mardi 12 octobre 2010

Camino del Inca - Jour 4: Machu Picchu!

Dimanche 3 octobre – Jour 4 : Machu Picchu !!!

Le réveil est programmé à… 3h45. Le check point n’ouvre qu’à 5h30 mais nous devons libérer les porteurs largement avant afin qu’ils puissent récupérer le premier train local pour rentrer en ville et rejoindre leur lieu de vote pour éviter l’amende.

3h45 c’est vraiment rude au bout de 4 jours… mais pas le choix. Après le petit dej et l’au revoir aux porteurs, on emmène nos affaires dans la salle principale du camp où tous les groupes sont réunis pour attendre. 200 personnes dont certains n’ont pas pris de douche depuis plusieurs jours et la plupart ont une bonne partie des mêmes vêtements, mmmh c’est pas top dans une même pièce. Il n’y a pas de place assise pour tout le monde, c’est bruyant, on est un peu nerveux, bref ce n’est pas très agréable. Mais on prend notre mal en patience.

Finalement c’est le moment, on part, parmi les derniers groupes. Il est un peu plus de 5h30 au check point, le jour s’est levé mais le temps est très couvert. 


La brume dans les montagnes est à nouveau un spectacle magique mais les conditions ne sont pas les mêmes que les jours précédents. Tout le monde étant parti à peu près en même temps, c’est l’embouteillage sur le sentier, on marche au pas les uns derrière les autres. Au fur et à mesure la file se disperse et cela va mieux mais on a été habitués à être plus tranquilles. Il y a également un certain empressement à l’idée d’arrivée et un peu de stress car avec ce genre de temps il est tout à fait possible qu’on ne voie absolument rien. 4 jours de marche pour voir un rideau blanc, ce serait vraiment dur.

Simba nous avait annoncé un chemin tout en descente puisque le Machu Picchu est le point le plus bas du parcours mais comme d’habitude il nous a menti ! C’est plutôt montée-montée-descente ! On s’était pourtant jurés de ne plus le croire…

Il est 7h lorsqu’on atteint enfin enfin enfin le premier objectif majeur de la journée, Inti Punku  ou la « Porte du Soleil » de laquelle nous sommes censés découvrir la cité de Machu Picchu en contrebas. Obsédés par la brume depuis des heures, on se doutait que ce ne serait pas le lever de soleil aux couleurs chatoyantes que nous espérions, mais alors là… le fameux rideau blanc. On ne voit pas à 50m… Déception assez sévère mais on décide de le prendre autant à la légère que possible en prenant des photos monochromes ou avec au premier plan des images de pub de ce que nous sommes censés voir.
Le paysage...
Sans trucage!
Nous prenons donc le parti d’être optimistes et de patienter une petite demi-heure dans l’espoir que la brume se lève, puisque le temps est imprévisible à ces altitudes. Malheureusement nos prières et la danse du soleil de Simba n’y font rien, ça ne bouge pas.

Attente patiente

On entame donc la dernière descente vers la cité.

Arrivés vers 8h à la « Hutte du gardien du rocher funéraire » qui marque la fin du Camino et duquel on est censés pouvoir prendre la « photo carte postale », même combat, on n’aperçoit même pas la cité qui se trouve à nos pieds. On sait ce qu’il y a derrière le blanc mais on ne voit strictement rien. La frustration est totale. Nous savons que nous avons plusieurs heures pour espérer nous rattraper, mais nous avons très peur d’être dans un mauvais jour.

Optimistes!
On scrute

La Hutte dans la brume
On oblige Simba à refaire un bout de danse du soleil, on patiente, on s’excite au moindre mouvement de la brume, et … petit à petit, progressivement, on commence à distinguer des formes puis l’ensemble du site qui se dévoile enfin… 

 

On en a le souffle coupé, le fait d’avoir attendu donne l’impression d’avoir été devant un rideau qui s’ouvre d’un coup devant le spectacle. Nous n’avons certes pas eu la chance d’approcher petit à petit du Machu Picchu en profitant des différents points de vue dans la descente mais ces secondes où l’on a découvert la cité entière apparue sous nos yeux valaient tout le reste. Le moment est totalement, sincèrement, magique. J’étais très émue, avec cette attente et tous les efforts pour arriver là, la fatigue aidant… En tous cas, magnifique et à la hauteur de tout ce qu’on espérait!!!

La brume se dissipant sérieusement, nous décidons de descendre sur le site en lui-même avec Simba pour la visite guidée. Nous sommes contents d’être avec lui car il avait été question qu’il reparte tôt pour aller voter et que l’on fasse la visite avec quelqu’un d’autre mais il a visiblement décidé de sécher l’élection ! C’est sympa de partager ça avec lui.
Nous passons d’abord au guichet d’enregistrement afin de valider nos billets, mettre un petit coup de tampon souvenir dans notre passeport (est-ce qu’on a vraiment le droit de faire ça ?) et de laisser nos sacs à la consigne car ils sont interdits dans la cité, et nous voilà au cœur de la ville.

Victoire!
Sans entrer trop dans les détails mais un peu quand même, Machu Picchu (« Vieille montagne ») est en réalité le nom de la montagne située derrière le site, à l’opposé de Wayna Pichu (« Jeune montagne ») qu’on voit en arrière-plan des photos les plus célèbres.

Une photo, qui n'est pas de moi, pour vous montrer l'environnement exceptionnel de la cité
La ville a été construite sous le règne de Pachacutec, le 9ème Inca, qui est à l’origine de l’expansion considérable de l’empire et de son époque la plus glorieuse et la plus puissante. Elle a servi de résidence pour l’empereur mais également de centre religieux extrêmement important.
Elle aurait été peuplée de quelques centaines de personnes, avec une zone agricole de terrasses et une zone urbaine, elle-même divisée en un secteur haut réservé à la noblesse et aux cérémonies religieuses, et un secteur bas pour les artisans et le reste du peuple.
La ville n’était pas isolée car elle était au centre d’un réseau de huit chemins venant des régions avoisinantes mais à l’arrivée des Espagnols ces chemins ont été cachés, les ponts détruits etc ce qui expliquerait que la cité n’ait pas été découverte par les colons et oubliée pendant plusieurs siècles jusqu’à ce que l’historien américain Hiram Bingham la « redécouvre » totalement recouverte de végétation en 1911 en cherchant une autre cité. Les habitants de ces montagnes avaient connaissance de l’existence du site sans en mesurer le potentiel, et deux familles l’utilisaient même encore pour faire paitre les animaux et récupérer de l’eau.
L’ensemble compte 172 constructions, ce qui en fait une zone assez étendue, ce à quoi on ne s’attendait pas du tout. On pourrait se promener pendant des heures dans les coins et recoins. C’est une véritable ville posée au sommet d’une montagne.
Les bâtiments sont bien entretenus pour plaire aux touristes donc il y a beaucoup à voir, dont de très beaux murs aux pierres ajustées comme on en a déjà vus ailleurs dans la région.

 
Le Temple du Soleil et sa grotte

Simba ultra enthousiaste
Le secteur bas
Le secteur haut et le Temple du Soleil
 Devant, les temples religieux
Au centre, la "carrière" de pierres
Derrière, les terrasse agricoles
En haut dans la forêt, la fin du Camino et Intipuku

Une "maquette" inca du paysage taillée dans la pierre
Un autre habitant des lieux
Après la visite et les explications historiques et religieuses, Simba nous abandonne pour retourner en ville où il nous attendra pour le déjeuner.
On décide de remonter au point de vue duquel on ne voyait rien à notre arrivée mais qui est désormais dégagé. Nous faisons la dernière photo de groupe, la vraie de vraie devant le Machu Picchu ! Très très contents.
Une partie du groupe décide de redescendre également en ville, nous restons avec Karla et Jeroen scotchés devant le spectacle, posés dans l’herbe, au soleil, le top.


Tranquille
Après ce moment de calme totalement paradisiaque, Nico et moi partons découvrir le secteur bas et nous terminons notre séjour sur le site avec un peu de regrets. Le groupe a prévu de se retrouver pour le déjeuner et dire au revoir à Simba donc nous y allons mais on serait bien restés encore quelques heures.



Les Bee Gees sont de retour
Une zone non restaurée

Nous prenons un bus navette qui serpente le long de la montagne vers Aguas Calientes, ou « Machu Picchu Pueblo », la ville la plus touristique vue jusqu’à présent. 

La route en zig zag vers la vallée
Le déjeuner se passe agréablement mais les adieux sont un peu rapides avec les personnes devant prendre le train dans la foulée. Cela fait très bizarre après avoir passé 4 jours ensemble.
Notre train est à 19h30 donc nous avons l’après-midi à tuer, ce qui va s’avérer une torture tellement nous sommes fatigués, la tension et l’excitation ayant chuté, l’énergie étant au point mort voire pire, sans compter que la ville ne nous aide pas car elle n’a absolument aucun charme.

Statue de Pachacutec
Soir d'élections devant la mairie
Après ces quelques heures désagréables nous nous posons dans le train, puis nous enchainons avec un mini-bus qui nous lâche sur la place principale de Cusco. Il est totalement déconseillé de se promener dehors à 23h au Pérou mais nous n’avons pas le choix et rentrons enfin enfin enfin à l’hôtel par les rues désertes. Dernière surprise de la journée, pas d’eau chaude, donc tant pis, je me couche énervée mais épuisée et on s’endort rapidement après cette journée très longue mais totalement gratifiante.

Les autres photos sont LA.

4 commentaires:

  1. Un grand hip hip HOURRA!!!
    Bravo les cocos...
    Biz
    Sabrina

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  2. Quelle aventure, vraiment super! x Ben

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  3. Ca va vous faire un sacre souvenir...
    Et malgre les difficultes qu'est ce que ca donne envie d'y aller !!!
    Olivier

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  4. :) quel plaisir de vous voir heureux et de voir ces magnifiques photos! Ophélie

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