nous partons à 4h45 au lieu de 4h30 mais en même temps il n’a pas pris la peine de nous réveiller à l’heure. Il charge nos sacs sur la banquette arrière pour gagner du temps, nous sommes donc à trois sur la banquette avant, et Nico sur le siège passager. Nous qui pensions nous étaler pour dormir, la journée commence bien.
Nous essayons de dormir à l’arrière pendant que Nico fait la conversation, de peur qu’Alberto ne pique aussi du nez. Malheureusement, il s’aide également de sa musique, une espèce d’horreur locale mielleuse sur fond de synthé en mode karaoké, qui dure pendant des dizaines et des dizaines de morceaux qui se ressemblent tous. Lorsque cette torture se termine enfin, mon soulagement est de courte durée car il enchaîne avec un best-of des Cranberries, groupe qui ne m’a rien fait mais que je déteste sans raison. Et pour mon bon plaisir il tourne deux fois de suite… J’ai envie de sauter par la fenêtre.
En revanche, on repasse le long de la Laguna Colorada et des sources d’eau chaude, dans le salar de Chalviri et le Désert de Dali, ce qui est un petit plaisir des yeux.
Au bout de quelques heures, Alberto nous annonce d’un ton sec que l’on n’arrivera pas à temps à la frontière, qu’il fallait partir à l’heure ce matin, qu’on devra attendre le lendemain pour passer donc dormir sur place. Panique dans la voiture, Nico s’énerve en disant que le problème n’était certainement pas ce matin mais l’heure et demi au départ la veille etc. C’est tout de même rassurant de voir que Nico est capable d’être aussi désagréable en espagnol qu’en français, ça peut toujours servir. Mais on commence à douter du sérieux d'Alberto car il en rajoute des tonnes sur le fait qu’il fait vraiment très froid à la frontière, qu’on ira se réchauffer aux sources etc. On décide de le prendre comme ça, s’il est sérieux il sera toujours temps de le tuer le moment venu.
On retrouve enfin vers 8h30 la Laguna Verde (ou Blanca?). On s’arrête devant une petite maison où nous apercevons un mini-bus. Aaaah cet Alberto, quel blagueur. On nous attendait. Le petit déjeuner est servi, on le prend tranquillement, tant pis pour ceux qui sont déjà installés dans le bus, on a passé une matinée de merde donc on mérite notre répit. Seuls Nico et Alberto semblent de bonne humeur puisqu’ils ont commencé à faire des blagues pourries sur la fin.
L'occasion est belle pour de nouvelles photos.
On embarque dans le bus et c’est parti vers la frontière. Au bout d’une petite heure, on y est, une vague cabane au milieu de nulle part. Le chauffeur nous fait remplir des formulaires mais nous n’avons même pas à sortir du bus, sauf pour nous dégourdir les jambes si on veut. On ne verra pas la tête d’un agent de l’immigration, on n’aura même pas droit à notre tampon de sortie… Mais qu’est-ce que c’est que ce boulot… Décidément, la Bolivie c’est un peu n’importe quoi.
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| En face du poste frontière... |
Après avoir chargé des passagers d’autres voitures, on repart à plein.
Au bout de quelques kilomètres de routes, enfin de pistes, pourries, le chauffeur nous annonce joyeusement : « Bienvenidos a la civilisacion ! » et effectivement on s’engage sur une route asphaltée, impeccable, avec marquage au sol, panneaux nickels et nombreux et même des glissières de sécurité comme on n’en a pas vus depuis deux mois. Oui on fête nos deux mois aujourd’hui même, en entrant au Chili, et en retrouvant le confort.
Fin de matinée, on arrive à San Pedro de Atacama, notre destination chilienne. Arrêt au poste frontière qui n’est donc pas du tout à la frontière. On fait la queue pour le comptoir d’immigration, schlack, un coup de tampon rapide. Mais ce n’est pas terminé, la douane chilienne est connue pour être sévère. On récupère donc tous nos sacs et c’est parti pour une nouvelle file et une fouille en règle. Tout est ouvert et inspecté. Mais bon, en surface car on s’aperçoit que beaucoup de produits interdits passent quand même, dont mes petites sculptures en bois équatoriennes que l’agent tâte en sachant très bien ce que c’est et replace dans le sac sans rien dire alors que cela fait partie des produits interdits.
Tout le monde rembarque pour quelques centaines de mètres et on nous dépose au « centre » de la ville. Il fait très très chaud, on n’a plus l’habitude. Nous sommes dans le désert d’Atacama, le plus aride du monde, il pleut moins que dans le Sahara. Un type qui y habite depuis trois ans nous dira qu’il n’a vu de la pluie qu’une fois il y a deux ans.
Quelques dizaines de minutes de galère avec le barda sur le dos pour trouver un hôtel mais on déniche une adresse pas chère même si pas terrible. Mais bon, on est épuisés, il fait chaud, on a faim, il y a des chambres doubles et de l’eau chaude, on prend.
Après une douche réparatrice bien que pourrie, on part en quête d’un lieu de déjeuner avec Kayleigh et Andy. On se décide pour le plus simple, une pizzeria. Super surprise, elles s’avèrent délicieuses. Avec des boissons bien fraîches pour faire passer le tout, on revit. On s’aperçoit tout de même que le Chili offre certes un peu plus de confort mais que cela se paie, les prix ne sont pas les mêmes qu’en Bolivie…
On se sépare de nos compagnons et on part à la recherche d’un café avec du wifi car cela fait plusieurs jours que nous sommes coupés du monde et bien qu’en voyage lointain on a quand même pris l’habitude d’être connectés au moins tous les quelques jours. On trouve notre bonheur au café Adobe, qui est une bonne surprise derrière la façade quelconque avec une grande cour découverte et un décor agréable. On se pose pour toute la fin d’après-midi.
Au bout de quelques heures, j’abandonne Nico, en de bonnes mains car la serveuse est charmante, pour aller faire un tour de la ville. Le contraste avec ce que nous avons vu jusqu’à maintenant est étonnant. D’abord il n’y a plus beaucoup de personnes typées « indien », beaucoup de Blancs parmi les locaux. Ils ressemblent à des Espagnols ou des Italiens. Ensuite le style est beaucoup plus moderne, avec soit l’option « je suis jeune, je suis cool » c’est-à-dire tous les vêtements en toile, une sacoche élimée en bandoulière et des dreads, soit l’option « je suis également jeune, je suis également cool, mais je suis fashion» avec le slim, le t-shirt trop court, trop moulant, trop pas beaucoup de tissu, une coupe mode, et certainement un tatouage et/ou un piercing uelque part. Sans oublier les cheveux longs pour les mecs, c’est systématique. Au moins la nuque en tous cas, ce qui peut surprendre quand c’est aussi fréquent.
Au bout de quelques kilomètres de routes, enfin de pistes, pourries, le chauffeur nous annonce joyeusement : « Bienvenidos a la civilisacion ! » et effectivement on s’engage sur une route asphaltée, impeccable, avec marquage au sol, panneaux nickels et nombreux et même des glissières de sécurité comme on n’en a pas vus depuis deux mois. Oui on fête nos deux mois aujourd’hui même, en entrant au Chili, et en retrouvant le confort.
Fin de matinée, on arrive à San Pedro de Atacama, notre destination chilienne. Arrêt au poste frontière qui n’est donc pas du tout à la frontière. On fait la queue pour le comptoir d’immigration, schlack, un coup de tampon rapide. Mais ce n’est pas terminé, la douane chilienne est connue pour être sévère. On récupère donc tous nos sacs et c’est parti pour une nouvelle file et une fouille en règle. Tout est ouvert et inspecté. Mais bon, en surface car on s’aperçoit que beaucoup de produits interdits passent quand même, dont mes petites sculptures en bois équatoriennes que l’agent tâte en sachant très bien ce que c’est et replace dans le sac sans rien dire alors que cela fait partie des produits interdits.
Tout le monde rembarque pour quelques centaines de mètres et on nous dépose au « centre » de la ville. Il fait très très chaud, on n’a plus l’habitude. Nous sommes dans le désert d’Atacama, le plus aride du monde, il pleut moins que dans le Sahara. Un type qui y habite depuis trois ans nous dira qu’il n’a vu de la pluie qu’une fois il y a deux ans.
Quelques dizaines de minutes de galère avec le barda sur le dos pour trouver un hôtel mais on déniche une adresse pas chère même si pas terrible. Mais bon, on est épuisés, il fait chaud, on a faim, il y a des chambres doubles et de l’eau chaude, on prend.
Après une douche réparatrice bien que pourrie, on part en quête d’un lieu de déjeuner avec Kayleigh et Andy. On se décide pour le plus simple, une pizzeria. Super surprise, elles s’avèrent délicieuses. Avec des boissons bien fraîches pour faire passer le tout, on revit. On s’aperçoit tout de même que le Chili offre certes un peu plus de confort mais que cela se paie, les prix ne sont pas les mêmes qu’en Bolivie…
On se sépare de nos compagnons et on part à la recherche d’un café avec du wifi car cela fait plusieurs jours que nous sommes coupés du monde et bien qu’en voyage lointain on a quand même pris l’habitude d’être connectés au moins tous les quelques jours. On trouve notre bonheur au café Adobe, qui est une bonne surprise derrière la façade quelconque avec une grande cour découverte et un décor agréable. On se pose pour toute la fin d’après-midi.
Au bout de quelques heures, j’abandonne Nico, en de bonnes mains car la serveuse est charmante, pour aller faire un tour de la ville. Le contraste avec ce que nous avons vu jusqu’à maintenant est étonnant. D’abord il n’y a plus beaucoup de personnes typées « indien », beaucoup de Blancs parmi les locaux. Ils ressemblent à des Espagnols ou des Italiens. Ensuite le style est beaucoup plus moderne, avec soit l’option « je suis jeune, je suis cool » c’est-à-dire tous les vêtements en toile, une sacoche élimée en bandoulière et des dreads, soit l’option « je suis également jeune, je suis également cool, mais je suis fashion» avec le slim, le t-shirt trop court, trop moulant, trop pas beaucoup de tissu, une coupe mode, et certainement un tatouage et/ou un piercing uelque part. Sans oublier les cheveux longs pour les mecs, c’est systématique. Au moins la nuque en tous cas, ce qui peut surprendre quand c’est aussi fréquent.
Les touristes sont très très nombreux, la ville n’est faite que pour eux, et entrent pour la plupart dans les catégories précédentes, sans les nuques longues. S’y ajoutent les vieux Français.
La ville pourrait être rebutante du fait de la surexploitation touristique mais pas du tout, même effet qu’à Cusco. Ils ont réussi à créer une atmosphère vraiment sympa. C’est petit, il n’y a que quelques rues où tout se passe, mais le temps est parfait, on se sent en sécurité, on a envie de flâner.


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| Rue vide à l'heure de la sacro-sainte siesta (13h-17h...) |
Je récupère Nico, on retourne rapidement à l’hôtel se poser avant de ressortir dîner. On s’aperçoit en route que l’on n’a pas faim, c’est dommage. Dîner liquide donc dans un bar fort bien trouvé : bonne musique, bonne bière, et bons matchs de foot sur les écrans. Ce sont les critères de Nico mais je les valide pour cette fois. La soirée se termine d’autant mieux qu’on réussit à voler un objet en bois à un type qui fait plus ou moins la manche, on est trop forts. Je vous rassure, il l’a oublié et on ne savait pas à qui le laisser.
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| Le bar en question un peu plus tôt, le match de derby attire les foules!!! |
Levés à 4h30 ce matin la journée a été longue et on s’écroule. On apprendra le lendemain que Kayleigh et Andy qu’on avait perdus en route s’étaient en fait couchés pour une sieste à 18h30 et ne se sont réveillés que le lendemain à 9h30, une bonne nuit de quinze heures, c’est ça la liberté de ce genre de vacances…
Les autres photos sont LA.








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