lundi 1 novembre 2010

La Paz

Lundi 18 octobre – Copacabana / La Paz

Nous quittons sans regret Copacabana et surtout l’hôtel 6 de Agosto et son patron. Il pleut, ça aide encore plus. Nous nous installons dans le mini-bus qui doit nous conduire à la Paz, essentiellement peuplé de touristes. Cela ne nous était pas encore arrivé depuis le début du voyage mais cette fois les bagages sont installés sur le toit du bus, pile le jour où il pleut, forcément. Mais ils sont sous une bâche, le résultat sera indolore heureusement.
Le trajet entre les deux villes est connu pour être joli, effectivement c’est le cas, la route longeant d’abord le lac puis passant entre de belles montagnes.

Il y a deux routes possibles, qui dans tous les cas doivent traverser un détroit du lac. Arrivés au nôtre, on nous demande de descendre du bus, qui est alors embarqué sur une barge plate, qui penche dangereusement.
On se dit qu’ils doivent savoir ce qu’ils font depuis le temps, mais ça fait quand même bizarre. Une autre barge a été baptisée Titanic, voilà l’ambiance.

Sur le toit, nos bagages... On croise les doigts.

Pendant ce temps, nous achetons des billets  pour notre propre traversée. Dans le bateau, je fais amie-ami avec un petit garçon craquant qui lorgnait sur mon paquet de chips. On partage donc. Il avait déjà reçu des Doritos d’un autre gringo, et sur l’autre rive sa mère lui achète un beignet, un paquet de gaufrettes et un autre de cookies. Il mange l’intégralité, je me demande comment autant de nourriture peuvent entrer dans un aussi petit corps. La maman explique à une autre personne qu’il la ruine en nourriture… Je veux bien la croire.


Le temps que le chauffeur finisse de changer une roue du bus et nous repartons.

Nous arrivons à La Paz, capitale économique de la Bolivie, au bout de 3 heures de route.
L’arrivée se fait par la ville d’El Alto, accolée à la Paz, peuplée essentiellement d’Indiens, et qui menace désormais de devenir aussi grande que sa voisine. 650 000 habitants contre 800 000 mais 5 à 6% de croissance par an. A l’œil nu, les deux sont indissociables, elles couvrent le plateau et les versants d’un canyon. Nous apercevons du bus, juste avant l’arrivée, cette vue totalement exceptionnelle de cette ville qui a envahi la montagne. Nous aurons l’occasion de revenir pour des photos.

Un petit taxi et nous voilà en centre-ville, où nous trouvons l’hôtel prévu, recommandé par des rencontres, relativement cher mais confortable, central et sûr.

On s’installe avec plaisir. La phrase qui nous est revenue le plus souvent pendant ces quelques jours : « C’est quand même trop bon un vrai hôtel ».

Nous partons faire un tour à la découverte de la ville. La place principale est sympathique, bien qu’envahie de pigeons en quantités comme nous n’en avions jamais vues. C’est un véritable tapis de pigeons, charmant.



Les institutions politiques sont réunies dans le quartier.


La capitale historique et officielle de la Bolivie est Sucre, plus au sud, mais la vraie capitale politique et économique est ici. Elle a été fondée par les Espagnols au XVIème siècle, choisie pour son climat doux mais surtout pour la présence importante d’or dans le coin.

En pleine recherche d’un lieu sympa pour déjeuner, on tombe nez-à-nez avec un Burger King. L’appel du Wooper est trop forte, je DOIS y aller, je ne peux pas résister. Aaaaaah, c’est top bon. Le cadre est glauquissime, mais ce n’est pas grave, ça en vaut la peine. Ah oui si vous n’étiez pas au courant, tout séjour dans un pays où Burger King est présent doit voir au moins un passage au royaume du Wooper, c’est une de mes règles de vie.

Après cet après-midi light, nous rentrons à l’hôtel, où nous nous posons au café du rez-de-chaussée, avec wifi, cool. Nous y retrouvons par hasard non seulement Denise l’Australienne mais également Jurgen l’Allemand, décidemment les gringos trainent tous dans les mêmes endroits. Celui-ci nous propose de nous joindre à lui pour un spectacle de danse folklorique au Théâtre municipal dans la soirée, rendez-vous pris.
Après un dîner rapide et light en face du théâtre, nous voici lancés dans un spectacle organisé dans le cadre des cérémonies du bicentenaire de l’indépendance, non seulement de la Bolivie mais de nombreux pays voisins d’Amérique du Sud et centrale. Nous avons donc droit à des danses du Mexique, du Venezuela, du Chili, d’Argentine, et bien sûr de différentes régions de Bolivie. C’est coloré et agréable, bien que pas toujours très très pro.


Pour combler les transitions, nous avons droit à des sketchs de comiques, qui ont l’air de bon comédiens mais nous étions plus pliés de rire de ne rien comprendre que de leurs blagues.


Autre fou rire pendant la performance des mariachis mexicains, qui non seulement nous servent des chansons à l’eau de rose tellement clichés qu’on est fans, mais surtout je ne peux même pas regarder un des guitaristes sans avoir les larmes aux yeux. Je ne sais pas quel est cet instrument mais il est totalement difforme, tellement énorme que le type qui en joue ne voit rien et semble avoir rétréci au lavage. J’adore.





Lequel a l'air le plus ridicule?

Mardi 19 octobre – La Paz

Nous découvrons avec plaisir le petit déjeuner inclus avec la chambre, servi en buffet au café d’en bas. Mmmmmh un régal, copieux, varié et bon. « C’est quand même trop bon un vrai hôtel ».

On réussit à se bouger malgré la tentation de buller et on décide d’explorer les environs de la grande artère de la ville, le Prado. La Paz nous plait assez, mais plus parce que nous n’avons rien à y faire de spécial à part traîner. Car en tant que telle elle n’a rien de très séduisant. C’est une grande ville, avec certains avantages qui nous plaisent bien après plusieurs semaines dans de plus petites localités comme des commerces diversifiés et complets etc, mais également la pollution, la circulation etc.

Nous déjeunons dans une salteneria, qui sert donc des salteñas, des chaussons chauds fourrés à la viande typiques. C’est bon, et surtout vraiment pas cher (0,40€ l’un et il en suffit de deux pour être calé) mais comme toujours ce n’est pas très fin. Je découvre également le jus de tumbo, la fruit de la passion vert. C’est frais et original.

On passe ensuite devant la prison San Pedro. Il n’est plus très facile d’y rentrer mais ça l’était jusqu’à il n’y a pas longtemps. Oui oui, dans la prison. Mais celle-ci est très originale. Les prisonniers, incarcérés principalement pour des affaires de drogue, auto-gèrent le lieu et doivent travailler pour payer une sorte de loyer pour leur cellule, qui est donc plus ou moins confortable selon leur salaire. Il n’y a pas de gardien à l’intérieur. Il existe huit quartiers bien distincts, plus ou moins durs. Les familles peuvent aller et venir et habiter avec les prisonniers. Apparemment il y a donc pas mal d’enfants qui vont à l’école à l’extérieur mais habitent à l’intérieur. Et donc les visites touristiques étaient possibles mais elles ont été suspendues car il semblerait que de nombreux « touristes » y allaient pour acheter de la drogue, ce qui n’aide pas forcément à la réhabilitation de nos amis. Depuis, nous avons discuté avec des Français qui ont rencontré une Australienne à qui il a été proposé de rentrer dans la prison lorsqu'elle passait devant. Pour cela, il faut simplement payer deux prisonniers qui servent de gardes du corps... On se demande ce qui se passe lorsque les deux types, au beau milieu de la prison, te disent que finalement ce n'est pas 50 bolivianos mais 2000...
Bref, nous n’avons vu que la grille d’entrée mais effectivement on voit derrière directement les prisonniers, qui sont vraiment à deux pas de la rue. C’est bizarre.

En attendant l’ouverture du musée archéologique voisin, on se pose comme on aime le faire pour observer les gens vivre, et c’est l’occasion de prendre quelques photos des différents moyens de transport collectifs paceñas.

Un taxi, mais à trajet fixe (les destinations sont affichées sur le pare-brise), à partager entre passagers
Un "micro"
Un "mini", 1 à 2 bolivianos (0,10-0,20€)
Les anciens bus scolaires américains recyclés
Bus normal mais déco bien locale
Très peu de véhicules individuels, que des collectifs
Posés devant le musée, nous avons le temps de perdre un bon quart d’heure avant d’apprendre du gardien qu’il est fermé pour une période indéfinie. Echec.

Pour compenser, on décide de monter à El Alto pour revoir plus tranquillement la vue incroyable sur la ville qui envahit le canyon. On trouve donc un mini qui monte et c’est parti, agglutinés au fond du véhicule qui peine à grimper sur ce qui est appelé l’autoroute mais ne mérite pas cette appellation. Notre voisin de siège nous montre en chemin le point de vue où aller et nous descendons juste après. Oooouh, c’est bien El Alto, ça change du centre-ville. D’abord il n’y a que des Indiens, et il y a moins d’argent clairement. On est un peu perdus, mais on retrouve la direction du point de vue, c’est simple c’est au-dessus du péage… Pour s’y rendre, on longe la route, on passe devant des tentes de clochards, et entre les déchets, c’est charmant. L’environnement proche est moche mais la vue générale en vaut la peine. Seul regret, nous sommes sur un des côtés du canyon et non dans la longueur, ce qui nous empêche de voir plein sud alors que la ville s’y prolonge. Mais c’est quand même impressionnant.



Chemin inverse pour retourner sur la place qui se trouve un peu plus loin de là où nous étions descendus. Et c’est là que commence la galère. Il y a, réellement, ce n’est pas une façon de parler, des milliers de minis dans tous les sens. Les rues sont envahies de transports collectifs de toutes sortes, de bus plus ou moins grands, avec des indications de directions sur leurs pare-brise que nous ne connaissons pas du tout. Impossible de savoir lequel prendre. On demande à plusieurs personnes, qui sont incapables de donner des réponses cohérentes entre elles. On tourne pendant 3/4h sur quelques centaines de m², totalement perdus. Je commence à être mal à l’aise car j’ai mon appareil photo en bandoulière et je me fais un peu lorgner. Pas méchamment mais les gens se demandent vraiment ce qu’on fait là. Il n’y absolument aucun touriste et on a des têtes de gens perdus. Bref, au bout d’un moment on trouve enfin, en contrebas, sur une des multiples bretelles de routes, l’endroit d’où partent les minis qui nous intéressent. Ouf, on en chope un et en route pour la redescente.

Une fois rentrés à l’hôtel, flemme totale de ressortir. Room-service, bon et pas cher en plus. Tout ça après avoir récupéré le linge que nous avions donné au service de pressing de l’hôtel, et que nous retrouvons lavé, repassé, sentant bon, pour 0,8€ le kilo. « C’est quand même trop bon un vrai hôtel ».

Jeudi 21 octobre – La Paz

Toujours après notre petit déjeuner, j’insiste car il était vraiment top, nous partons pour le Museo de la Coca, dans une rue voisine de notre hôtel.
Il n’y a qu’une pièce et demi minuscule mais tout est parfaitement expliqué sur l’histoire, l’utilisation, l’importance culturelle et les dérives de la feuille de coca. Impossible de tout retranscrire mais en gros la feuille de coca a été consommée depuis toujours par les populations indigènes car elle permet de diminuer les sensations de fatigue et de faim. Elle a pris une importance telle qu’elle servait à une époque de monnaie d’échange et avait la même valeur que l’or. Elle sert enfin dans les cérémonies religieuses comme offrande et pour les prêtres afin de communiquer avec le monde divin. Il faut être honnête, ce n’est pas une drogue dure mais elle a des propriétés un peu planantes disons.
Lorsque les Espagnols sont arrivés, ils ont tenté d’interdire cette consommation, qui était selon eux un obstacle à la christianisation, et ont fait intervenir l’Inquisition pour régler tout ça. Cependant, il se sont également aperçus qu’elle aidait quand même bien les esclaves à travailler comme des forcenés et qu’ils ronchonnaient moins avec une boule de feuilles de coca calée dans la joue. Au revoir l’Inquisition, finalement la coca ce n’est pas si méchant.
Au XIXème siècle, on commence à découvrir les propriétés médicales de la coca et s’en suivent une série d’inventions de produits qui sont encore aujourd’hui parmi les plus utilisés dans le monde médical, en particulier toute une famille d’anesthésiants (tous ceux qui se terminent en « aïne » comme la Lidocaïne, qu’on connait tous car on a tous regardé Urgences).
Une invention dérivée est bien sûr la cocaïne, qui provient de l’extraction de deux des principes actifs de la coca, auxquels on ajoute bien sûr d’autres produits etc. Je n’ai pas tout bien retenu, voyez avec votre fournisseur habituel si vous voulez des détails.
Cette utilisation médicale dérive de façon plus innocente dans des boissons énergisantes, dont certaines sont des œuvres françaises comme  le « Vin des Incas » et le « Vin Mariani », à base de Bordeaux, qui deviennent très populaires à la fin du XIXème en France et dans toute l'Europe, avec des amateurs célèbres comme la Reine Victoria, Emile Zola ou le Pape (qui lui a accordé une médaille). Si je me souviens bien, ils contiennent quand même 20mg de cocaïne par litre. Tu m’étonnes qu’elles soient énergisantes, c’est un peu plus costaud que le Gatorade. On voit également dans le musée une publicité d’époque pour des pastilles contre les maux de dents… 


Bref, un Américain souhaitant reproduire le succès de ces vins français produit sa version, le "Pemberton's French Wine Coca". Mais suite à la prohibition, il est contraint de créer une version sans alcool, qui devient donc le fameux Coca-Cola. Qui ne contient rapidement plus de cocaïne mais est remplacée par de la caféine.
Voilà, finalement beaucoup à dire sur la coca. Peut-être que vous vous en fichez un peu, mais moi j’ai trouvé ça passionnant !

En tous cas, j’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion de mentionner la consommation de coca depuis le début du voyage, mais clairement dans ces pays producteurs c’est un produit du quotidien. Entre 80 et 90% des gens en consomment régulièrement dans les régions rurales. On voit des gens partout qui chiquent des feuilles. L’infusion de coca est à la carte d’absolument tous les cafés et restaurants de ces pays, les bonbons et caramels à la coca sont banals etc. C’est vraiment un produit ancré dans la culture et tout le monde en parle comme d’un produit un peu miraculeux.

Nous continuons ensuite d’explorer le quartier, avec le Mercado de Hechiceria, le « marché des sorcières », qui est en fait constitué de petites échoppes où des femmes vendent des plantes médicinales mais aussi plein de choses bizarres pour des prières, des cérémonies traditionnelles aymara etc.

Plantes, des plus fraîches aux plus sèches

L’achat certainement le plus dégueu que vous puissiez faire est celui d’un fœtus de lama… Apparemment, il faut l’enterrer sous la première pierre d’une maison pour en éloigner les mauvais esprits. Tentés ?





On enchaine avec le Mercado Negro voisin, plus classique. On y trouve absolument de tout, dans des petits boui boui.

Les jupes des costumes traditionnels
Plus moderne, mais vous remarquerez que les mannequins sont plus charnus qu'en France
A l’heure de déjeuner, nous ne savons pas trop de quoi nous avons envie. Finalement, on se laisse à nouveau séduire par Burger King, mais attention on ne se laissera pas berner deux fois de suite en allant au même restaurant glauque, cette fois nous marchons longtemps et sous la pluie tout ça pour aller à un autre plus sympa plus bas sur le Prado. Qu’est-ce qu’on se ferait pas pour un Wooper.

La tête pour le principe mais en réalité il est trop content
Au carrefour encombré de la place de l’église San Francisco, nous retrouvons comme tous les jours nos amis les zèbres. Oui oui, vous avez bien lu, nos amis les zèbres. Car il semblerait que la municipalité ait réalisé que les Paceñas (mais ça s’appliquerait à n’importe quelle ville dans laquelle nous sommes passés depuis le début) conduisent comme des débiles. Nous ne comptons plus le nombre de feux rouges grillés par les véhicules dans lesquels nous nous sommes trouvés. A donc été lancée une opération de sensibilisation des conducteurs, menée par des jeunes dans des costumes de zèbres. Ne nous demandez pas pourquoi, c’est comme ça. Une idée est qu’au moins c’est voyant. Sinon il y aurait eu un tas de crêpes de lapins à ce carrefour. Bref, ils sont super dynamiques, ils courent partout, ils sautent, ils haranguent les gens, ils font la circulation, c’est rigolo à voir, et un peu surréaliste.



Nous nous posons comme des moules sur un des canapés de l’hôtel, et profitons du wifi avant le départ.

18h, taxi pour la gare routière, nous prenons un bus de nuit pour Potosi. Nous nous sommes décidés la veille pour un bus cama, c’est-à-dire avec couchettes complètes, un peu plus cher (11€) mais au moins nous passerons une vraie nuit et pourrons profiter de la journée du lendemain plutôt que de la passer à dormir à l’hôtel pour rattraper. Et puis on économise une nuit d’hôtel, enfin c’était la logique.

Notre bus est à 19h, on nous avait demandés d’être là à 18h45, nous nous présentons au quai indiqué, un bus est là. Nous montrons notre ticket au contrôleur à l’entrée du bus, il met un temps fou à le déchiffrer, et finalement non ce n’est pas celui là, le nôtre va arriver dès que celui-ci sera parti. Très bien. Une nana sort du bureau de la compagnie de bus attenant au quai, on lui demande confirmation, non ce n’est vraiment pas ce bus. Ok mais l’heure approche. Nico rentre directement dans le bureau, et là c’est la panique, on nous demande de laisser rapidement nos sacs, on nous attend, vite montez dans le bus. Ce même bus qui n’était pas le nôtre. Aaaargh ces Boliviens. Ce sera un des éléments du bilan sur ce pays mais clairement c’est beaucoup plus le bordel qu’en Equateur et au Pérou.
On monte donc. Les sièges sont énormes, très moelleux, avec couverture super chaude, qui pue certes, mais au moins nous n’aurons pas froid, ce qui était notre hantise. Ho ho, nous n’avions pas eu assez d’imagination.
Le temps de partir et c’est le déluge, il pleut comme jamais, mais bon à la limite peu importe, nous sommes coincés dans ce bus pour les prochaines 10h. Le bus quitte le terminal. Au bout de quelques centaines de mètres, la minette belge derrière nous s’aperçoit que des gouttes coulent le long du rideau de sa fenêtre, à tel point qu’il est rapidement trempé et que son siège commence à être humide. Elle grogne, avec raison, se plaint de ces pays sous-développés, et essaie de régler le problème en vain. Très remontée, elle va prévenir l’assistant du bus qui lui annonce qu’il va venir avec du scotch…  Très sincèrement, je me dis « Merci mon Dieu, si ça avait été pour ma pomme, j’aurais été totalement dégoûtée et énervée ». Ha ha ha ha, bien évidemment, il commence alors à pleuvoir sur mon siège. Un goutte à goutte rapide et continu. Punie, il ne fallait pas se réjouir du malheur des autres… Je place un sac plastique en dessous, qui se remplit sérieusement…
L’assistant arrive enfin, avec un petit rouleau de scotch de bureau, et fait un peu n’importe quoi. Le rouleau se vide rapidement. Le problème côté belge a l’air d’avoir été réglé pour l’instant, mais chez moi c’est toujours invivable. La Belge, sympa, se fout un peu de moi et prend des photos de ma pose-sac. D’ailleurs je commence à avoir une crampe au bras à force de le tenir.
On s’arrête à l’agence d’El Alto de la compagnie de bus pendant une demi-heure, moi toujours avec mon sac et sans aucune information sur ce qu’il se passe. C’est très clair, je ne repars pas comme ça, je préfère encore rester à La Paz une nuit et décaler le voyage. Une nuit sur un siège trempé, non non. Nico en profite pour aller vider le premier sac de pluie dehors, c’est dingue. Au bout d’un moment, les autres passagers boliviens du bus commencent à s’impatienter et hurlent « Vamos » au conducteur. Je me promets que si le type le répète encore une fois, je lui hurle dessus en français. Mais évidemment il se tait, je n’ai pas eu mon défouloir. Finalement on sent que le bus repart. Je demande à Nico de se précipiter pour leur rappeler qu’il est hors de question de faire comme si de rien n’était. L’assistant arrive, trempé de la tête aux pieds d’avoir couru faire des emplettes sous la pluie, avec un nouveau rouleau de scotch, de bricolage cette fois, mais n’empêche un rouleau de scotch. Pour arrêter de l’eau. Je rêve. Il se démène à ma fenêtre, à la lumière d’une lampe de poche car évidemment on ne voit rien, mais je m’énerve  à le voir faire n’importe quoi. Je lui prends finalement le rouleau des mains et fait une manip qui a l’air de marcher, au moins en complément de son œuvre. Il nous abandonne là.
Ca ne goutte plus trop, mais la vraie solution serait qu’il s’arrête de pleuvoir. En attendant, je fais un mur de kway.

Heureusement la pluie s’arrête au bout d’une heure ou deux, et on peut s’endormir devant une série de films tous plus nuls les uns que les autres. Mais, à peu près secs, ces sièges sont plutôt confortables…

Les autres photos sont LA.

1 commentaire:

  1. "C’est quand même trop bon un vrai hôtel" (par rapport à un bus qui fuit...) !! ;-)

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