Samedi 2 octobre – 11km, 8h, -800m de dénivelé
C’est une journée très riche, longue, avec beaucoup d’arrêts pour des visites, un temps et un relief très changeants.
Au lever, la brume est omniprésente suite à la pluie de la veille.
C’est une journée très riche, longue, avec beaucoup d’arrêts pour des visites, un temps et un relief très changeants.
Au lever, la brume est omniprésente suite à la pluie de la veille.
Les retrouvailles au petit dej sont difficiles, la journée de la veille a marqué tout le monde. ..
On part vers 7h30, couverts, il fait frais.
La marche commence tout de suite avec une montée, toujours en escaliers, c’est dur dur pour les jambes. On s’arrête toutes les 5mn pour se découvrir et se recouvrir, le temps est très changeant. A chaque fois c’est l’opération du siècle avec les bâtons, le sac à défaire etc.
On part vers 7h30, couverts, il fait frais.
La marche commence tout de suite avec une montée, toujours en escaliers, c’est dur dur pour les jambes. On s’arrête toutes les 5mn pour se découvrir et se recouvrir, le temps est très changeant. A chaque fois c’est l’opération du siècle avec les bâtons, le sac à défaire etc.
On arrive rapidement aux ruines de Runkurakay qui se situent à 3800m. C’est un superbe ensemble, avec une vue magnifique. On ne sait pas grand-chose de son utilisation. Observatoire des astres, oui mais le site est un peu enfermé entre les montagnes, peut être lieu de repos pour les voyageurs, poste de garde… En tous cas les portes sont construites avec des murs inclinés contre les effondrements pendant les tremblements de terre, ils sont forts ces incas.
Tout au long de cette section, les nuages dansent entre les montagnes, c’est un spectacle totalement dingue. On ne peut pas s’empêcher de stopper pour regarder. A chaque instant le paysage est différent.
Au bout de presque 2h, qui me paraissent presque plus difficiles que la veille car d’abord je suis plus fatiguée, les jambes tirent méchamment, et que la marche est plus irrégulière avec les nombreux arrêts, on atteint une zone avec trois lacs peu engageants mais la brume les rend assez mystérieux. Simba nous raconte de légendes concernant les lacs du coin, remplies de sirènes et de montagnards qui ne sont jamais revenus…
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| Concentrés dans la brume |
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| Pause paysage |
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| La cordillère Vilcabamba |
Un dernier effort et voilà le 2ème col, 3900m. On procède à la petite cérémonie en l’honneur des dieux des montagnes et de Pachamama, la « Terre-Mère », qui représente toutes les formes de vie sur terre. Simba nous demande de présenter nos trois feuilles de coca à nouveau aux différentes montagnes et de répéter les prières du début. Honnêtement, je pense que tout le monde est sceptique mais on a compris entre temps que Simba était très sincère dans tout ça. Par exemple, à chaque début de repas, il fait couler quelques gouttes de la soupe ou de la boisson, ou il souffle sur son plat comme une offrande à Pachamama. On a donc pris le pli de faire la même chose, et également de dire « Pachamama » à chaque fois qu’on faisait tomber de la nourriture par terre.
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| Hommage à Pachamama et aux dieux des montagnes |
Le temps d’une photo souvenir et d’admirer la cordillère Vilcabamba et on repart, en descente cette fois. Sur l’autre versant, on découvre en contrebas la petite cité de Sayaqmarka.
Sur le chemin on passe dans un tunnel inca creusé dans la roche, le sentier est vraiment joli, il fait à nouveau beau, la fatigue se fait un peu moins sentir. La stratégie de Simba est de ne pas se précipiter et d’être plutôt en retard sur les autres groupes afin d’être tranquilles et de profiter du Camino presque pour nous tous seuls. La technique est payante, on profite vraiment bien.
Nous arrivons à Chaquicocha à 12h30 pour le déjeuner, tous les autres camps sont déjà partis ou sur le départ. Le soleil tape, on est contents de pouvoir manger à l’ombre de la tente. Le chef se surpasse, avec un repas très élaboré.
On arrive finalement au 3ème et dernier col du trek, à 3600m, qui domine la vallée de l’Urubamba et le site de Phuyupatamarka ou « ville au-dessus des nuages ».
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| L'Urubamba en contrebas |
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| Aguas Caliente dans la vallée |
On continue à travers la forêt de nuages. Les marches en descente sont vraiment fatigantes en cette fin de journée. Encore plus qu’en montée, j’ai du mal à aller trop lentement comme c’est pourtant conseillé pour éviter les chutes. On est dépassés par les porteurs qui courent avec leur chargement sur le dos et leurs sandales. Je me pose la question pendant plusieurs minutes sur le fait d’adopter la même technique qu’eux. Instinctivement, j’aurais vraiment envie de faire la même chose pour avoir des appuis plus courts donc moins de galère d’équilibre, et même si les chocs sont plus violents pour les genoux ce serait plus agréable. Au milieu de ces réflexions, je suis rejointe par Mark qui justement descend en trottinant. Il me confirme que c’est « way easier ». Mmmh alors c’est parti. Je commence donc à courir et c’est un énorme soulagement, c’est effectivement « way easier » ! Les personnes que je double hallucinent un peu.
J’arrive à Intipata, des terrasses agricoles immenses découvertes il y a peu. Je suis seule dans cet immense site, c’est d’un calme absolu, parfait. Un moment canon de ce trek. En contrebas on distingue le camp à 2700m, plus important que les précédents.
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| Intipata, et le campement en contrebas |
J’effectue la dernière descente toujours en trottinant, mais une fois arrivée en bas impossible de trouver notre emplacement. Le n°18 n’est absolument pas proche du 16 par exemple, les porteurs que le croise m’indiquent tous des directions différentes, j’arrive à en rire mais je suis vraiment épuisée et les montées et descentes dans le camp finissent de m’achever les jambes. Finalement ça y est ! Notre emplacement était un peu excentré, les tentes sont installées, le chef est aux fourneaux. Aaaaah écroulage dans la tente. Nico arrive peu après.
L’obsession de tout le monde à l’arrivée au camp : la douche chaude ! Après avec transpiré des litres et pris la poussière et la pluie pendant 3 jours, c’était la principale motivation pour arriver au camp ! On va donc tous acheter nos tickets de douche à 5 soles, et on commence à faire la queue devant les portes. Mais pas n’importe comment, on fait la queue avec chacun une bière bien fraîche, qui fait un bien fou. Je pense que le plus heureux de nous tous était Mark, en sevrage de bière depuis 52 jours, et qui ne rêvait que de cette première bière à J3 !
L’obsession de tout le monde à l’arrivée au camp : la douche chaude ! Après avec transpiré des litres et pris la poussière et la pluie pendant 3 jours, c’était la principale motivation pour arriver au camp ! On va donc tous acheter nos tickets de douche à 5 soles, et on commence à faire la queue devant les portes. Mais pas n’importe comment, on fait la queue avec chacun une bière bien fraîche, qui fait un bien fou. Je pense que le plus heureux de nous tous était Mark, en sevrage de bière depuis 52 jours, et qui ne rêvait que de cette première bière à J3 !
La nuit est tombée, il commence à faire frais et la file n’avance pas très vite mais on est posés, on papote et on est contents d’être arrivés et de savoir que demain ce sera le grand jour donc l’esprit est joyeux ! Et cette douche… Mmmmh un vrai bonheur. Rapide par respect pour les personnes derrière, mais bien chaude, parfaite. On oublie parfois le bonheur de la douche chaude ! Enfin par ici pas tant que ça car ce n’est pas une évidence dans tous les hôtels et le « agua caliente 24/24 » est un vrai argument commercial.
Bref, la soirée commence très bien, on décide de ramener des bières pour les porteurs et Simba, qui s’en trouvent bien contents.
On finit l’apéro à table, et on entame le dîner dans une très bonne ambiance. Simba est chaud avec ses deux bières, on rigole bien !
En fin de repas a lieu ce qui aurait dû se passer au début à savoir les présentations mutuelles du groupe et des porteurs, et ce qui se passe pour le coup plutôt à la fin à savoir la remise des pourboires. Chacun se présente donc tour à tour.
Il y a dans notre équipe le chef, 25 ans, sur le Camino depuis quelques années déjà. On apprend que c’est aussi un très bon danseur de salsa. Cuisinier et danseur, ne serait-ce pas l’homme idéal mesdemoiselles ? Mais il a déjà femme et bébé, dommage… Egalement deux jeunes hommes de 19 et 22 ans qui ont commencé à travailler sur le Camino il y a moins d’un an. Ils ont été vraiment adorables pendant ces 3 jours. L’un des deux a eu un petit problème pendant deux jours où il saignait du nez et avait donc un bouchon de mouchoir. Une blague est donc née sur le fait qu’il avait une réserve de coke dans le nez en permanence, ce qui a fait rire tout le monde de nombreuses fois. Il y a également un homme plus expérimenté de 48 ans, dont Simba nous dit qu’il a donc connu la période où les conditions de trek étaient loin d’être aussi confortables, avec des charges de 50-60kg, ils dormaient sous un bout de bâche parfois assis etc.
Et enfin le quatrième porteur est un vénérable monsieur de 70 ans, Horatio, qui a été recruté dans la communauté de notre premier campement, puisque nous manquions de porteurs. 70 ans !!! Et il fallait voir la charge qu’il transportait… Il nous sort son harmonica et à notre demande entame un petit air. Honnêtement, c’est un massacre mais on est totalement fans.
A eux tous ils ont fait un boulot de dingue, et le tout hyper discrètement comme tous les porteurs. On est totalement scotchés par leur travail et leurs capacités. Tout au long du trek, on en a croisés avec des charges inimaginables sur le dos, avec des sacs moins élaborés que les nôtres, parfois de simples tissus, et quand on sait que ce n’est rien par rapport à il y a quelques années, on ne peut pas y croire.
Evidemment, la discussion sur leur travail est compliquée. Car nous avons demandé s’il ne serait pas plus facile de faire en sorte que les campements soient permanents, avec des équipes pour chaque agence qui pourraient préparer les tentes en fonction du nombre de clients arrivant le soir, un chef fixe etc, ce qui éviterait d’avoir à trimballer la terre entière en suivant chaque groupe. Mais outre le fait que l’idée est de ne rien laisser derrière soi donc que les campements soient totalement vides au départ des groupes, la raison principale est l’emploi. Avec 300 porteurs entrant sur le Camino chaque jour, cela fait 1200 personnes en permanence sur le site, sans compter ceux des treks plus courts rejoignant le parcours sur la fin. Ce n’est pas négligeable, certes. Simba nous précise également que ce sont des hommes nés dans ces montagnes, que si ce n’était pas pour le tourisme, ils transporteraient exactement les mêmes charges de leurs champs à chez eux ou au marché etc.
Ca donne un peu bonne conscience mais quand même on ne peut pas s’empêcher de se demander s’il n’y aurait pas une autre solution.
La dernière question est bien évidemment la rémunération. Ils seraient payés 120 soles pour les 4 jours soit 1,5 fois le salaire de base pour un autre job. Sans compter les pourboires des clients, qui permettent d’atteindre 2 fois le salaire. Ca soulage un peu. Mais on se dit aussi qu’on nous a expliqué qu’en gros le pourboire était quasi-obligatoire en fin de trek. Il n’y a aucun doute sur le fait qu’on ait envie de les remercier pour leur boulot de dingue, mais c’est quand même un peu gênant qu’on nous demande de rajouter alors qu’on paie vraiment assez cher l’ensemble. On se demande vraiment quelle est la part de marge dans ce que nous donnons à l’agence et si la vraie solution ne serait pas tout simplement d’augmenter leur salaire.
Bref, malgré tout cela, c’est sans rechigner aucunement que nous donnons à chacun le pourboire amplement mérité, un peu augmenté pour chacun puisqu’ils sont moins nombreux que ce qui était prévu.
On va ensuite se coucher sagement car le lever du lendemain est prévu à une heure totalement indécente… Mais avec l’objectif final tant attendu, le Machu Picchu !!!
Les autres photos sont LA.




































Hello a vous 2!!
RépondreSupprimerJ'aime beaucoup la premiere photo, superbe!
Mon tour est en train de s'achever et je pense bien a vous. J'ai remis le lien dans mon blog !
Sinon vous utilisez un retraitement des photos? Si c pas le cas, vous devriez, certaines photos notamment avec brume ou lumiere basse prennent alors une autre dimension. Le programme windows par defaut le fait, il suffit d'appuyer sur correction automatique!!!
Profitez a fond!!
Super le récit du Camino del Inca et le Machu Pichu qui apparait, libéré de la brume !
RépondreSupprimerBonne route à tous les 2,
Violaine
La photo de la cordillère Vilcabamba est sublime... J'adore !
RépondreSupprimerEt le site d'Intipata a l'air, en effet, magnifique...