Jeudi 30 septembre – 13km, 4h30, +300m de dénivelé
La nuit a été courte à cause de la préparation des sacs, de l’excitation, mais surtout d’une soirée extrêmement bruyante à côté de l’hôtel avec non seulement de la musique à fond mais aussi un type qui hurle dans un micro comme un forcené, ce qui nous a empêchés de dormir jusqu’à 1 heure du matin… Le réveil est donc rude, avec en plus la mauvaise surprise de Nico ayant un bon mal de gorge et une toux menaçante.
La nuit a été courte à cause de la préparation des sacs, de l’excitation, mais surtout d’une soirée extrêmement bruyante à côté de l’hôtel avec non seulement de la musique à fond mais aussi un type qui hurle dans un micro comme un forcené, ce qui nous a empêchés de dormir jusqu’à 1 heure du matin… Le réveil est donc rude, avec en plus la mauvaise surprise de Nico ayant un bon mal de gorge et une toux menaçante.
Lever 5h15, on se bouge au radar, et nous retrouvons Jeroen et Karla dans le mini-bus. La tournée de pick-up est rocambolesque avec un changement de bus, des tours dans la ville, des demi-tours et n’importe quoi. Au final, on récupère bien tout le monde et Simba. Un jeune homme nous rejoint, qui sera notre cuisinier.
En revanche, nous comprenons que nous étions censés embarquer également 7 porteurs, 6 communs et un pour Caroline et Mark. Or personne. On récupère un jeune homme sur la route, sans trop comprendre si c’était prévu ou pas, Simba s’agite, on arrive finalement à Ollantaytambo, un village connu pour ses ruines inca faisant partie de la Vallée Sacrée. Nous avons 1/2h pour prendre un petit-déjeuner complémentaire, celui de 5h30 ayant été un peu trop matinal pour tous. C’est ce que nous faisons tranquillement. Revenus au bus à l’heure, nous poireautons finalement une bonne heure de plus en attendant visiblement les porteurs que nous n’avions pas pu récupérer à Cusco. En vain, toujours personne.
Simba nous explique finalement le problème : dimanche ont lieu les élections municipales, du district et de la province. Or le vote est obligatoire sous peine d’une amende de 200 soles, soit plus de 50 euros, ce qui est totalement dissuasif. Les porteurs ont donc pris peur de ne pas être revenus à temps dans leurs villages et ne se sont pas présentés…
Nous repartons donc toujours bredouilles. Sur le chemin, le cuisinier essaie de recruter des porteurs à la volée, victoire pour un.
Nous arrivons finalement au fameux « kilomètre 82 », le point de départ du trek. Nous attendent des locaux recrutés pour compléter temporairement l’équipe, au moins jusqu’au premier camp.
On refait les sacs avec les sacs de couchage et matelas loués à l’agence et reçus seulement maintenant. Le sac de Nico prend un volume assez impressionnant, comme celui de Jeroen. Caroline et Mark restent relativement légers grâce à leur porteur, qui est inexistant en réalité, et les autres filles ont des sacs plus modestes en taille mais pas négligeables en poids. En gros 8-9kg pour les hommes, 5-6 pour les filles.
On se retrouve enfin sur la rive de l’Urubamba, le fleuve qui a creusé la Vallée Sacrée. Pleins d’entrain, on prend la pose sous le panneau du km82, 2850m. Il est 11h30.
Checkpoint déserté car tous les groupes sont passés avant nous. Pas de problème, heureusement Libe arrive à passer après de longues minutes de négociations car elle s’est faite voler ses papiers la veille et normalement impossible de rentrer sans son passeport. Une exception est faite pour elle mais gros coup de stress.
Les premiers pas sont enthousiastes, le chemin plutôt régulier, entrecoupé d’arrêts rapides pour que Simba nous parle d’un lieu, d’une histoire, d’une plante etc . Rapidement, il nous distribue à chacun trois feuilles de coca qu’on présente en direction des différentes montagnes alentours en scandant une sorte de prière pour chacune. Il nous demande de garder précieusement les feuilles pour en faire offrande aux dieux lors d’une petite cérémonie. On se demande si ce n’est pas un peu du folklore à touristes mais Simba est à fond en tous cas.
Une autre utilisation de la feuille de coca est comme je l’avais dit médicale, contre entre autres le mal des montagnes. Outre les infusions, la façon la plus classique de faire est de caler plusieurs feuilles dans la joue et d’avaler le jus qui se forme au fur et à mesure. C’est un remède tellement ancré dans la culture qu’on voit des statuettes inca avec la joue gonflée de ces feuilles. Les porteurs s’en gavent à longueur de journée, pas forcément pour le problème de l’altitude en ce qui les concerne, mais pour se donner de l’énergie, la coca coupant la faim et la fatigue. Ils ajoutent des feuilles au fur et à mesure, jusqu’à atteindre parait-il une centaine. Beaucoup d’entre eux arborent donc cette bosse sur la joue.
On tente donc l’expérience avec des feuilles données par Simba. Bon… disons que c’est entre pas bon et franchement pas bon !
Au bout de 2h30 de marche, nous arrivons à Miskay, une sorte de hameau de quelques maisons où vit une petite communauté, notre lieu de déjeuner. Les porteurs et le cuisinier sont arrivés peu avant nous. Nous patientons donc avec plaisir en rafraichissant nos pieds dans le ruisseau qui traverse le site. Il fait très beau, le soleil tape à cette altitude.
On découvre avec une certaine stupéfaction le luxe dont on bénéficie, ainsi que tous les autres groupes. La grande tente de cuisine est séparée en deux parties, une dans laquelle est effectivement faite la cuisine, avec bombonne de gaz (normalement trimballée par un porteur mais arrivée par voie d’âne pour nous) etc, et dans l’autre est dressée une table avec nappe et tabourets, service complet de boisson chaude, repas entrée-plat-dessert assez élaboré. Ça reste du camping mais vraiment grand luxe. On ne s’attendait pas à ça. Simba nous explique que les autorités ont exigé d’améliorer les conditions sur le Camino, et désormais cette façon de procéder est obligatoire.
Le temps de préparer le repas, de le manger, et de le digérer quelques minutes, il est 15h30 lorsque nous repartons. Simba nous assure qu’on arrivera avant la nuit mais comme elle tombe tôt…
On passe le long des terrasses de Llactapata, d’une tombe inca posée en hauteur le long de la falaise, bref de quoi agrémenter les heures de marche.
Au bout de 2h nous atteignons Wayllabamba, 3100m d’altitude, notre 1er camp pour la nuit, sous la bruine et dans un début de pénombre.
La première journée n’a pas été horrible mais on en a déjà un peu plein les pattes. Pourtant on a été prévenus: aujourd’hui c’était « piece of cake », demain on rigolera moins.
Le repas est excellent, une soupe complète, viande-légumes-riz…
Toilette sommaire à base de robinet d’eau froide, et toilettes sommaires à base de cabanes à trou absolument ignobles.
Tout le monde va se coucher tôt histoire de prendre le maximum de forces pour le jour fatidique. La tente est relativement spacieuse même si un peu courte pour ces grands messieurs, les matelas sont insuffisants pour les poids un peu plus lourds mais corrects pour les autres, les sacs de couchage en revanche extrêmement chauds donc parfaits, c’est du camping quoi. On se remettrait mieux dans un lit douillet mais ça va. En revanche côté santé Nico galère, sa gorge est vraiment douloureuse, et le nez coule.
Les autres photos sont LA.






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